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Audio. Mondial 2026: le Maroc, l’Algérie et la Tunisie sont-ils capables d’organiser cette compétition?

Posté le 20/05/2017 à 19h49 par Houda Amine (Mise à jour le 20/05/2017 à 22h47)

L’ex-star algérienne, Rabeh Madjer, a proposé récemment la candidature des trois pays du Maghreb à l’organisation du Mondial 2026. Il faut savoir rêver car il y a beaucoup plus de facteurs d’y croire en matière de proximité, d’économie et de social que ne laissent penser les divergences politiques.

L’organisation du Mondial 2026 sera accordée à l’un des deux continents: L’Amérique ou l’Afrique.
Principe de rotation oblige, puisque l’Europe va organiser le Mondial 2018 (Russie) et l’Asie celui de 2022(Qatar). Autant dire que l’Afrique dispose  d’une bonne dose de chance surtout que la coupe du monde 2026 va se jouer avec 48 équipes. C’est dire qu’il serait difficile pour un pays d’organiser seul cette compétition et qu’une co-organisation est impérative.

Les États Unis ont déjà annoncé leur candidature en s’associant à ses voisins: le Mexique et le Canada. En Afrique aucun pays ne s’est manifesté à part le Maroc qui ne l’a pas annoncé officiellement mais qui le proclame depuis longtemps. Lors du dernier congrès de la FIFA à
Bahreïn, les Etats Unis ont failli accaparer ce Mondial sans concurrence si ce n’est la vigilance des délégations africaines et notamment marocaine. D’ailleurs les Américains ont rencontré Fouzi Lekjaa et compagnie certainement pour leur demander de se désister.

Il est vrai que notre pays est loin de disposer des Infrastructures de l’Amérique, mais il peut combler ces lacunes en co-organisant le Mondial avec d’autres pays africain. L’ex-star du football algérien, Rabeh Madjer, avait émis l’espoir de voir les pays du Maghreb abriter cette compétition. Une idée qui semble incongrue et irréalisable quand on connaît les profondes divergences qui séparent les pays de l’UMA et notamment le Maroc et l’Algérie.

Le conflit entre les deux pays voisins étant ancré depuis des décennies, beaucoup de monde ne croit pas à l’éventualité de leur coopération dans ce domaine. D’autres spécialistes plus optimistes considèrent que le sport a souvent réussi à converger les esprits des antagonistes. En tous les cas, les journalistes de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie ne désespèrent pas et considèrent que les trois pays ont tout à gagner économiquement, socialement voire politiquement.

Le rédacteur en chef du site algérien, Al Haddaf, Redouane Bouhnika reste réaliste face aux multiples obstacles qui se dressent devant cette idée. Il est certes dubitatif mais pas du tout fataliste: «Vous savez, rien n’est impossible et l’idée d’organiser un Mondial au Maghreb est le rêve de tous les Maghrébins. Il est vrai qu’on n’a pas les infrastructures et l’aura dont dispose les Etats Unis. Mais concrètement ce rêve peut se réaliser s’il y a une volonté politique. Laquelle serait certainement soutenue par les instances régionales et internationales si les dirigeants arrivent à s’entendre. Ça sera un évènement historique.»

Son compatriote Bakdouri Mohamed Amine est moins réticent: «Si on donne la chance à l’Afrique, le Mondial ne peut être organisé qu’au Maghreb. D’autant plus que le Maroc dispose de grandes infrastructures et surtout d’une bonne expérience dans l’organisation des compétitions internationales comme les deux éditions du Mundialito. D’autre part, l’Algérie est en train de consolider ses infrastructures et aura le temps comme le Maroc de se préparer pour le Mondial 2026. J’estime que la FIFA devrait soutenir une candidature pareille si elle veut réaliser une expérience unique dans les annales du football. »

L’autre journaliste algérien, Samir Bencheikh, est encore plus formel: «Sportivement, il n’y a pas une meilleure idée que celle de la candidature du Maghreb, mais il faut que la volonté politique suive. Etant donné les hauts et les bas que connaissent les relations maroco-algériennes, il n’est pas exclu, que dans ce cas, ils puissent aller dans le bon sens. D’autant plus que le Maroc dispose de grands stades à Agadir, Marrakech, Tanger et qu’en face l’Algérie qui prépare les jeux méditerranéens de 2021 est en train de construire de nouvelles infrastructures.»

Le journaliste tunisien Tarek Al Assadi est tout aussi motivé par cette idée même si en Tunisie on en parle peu ou prou: «C’est une occasion unique pour développer une coopération économique et sportive entre les trois pays. Le Maroc a une grande expérience dans l’organisation des grandes compétitions et j’ai en mémoire le succès du Mondialito. J’estime que si les dirigeants des trois pays ont une volonté politique et présentent la candidature du Maghreb, beaucoup d’instances y adhèreront comme la CAF, la FIFA et autres. »

Pour Younes Kharachi, chef de service sport à Akhbar Youm l’idée est bonne mais il existe beaucoup de difficultés à dissiper: «Tout le monde rêve d’une candidature commune entre les trois pays du Maghreb. Mais Il faut revenir à la réalité, il existe un grand fossé qui sépare le Maroc et l’Algérie, même si on sait que le sport a souvent épongé les divergences politiques. Ceci étant la candidature commune du Maroc, l’Algérie et la Tunisie reste une probabilité qui peut se concrétiser.» Amen.

Posté le 20/05/2017 à 19h49 Par Houda Amine