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Dopage: Voici pourquoi Abdeslam Ahizoune a tort de jouer les vierges effarouchées

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De lourds soupçons de dopage pèsent sur l’athlétisme marocain. L’annulation tonitruante du stage de l’équipe de France à Ifrane n’est que l’arbre qui cache la forêt. Et Abdesalam Ahizoune y est certainement pour quelque chose. Explications.
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Depuis que Abdesalam Ahizoune a pris les commandes de l’athlétisme, cette discipline ne court plus comme avant. Pis encore, longtemps considérés comme une puissance mondiale en la matière, les athlètes marocains sont dorénavant intimement liés à l’échec, au dopage et aux scandales de tous genres. 

Doper l’athlétisme et non les athlètes 

Dernier exemple en date, l’annonce de la Fédération française d'annuler un stage prévu à Ifrane. La raison: la perle de l’Atlas est soupçonnée d’être le fief du dopage à l’échelle mondiale. “On parle d'Ifrane comme d'un lieu où il est possible de se procurer rapidement des substances illicites”, a déclaré au journal L’Equipe le Directeur technique national français, Patrice Gergès. Et d’ajouter que c’est “le lieu où il est possible de se procurer rapidement des substances illicites”. 

À lire aussi: La FRMA plongée dans un scandale de dopage

Face à cette “offense”, Abdeslam Ahizoune a riposté dans les colonnes du même quotidien L’Equipe. “Il y a un problème de dopage en France comme ailleurs et nous pointer nous, une fédération étrangère d'un pays ami, c'est faire diversion. Ça aurait pu se passer dans n'importe quel pays, et on nous pointe du doigt. Ce ne sont pas les Marocains qui titillent le diable. (…) La FRMA multiplie les contrôles (antidopage), au-delà de ce que demande l’IAAF” (fédération internationale d’athlétisme, ndlr)”, a-t-il annoncé, avant de complètement se mélanger les pinceaux. “Ifrane est une des villes les plus propres du monde, ce n'est pas une bourgade, comme j'ai pu le lire ailleurs. Je sens dans tout ça des relents colonialistes”, a-t-il ajouté. Mais au lieu de jouer, à tort, les vierges effarouchées, Ahizoune aurait dû se poser les bonnes questions. 

Aouïta avait raison 

Comment le Maroc est passé de ténor de l’athlétisme mondial à plaque tournante du dopage? N’est-il pas vrai que c’est cette même IAAF que Ahizoune cite dans son entretien avec L’Equipe, qui a placé le pays dans le tableau noir des nations les plus “dopées” du monde? N’était-il pas judicieux de prendre les avertissements Saïd Aouïta, DTN en 2008, au sérieux? 

Le double champion olympique avait en effet mis en garde contre la propagation du dopage dans le milieu de l’athlétisme marocain: “Lorsque j’étais revenu au Maroc et que j’avais pris les fonctions de directeur technique après Pékin 2008, j’avais promis de lutter contre le dopage, mais le président (Ahizoune, ndlr) s’était opposé à moi sur ce point. Nous nous sommes donc affrontés, et je lui ai dit que le temps finira par établir les choses et que c’est le temps, et lui seul, qui déterminera celui qui a raison et celui qui a tort. Puis j’ai quitté la Fédération”. 

À lire aussi: Athlétisme. Quand Ahizoune justifie le dopage

Le temps a donné raison à Saïd Aouïta puisque nombre d’athlètes marocains (Abdallah Taghrafet, Amine El Manaoui, Abdelmajid El Hissouf, Abdallah Falil et Nader Belhanbel, entre autres) ont été suspendus pour dopage, après son départ de la FRMA.

La définition même du fiasco

Et ce n’est pas tout. En plus des scandales liés au dopage, l’athlétisme marocain vit une longue traversée du désert depuis décembre 2006, date de la succession d’Ahizoune à la commission provisoire qui gérait la FRMF pendant plus de 6 ans. Avec seulement 6 médailles, 3 en argent et 3 en bronze, lors des 3 derniers Jeux Olympiques et les 7 derniers Mondiaux, les athlètes marocains ne brillent quasiment plus.

Il semble bien lointain le temps ou les Nawal El Moutawakel, Said Aouïta, Nezha Bidouane, et autres Hicham El Guerrouj hissaient le drapeau du pays dans les plus grandes manifestations. 

À lire aussi: L'appel au secours d'El Guerrouj au roi Mohammed VI

Ce dernier a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur les ondes d’une radio marocaine. L’ancien champion a lancé un appel au roi Mohammed VI pour sauver la discipline. “L’athlétisme aujourd'hui va de mal en pis. L’État s'est donné tous les moyens pour que les champions marocains réussissent, mais la mauvaise gestion de la Fédération royale marocaine d'athlétisme fait perdre plusieurs générations”, a lancé le Berkani. 

Même le CNOM a failli être contaminé…

Faut-il rappeler le laxisme vis-à-vis du dopage dont a fait preuve Abdesalam Ahizoune à l’occasion de la constitution des membres de la commission des athlètes du Comité national olympique marocain (CNOM) au début de l’année 2018? Il avait proposé deux athlètes mis en cause pour dopage, en l’occurrence Hamid Ezzine (suspendu pendant 4 ans) et Fouad El Kaam (suspendu pendant 6 mois), pour qu’ils soient éligibles à la CNOM. Et n’était la vigilance du président du CNOM, Fayçal Laraïchi, qui a annulé dans une correspondance adressée aux membres du comité exécutif du CNOM les deux noms proposés par la fédération présidée par Ahizoune, cette affaire aurait couvert de honte d’autres disciplines olympiques au Maroc.

Que l’on s’imagine la grossièreté du trait: deux athlètes mouillés dans une affaire de dopage siègent dans la plus haute instance olympique national. Il faut s’appeler Ahizoune pour le faire. Que le président de la FRMA vienne aujourd’hui s’étonner que le dopage colle comme une puce à la réputation de l’athlétisme marocain, il existe pourtant tout un chapitre sur ce sujet dont il est le premier responsable. 

Par Adil Azeroual
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