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Insultes, fumigènes... ou le derby des ultras

© Copyright : Adil Gadrouz
Kiosque360. Les ultras du Wydad et du Raja de Casablanca attendent, chaque année, le derby local sur des charbons ardents. Non pas pour des considérations purement sportives mais, malheureusement, afin que chaque camp déverse tout son fiel sur l’autre.
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Pendant que les deux équipes casablancaises croisaient le fer sur la pelouse pour s’octroyer les trois points de la victoire, un autre match, peu sportif celui-là, s’est joué dans les gradins entre les ultras des deux clubs. Les quotidiens de ce mardi 13 février y reviennent en écho.

Dans un éditorial intitulé «La guerre des banderoles», Al Akhbar estime qu’à la vue des «bâches» brandies ce samedi au Complexe Mohammed V par les Winners du WAC, les Green Boys, Derb Soltane et autres Eagles du Raja, «on peut se dire que les spécialistes arabes de la satire (El Hija) et des joutes poétiques acerbes comme Djarir, El Farzdaq et El Akhtal ont été ressuscités par les ultras casablancais, tant le dictionnaire des insultes a été vidé jusqu'au dernier mot».

Une terminologie que le quotidien Al Ahdath Al Maghribia de ce même mardi 13 février, dans un autre éditorial sous le titre «Le message des Ultras», qualifie d’appel au «clash frontal», à travers l’usage d’un hooliganisme verbal incitant à la haine et à la violence.

Les échanges entre les ultras des deux camps, entendues tant du côté de la curva de la Mégana (Rajaouis) que du virage de la Frimija (Wydadis), ont atteint un degré d’immoralité tel que les chaînes de télévision qui transmettaient ce 123e derby ont été obligées, par respect de la sensibilité de leurs téléspectateurs, d’éteindre tous les micros, voire de flouter certaines images de banderoles étalées sur les gradins.

Al Akhbar s’étonne même d’un semblant d’anarchisme affiché par certains ultras, qui n’hésitent pas à défier les lois de leur pays. Il y a juste quelques jours, le parlement a adopté une loi organisant l’usage des explosifs et feux d’artifice à usage civil, loi interdisant, entre autres, l’usage de fumigènes dans les gradins des stades.

Pourtant, qu’elle ne fut la surprise des autorités chargées du maintien de l’ordre dans et autour du Complexe Mohammed V de constater l’usage à grande échelle de fumigènes, surtout par les ultras rajaouis. Al Akhbar va même jusqu’à pousse le bouchon trop loin, en comparant la fumée qui a assombri l’enceinte du stade à un «champ de bataille en Syrie».

Moins excessif cette fois, le quotidien revient sur les banderoles prenant à partie les dirigeants des deux clubs, qualifiés de «gestionnaires de poulaillers» et accusés de blanchiment d’argent. Un autre anarchiste que tempère cependant le suivisme aveugle des Ultras rajaouis pour leur Capo adulé, un "Zaïm" qui ferait rougir de jalousie plus de chef d'un parti politique.

In fine, c’est à un derby de «dangereux discours» qu’on a assisté ce samedi, mettent en garde les deux quotidiens, un discours qui fait que le stade est en train de supplanter la socialisation inculquée au sein de la famille, l’école, le cinéma, la télévision…, en véhiculant des valeurs de violence et de haine.

Par Mohammed Ould Boah
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