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Corner. Merendina, Raibi et Lions de l’Atlas

Maroc-mali

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Posté le 07/09/2017 à 17h19 par Adil Azeroual

Le mariage de Merendina et Raïbi coïncide étonnamment avec la réconciliation des Lions de l’Atlas et leurs supporters.

Pour rester conformiste, je commence ce billet par les inévitables (mais tardifs) voeux de Aïd Al Adha. Donc, chers lecteurs, je vous présente mes meilleurs voeux de santé, de prospérité, de réussite, de titres olympiques, de coupes du monde, de records, de championnats scolaires… En fait, de tout ce que vous voulez, vous n’avez qu’à remplir les cases vous-même.

Voilà, pour les voeux, c’est fait. On peut donc passer à quelque chose de plus intéressant. Et l’actualité, c'est bien évidemment le mariage de Merendina et Raibi. Cette histoire d’amour qui dure depuis une éternité entre ces deux goûts explosifs qui ont marqué notre enfance.

Le marketing de réseau. C’est ainsi qu’on appelle cette success story. Il a suffi d’un poste sur Facebook pour que la toile s’enflamme. Le goûter de 4 dirhams ne sera plus qu’à 2 dirhams et on s’étonne que cela fasse des émules. Tellement bien orchestré, qu’on se demande si l’entreprise Mondelez n’est pas derrière ce buzz. Après tout, un mariage ne s’organise pas en une soirée.

Sur les réseaux sociaux, les Marocains s’emballent quant à cette nouvelle recette. Ils sont loin d’imaginer que nous sommes à la veille de l’acceptation du mariage pour tous, celui de la génoise Merendina et de la Jamila.

Cette union coïncide étonnamment avec la réconciliation des Lions de l’Atlas avec leurs supporters. Après un divorce houleux, consommé en 2006 suite à une Coupe d’Afrique des Nations égyptienne complètement ratée et une deuxième absence consécutive de la plus grande et glorieuse des compétitions footballistiques de la planète, la Coupe du Monde de la FIFA, les deux tourtereaux nous ont donné, le jour de l’Aïd, les prémices d’une nouvelle liaison.

Contre le Mali au complexe Moulay Abdallah, les hommes d’Hervé Renard ont ébloui des milliers de fans entièrement acquis à leur cause. Pendant 90 minutes, ils ont croqué, dévoré avec férocité, lucidité et combativité des Aigles sans ailes. Une prestation collective exceptionnelle. Un match parfait.

On n’avait plus revu cette symbiose entre joueurs et public depuis la finale perdue contre la Tunisie lors de la CAN 2004.

Mais pour reconquérir définitivement le public, les Lions de l’Atlas devront sortir le grand jeu et offrir en guise de «Hdiya» un aller simple pour la Russie. Oui, rien que ça! Car pour les Marocains, la hiérarchie des offrandes est claire comme un maillot uruguayen lavé 2018 fois. Il y a d’abord la Coupe du Monde, son spectacle, ses stars et ses frissons. Et après (la poussière quoi), les CAN, les matchs amicaux et les éliminatoires.

Rappelez-vous, chers lecteurs, des demandes en mariage des anciennes générations. En 1970, le jour où tout a commencé, les coéquipiers d’Ahmed Faras ont offert au Maroc du football son premier Mondial. Mieux encore, nous étions les seuls Africains au Mexique. La classe!

16 ans plus tard, les Dolmy, Zaki, Bouderbala, Timmoumi ont fait mieux que leurs prédécesseurs. En tenant en échec l'Angleterre et la Pologne et en battant le Portugal 3-1, ils ont non seulement terminé à la première place de leur groupe, mais ils sont aussi devenus les premiers Africains à se qualifier pour le deuxième tour d'une Coupe du Monde. Ils ont été éliminés par l'Allemagne de l'Ouest, future finaliste du tournoi, en huitième, mais ça n'enlève rien au fait qu'un palier a été franchi.

En 1994, les poulains d’Abdellah Blinda ont gagné difficilement leur ticket pour le troisième Mondial de leur histoire après leur victoire sur la Zambie (1-0) à Casablanca. La suite, elle, tout le monde la connaît: trois défaites en autant de rencontres.

Sur le sol français, 4 ans plus tard, les Bassir, Hadji et autres Naybet ne se sont pas qualifiés pour le second tour, certes, mais ils ont tenu tête à de grandes nations du football mondial tel le Brésil, la Norvège et l’Écosse.

Mais dans cette équation, les joueurs ne sont pas les seuls concernés. Les fans, de leur côté, devront oublier la défaite contre les Pharaons en quart de finale de la dernière CAN, le conflit Ziyech-Renard, le match nul contre le Mali… et soutenir Benatia et compagnie dans ce qui reste de ces éliminatoires.

Place donc à une union sacrée, sans failles et sans arrière-pensée. Au moins, l’espace de ces deux rencontres capitales face aux Panthères gabonaises, à Casablanca, et aux Éléphants ivoiriens, à Abidjan. Après, on verra, en fonction du jeu produit et du résultat si nous nous dirons oui l’été prochain à Moscou ou si nous attendrons 2022.

Posté le 07/09/2017 à 17h19 Par Adil Azeroual