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Hors jeu. L’arbitrage de l’arbitraire

Arbitre

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Posté le 25/02/2017 à 20h07 par Hassan Benadad (Mise à jour le 25/02/2017 à 23h40)

Depuis toujours, les arbitres marocains ont été les otages de l’environnement où ils officient que ce soit le club où l’importance de la personnalité qui le dirige. Autrefois il y avait Driss Basri à la RSS, le Général Dlimi à l’USK ou Mohamed Mediouri au KACM. Ces temps sont révolus mais les arbitres, eux, ont-ils évolué ?

L’arbitrage en football est toujours contesté que ce soit au Maroc ou ailleurs dans le monde. Arbitrer un match n’est pas chose aisée, satisfaire les deux antagonistes s’avère souvent impossible. L’homme est par définition imparfait et il est sujet à faire des erreurs surtout lorsque il faut décider en une fraction de seconde comme un arbitre.

Sauf que notre football se distingue par des erreurs volontaires qui ont défrayé la chronique depuis des décades. Dans les années 60, 70, voire 80 les arbitres ne se gênaient pas d’enfreindre la loi au vu et au su d’un public médusé. A cette époque le champ de la télévision était très restreint et les commentaires se faisaient par la seule radio nationale.

Les hommes en noir étaient tellement corrompus qu’ils sifflaient des penalties inimaginables, validaient des buts entachés d’hors-jeu ou annulaient des buts tout à fait valides. L’arbitraire dans l’arbitrage atteignait son summum quand, à la fin de la saison, les hommes en noir officiaient dans des matchs barrages.

Figurez-vous que dans certaines rencontres les scores ont atteint 10 buts, 20 voire 30 à 0 pour monter en division supérieure ou éviter la relégation. Nos arbitres trouvaient ces scores de handball tout à fait logiques en football par la seule logique de l’argent.

Outre la corruption, les hommes en noir avaient la peur dans le ventre quand ils se déplaçaient dans  certaines villes. Leurs clubs étant dirigés par de hautes personnalités, ils étaient inconcevables qu’ils terminent le match sans la victoire des locaux. Pendant les années de plomb du football, aucun arbitre n’avait le courage d’être impartial quand il officiait pour la RSS de Driss Basri, l’USK  du Général Dlimi ou le KACM de Mohamed Mediouri.

Si les choses ont évolué depuis, ils n’en demeure pas moins que certains arbitres continuent à croire que pour perdurer, il faut plier l’échine devant la puissance de certains dirigeants. A l’image de l’arbitre Toufik Gourar qui a dirigé le match WAC-MCO la saison dernière.

En distribuant 12 cartons dont six rouges aux joueurs oujdis, il a certainement cru qu’il va faire plaisir au président du WAC, Said Naciri. Et pour cause ce dernier est le président de la Ligue nationale de football professionnel qui dirige la Botola. Il est clair que le WAC n’avait pas besoin de lui pour gagner, autant que Said Naciri n’attendrait de lui une quelconque faveur.

C’est à ce moment que le président du Raja est sorti de ses gonds pour fustiger la fédération de de tous les maux. Comble d’ironie Mohamed Boudrika était le vice-président de la FRMF.
Terrible ! Comme c’est terrible d’entendre les accusations de l’entraineur du KACM, Ahmed Bahja. Ce dernier a déclaré que les arbitres favorisent la RSB parce que tout simplement, elle est dirigée par le président la fédération, Fouzi Lekjaa.

C’est dire, finalement, que dans notre football les esprits n’ont pas évolué que ce soit chez les arbitres, les dirigeants, les entraineurs ou les joueurs. Faut-il s’étonner encore que notre Botola soit si faible et qu’elle n’arrive même pas à former un seul joueur sélectionnable.

Posté le 25/02/2017 à 20h07 Par Hassan Benadad