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Foot academy, ça sent l'arnaque!

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Des écoles de football siglées Arsenal, Barcelone, PSG ou dernièrement de la Juventus sont installées au Maroc. Sont-elles de véritables académies ou juste un business comme un autre? Enquête.
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Académies, écoles de football, centres de formation ou associations de football pour enfants, l’appellation importe peu. Le phénomène de la prolifération des écoles de football au Maroc est une réalité. À Casablanca et dans quelques villes du royaume, ces écoles ont la cote et la concurrence ne cesse de croître chaque année.

Label grand club?
Certaines structures portent les noms de grands clubs européens après l’obtention, par le biais d’une personne physique ou d’une association, d’une autorisation pour l’utilisation du nom et des couleurs du club dans le but de former de jeunes joueurs. Cependant, et hormis le maillot dudit club, ni l’infrastructure ni la formation ne répondent aux normes des centres de formation des entités étrangères en question. Les émanations locales de ces clubs ne sont pas des licences. Une simple vitrine publicitaire attractive.

La plupart des formateurs sont des instructeurs en éducation physique, d’anciens footballeurs ou de simples animateurs sans aucune formation pédagogique, technique, tactique ou académique pour prétendre dispenser un apprentissage aux normes en usage dans les grands clubs, comme le Barça, le PSG ou Arsenal. La gestion reste purement locale et réalisée par un cadre bien de chez nous. Dans un tel climat d’ambiguité, tout un chacun peut s'autoproclamer directeur sportif, technique ou administratif. Il faut dire que les programmes et les installations appropriées à ce type de formation font défaut.

Il suffit d’avoir la validation d’un club pour accueillir des footballeurs en herbe et quelques terrains synthétiques, quelques moniteurs et le tour est joué. D’autres structures non labelisées ont vu le jour ici et là et répondent au même cahier des charges. Bref, nous sommes devant des entités indépendantes gérées en dehors de tout lien juridique ou commercial avec les clubs auxquels elles prétendent adhérer.

Combien ça coûte?
Lesdites écoles de football dispensent généralement deux séances hebdomadaires d’une heure à deux heures, sanctionnées en fin de semaine par un match entre coéquipiers ou une équipe invitée. Si avec l’apparition de ces structures en 2010, le coût variait entre 7000 et 10.000 dirhams par an, les prix ont connu une tendance à la baisse en raison de la concurrence accrue. Il est certain que cette prestation de service rapporte gros “aux investisseurs” dans un secteur non réglementé. Pas de taxes, pas d’impôts, tout dans la poche. Quand on sait que le nombre d'enfants toutes catégories confondues peut atteindre la centaine et que les écoles exigent d'autres frais à l'inscription et lors des activités parrallèles, on comprend l'engouement des investisseurs pour ce business.

Mais à la longue, les parents et les jeunes footballeurs ont fini par déchanter. En 2016, dans un secteur où règne l’anarchie, on s’est retrouvé avec deux “écoles” du Barça  dans le Royaume! L’une du côté de Lissassafa et une autre à Tamaris. Le public ne savait à quel Barça se vouer!  

L’école des pauvres
Devant ces écoles coûteuses et inaccessibles à une certaine classe sociale, on assiste à une augmentation du nombre d'associations qui s’adonnent à la même activité dans les quartiers pauvres de Casablanca. Avec l’apparition des terrains de proximité mis à la portée de la population, des passionnés de foot ou parfois d’anciens joueurs sans gloire, forment des équipes de quartiers sous l’appellation d’association de football. Et le prix d’adhésion est abordable, entre 50 et 100 dirhams par mois.

Qui contrôle qui?
On en vient à se demander qui contrôle ce secteur.? Qui donne l’autorisation d’exercer à ces personnes ou sociétés qui n’ont parfois aucune relation avec le sport? Certains pensent que le ministère de la Jeunesse et des sports est censé contrôler ces pseudo-entités footballistiques alors que d’autres estiment que c’est le service économique de la Wilaya de la métropole et les associations des consommateurs qui doivent monter au créneau pour procéder à l’organisation, la réglementation et l’assainissement de ce secteur. 

Au cours des huit ans d'existence de ces structures, on n' a jamais vu un jeune footballeur local intégrer une des prestigieuses écuries européennes. Reste du rêve pour les enfants...et un business pour les adultes.

Par Kamal Mountassir
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