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Hors jeu. Le Raja contre le Raja

Boudrika et Hasbane

Mohammed Boudrika (gauche) et Rachid Boussairi (droite) au chevet de Said Hasbane

Mohammed Boudrika (gauche) et Rachid Boussairi (droite) au chevet de Said Hasbane
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Posté le 13/04/2017 à 13h05 par Hassan Benadad (Mise à jour le 13/04/2017 à 15h07)

Ce qui se passe au Raja, depuis quelque temps, est à la fois aberrant et pathétique. Le président tire sur son prédécesseur et vice versa, les adhérents se guerroient entre eux, les Ultras s’entretuent. De l’agression verbale à l’agression physique, les Verts deviennent rouges, couleur sang.

Le légendaire entraîneur du football, Abdelkader Lokhmiri, qualifiait le Raja de «Parlement». Avec son sens de l’humour qui le distinguait, il faisait allusion à la stature des dirigeants des Verts dans les années 80: Maati Bouabid, Abdelwahad Maach, Abdeltif Semlali et les autres. Mais en privé, le boute-en-train qu’il était, complétait sa phrase : «Le Raja est un Parlement où tout le monde s’oppose à tout le monde»

Rien n’a changé depuis des décennies, le Raja est toujours secoué par ses crises internes depuis le haut de la pyramide jusqu’aux supporters. Un président élu est, par définition, un homme à abattre par ceux qui ont perdu le pouvoir: président sortant, comité sortant, adhérents sympathisants du président sortant, supporters ou ultras alliés du président sortant et personnel affidé au président sortant. Le raja contre le Raja.

La preuve par le match Raja-FUS. Les supporters du Raja s’en sont pris, d’une manière honteuse,  au président Hasbane, absent par ailleurs. Pis encore, ils ont abreuvé d’insultes ses enfants présents dans les tribunes. Agression caractérisée dont on ne comprend pas la cause si ce n’est un acharnement cynique.

Car, au-delà de toute considération, Said Hasbane a hérité d’une équipe en décomposition avancée aussi bien financièrement que mentalement. Et malgré tous ces obstacles, il a réussi à mener l’équipe là où elle est aujourd’hui, en embuscade derrière le leader.

Mieux encore quand le nouveau président est arrivé, il a trouvé des caisses vides et un déficit colossal de 111 millions de DH. Depuis, le Raja retrouve un flux de ressources financières qui a permis le paiement de quelques arriérés des joueurs et de l’entraîneur.

C’est dire que certains Rajouis de façade n’aiment pas que leur équipe aille mieux et joue pour le titre.  On a du mal à comprendre que des Rajaouis se battent avec des Rajaouis pour faire mal au Raja.

L’ex-président, Mohamed Boudrika, a longtemps tiré sur Hasbane et contesté le déficit qu’il a laissé, même si la FRMF a confirmé des chiffres ahurissants.

Des adhérents ont voulu provoquer une assemblée générale extraordinaire pour déloger Hasbane et sa majorité.  Le Raja contre le Raja. Certains joueurs ont fait plusieurs grèves pour réclamer leurs dus, d’autres n’ont pas suivi ces débrayages. Le Raja contre le Raja.

L’entraineur Rachid Taoussi a été victime d’un putsch et c’est le Rajoui M’hamed Fakhir qui a pris la relève pour subir les mêmes désagréments que son prédécesseur. Le Raja contre le Raja.

Quand les grands font des bêtises, les deux groupes Ultras, Green Boys et Ultra Eagles passent à la barbarie: ils tuent des gens. Le Raja contre le Raja. Ce n’est pas une fatalité, c’est une stupidité.

Posté le 13/04/2017 à 13h05 Par Hassan Benadad