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Scandale, Ahizoune refuse à Semenya le droit de courir à Rabat

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Autorisée à courir par le Tribunal fédéral suisse, la Sud-Africaine Caster Semenya s'est pourtant vu refuser sa participation au meeting de Rabat. Les avocats de l'athlète hyperandrogène ont saisi le président de la FRMA, Abdeslam Ahizoune.
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Une nouvelle polémique empoisonne l'athlétisme marocain. Alors que se profile le meeting de Rabat ce dimanche 16 juin, Abdeslam Ahizoune, président de la Fédération royale marocaine d'athlétisme, refuse à l'athlète sud-africaine Caster Semenya, le droit de participer à cet événement comptant pour la Ligue de Diamant de l'IAAF (Association internationale des fédérations d'Athlétisme).

Pourtant, l'athlète hyperandrogène a récemment été autorisée à courir par le Tribunal fédéral suisse. Elle n'est donc pas tenue de faire baisser son taux de testostérone pour participer aux épreuves du 800 mètres dont elle est championne olympique en titre. 

Lire aussi: Hyperandrogénie: Caster Semenya peut courir à nouveau

Dans ce cadre, la décision d'Ahizoune de refuser la participation de Semenya au meeting de Rabat est totalement arbitraire et injustifiable. Alors que l'athlétisme marocain est plongé dans les scandales de dopage, son rendez-vous le plus important est phagocité par une initiative qui va à l'encontre du droit du sport.

Les avocats de l'athlète sud-africaine ont réagi en adressant un courrier de protestation à Abdeslam Ahizoune, a appris Le360 de sources proches du dossier. Ils rappellent au président de la FRMA que "le 3 juin 2019, la Cour Suprême Fédérale suisse a ordonné à l'IAAF de suspendre temporairement l'application de son règlement, en attendant une décision définitive sur la supension de Caster Semenya". Il n'y a donc "aucune raison légale à l'interdiction prononcée par la FRMA à l'encontre de Caster Semenya" de ne pas participer au meeting de Rabat, souligne Gregory Nott, directeur du cabinet d'avocats Norton Rose Fullbright.

Ainsi donc la décision arbitraire d'Ahizoune s'inscrit dans la lignée de son catastrophique mandat à la tête de l'athlétisme marocain. Cette décision est peut-être provoquée par le souci d'Ahizoune de faire amende honorable par rapport aux multiples scandales de dopage qui ont caractérisé l'athlétisme national depuis qu'il le dirige. 

Ce sport qui jadis était une fierté nationale, n'en finit plus de défrayer la chronique pour de mauvaises raisons. Dernier scandale en date, la décision de la Fédération française d'athlétisme de boycotter un stage à Ifrane suite à l'affaire Calvin.

Lire aussi: La FRMA plongée dans un scandale de dopage

Pointé du doigt pour de multiples affaires liées au dopage, l'athlétisme national n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été. Aux succès des El Guerrouj, Aouïta et El Moutawakel, ont succédé des polémiques néfastes et un manque flagrant de résultats à l'échelle internationale.

Pourquoi refuser à cette athlète hyperandrogène un droit qu'elle a gagné de manière légale? Mystère. En tout cas, en agissant ainsi, Abdeslam Ahizoune contredit carrément une décision de justice et montre son irrespect envers l'injonction du tribunal suisse. Le meeting de Rabat n'avait pas besoin cette mauvaise publicité.

Lire aussi: Dopage: voici pourquoi Abslam Ahizoune a tort de jouer les vierges effarouchées

Par Le360sport
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