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Coupe des Confédérations: A Saint-Pétersbourg, un chantier rythmé par les scandales

St-Petersbourg

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Posté le 16/06/2017 à 15h39 par Le360 (avec AFP) (Mise à jour le 16/06/2017 à 16h57)

Une décennie de travaux, plus de 650 millions d'euros dépensés... Et à l'arrivée, des scandales qui ont jusqu'au bout fait peser des doutes sur le stade de Saint-Pétersbourg, théâtre du match d'ouverture et de la finale de la Coupe des Confédérations.

Construite au nord-ouest de la ville, cette enceinte de 68.000 places qui n'a toujours pas reçu de nom officiel, devait être la vitrine sportive de la Russie, à un an du Mondial-2018. Mais le chantier, démarré en 2007, a tourné au cauchemar.

Au total, le budget prévu a explosé, atteignant 41,7 milliards de roubles (651 millions d'euros au taux actuel), selon les chiffres officiels. La date de livraison du stade a été sans cesse repoussée, jusqu'à ce que l'entreprise chargée des travaux jette l'éponge, en août 2016.

Choisie dans l'urgence, sa remplaçante avait promis de livrer le stade avant le 31 décembre 2016. Mission accomplie, mais les problèmes n'ont pas disparu pour autant.

Fin mai, une nouvelle pelouse a dû être posée en toute hâte. La précédente était devenue impraticable après seulement deux matches de championnat joués par le Zenit Saint-Pétersbourg, le club résident de la nouvelle enceinte, qui a dû retourner dans son antique stade Petrovsky pour finir la saison.

L'agronome du stade, Konstantin Kremlinski, a accusé Bamard, la société russe chargée du terrain d'avoir mal préparé la pelouse: l'herbe souffrait de "champignons et moisissures", a-t-il affirmé dans un entretien au journal RBK. Un représentant de Bamard a de son côté affirmé à l'AFP avoir rempli sa part du contrat, rappelant que la Fifa a approuvé l'état de la pelouse lorsque la société l'a présentée.

Mais le diagnostic de la surface de jeu n'était que le dernier rebondissement d'un chantier ayant enchaîné les déboires. Lors d'une visite d'inspection, la Fifa a découvert en novembre 2016 un manque de stabilité du terrain rétractable. Celui-ci vibrait trop, dépassant de sept fois les normes autorisées. Des défauts d'imperméabilité du toit amovible ont également été repérés. Selon les médias russes, cinq ouvriers sont morts sur le chantier du stade depuis fin 2015, le dernier en date étant un Nord-Coréen décédé en novembre.

La révélation dans la presse de l'emploi de travailleurs nord-coréens illégaux sur le chantier a d'ailleurs provoqué une énorme polémique, la Fifa assurant avoir vérifié que ces pratiques avaient cessé. A cela, s'ajoutent des affaires de corruption. En 2016, l'ancien vice-gouverneur de Saint-Pétersbourg, Marat Oganessian, chargé de fournir un tableau d'affichage du score pour le stade, a même été arrêté, soupçonné de détournement de près de 50 millions de roubles (800.000 euros).

L'opposant russe Alexeï Navalny, qui a enquêté sur les travaux de l'enceinte, estime qu'"au moins 500 millions d'euros" ont été détournés par des responsables russes.

Posté le 16/06/2017 à 15h39 Par Le360 (avec AFP)