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Hors jeu. Lekjaa, ce doux dictateur

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Le président de la FRMF, Fouzi Lekjaa, a certainement beaucoup de qualités. Il a percé là où plusieurs de ses prédécesseurs ont échoué. Mais il a un vilain défaut: la folie des grandeurs. De là à devenir un dictateur doux et absolu, il n’avait qu’un pas à franchir.
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Dès son élection à la tête de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa a donné le ton de ce que sera son mandat et surtout sa personnalité. Il faut avoir beaucoup d’influence  et de cran pour mettre autour de la même table trois ministres prêts à lui signer des chèques en blanc. En un temps record il a réussi à leur extirper 1,5 milliard de dirhams, une coquette somme que la FRMF n’a jamais perçue.

Il a réussi aussi à être élu haut la main au Comité exécutif de la Confédération africaine de football, que le Maroc a désertée pendant des décennies. Il est vrai que Lekjaa a surfé sur la vague de l’offensive de notre diplomatie, qui a permis au Maroc de retrouver sa place au sein l’Union africaine. Mais cela n’enlève rien à son mérite, sauf qu’il a commencé a être gourmand et à vouloir siéger partout: FIFA, Union arabe de football (UAFA)…

Ceci étant, il est bon, voire nécessaire que notre pays soit représenté dans plusieurs instances de football, internationales et régionales. Mais il faut éviter que la même personne accapare plusieurs fauteuils. Le cumul des fonctions est une pratique dangereuse qui génère des excès et mène à la gestion personnelle absolue.

Fouzi Lekjaa n’a pas échappé à ce virus et commence à se tailler un habit de doux dictateur dans la gestion de la FRMF. Depuis plusieurs mois, il gouverne tout seul et a même lâché, sur la route, trois de ses proches lieutenants. Les vice-présidents Mohamed Boudrika, Abdelmalek Abroune et  Nourreddine El Bouchehati ont jeté l’éponge. Il n’a plus à ses côtés que son ami, le président de la Ligue nationale de football professionnel, Said Naciri. Ce dernier, qui est président du WAC est, lui aussi, un adepte de la personnalisation de la gestion, donc de la douce dictature.

Ce faisant, Fouzi Lekjaa commence à faire tout ce qu’il veut, y compris enfreindre les règlements de l’instance qu’il dirige, voire de la FIFA. Jusqu’au jour d’aujourd’hui il n’a pas daigné provoquer l’assemblée générale de la FRMF qui devait avoir lieu en septembre 2016. Un mauvais exemple qu’il a donné à plusieurs dirigeants de club, dont son ami Said Naciri qui n’a tenu  l’assemblée générale du WAC qu’en janvier 2017.

Pis encore, depuis son arrivée en 2013, Lekjaa n’a  jamais réuni le Comité directeur de la FRMF. Pourtant l’article 26 du statut est on ne peut plus clair: «Le Comité directeur se réunit une fois par mois sur convocation de son président.». Autant dire que c’est lui qui décide et il a décidé de ne pas réunir son Comité directeur jusqu’à nouvel ordre.

Il se plait tellement dans son doux rôle de dictateur qu’il a même défié la FIFA dont il est membre au sein  de la commission… de gouvernance ! A preuve, les présidents des organes juridictionnels sont désignés alors que le règlement de la FIFA impose leurs élections par leurs pairs. C’est d’autant plus aberrant que l’assemblée générale au cours de laquelle Lekjaa a été élu a été invalidée par l’instance internationale de football le 15-11-2013.

Dans une lettre pathétique, le secrétaire général, demande l’indulgence du comité d’urgence de la FIFA et et s’engage à organiser des élections. Depuis rien n’a été fait sauf qu’on a pris des dispositions transitoires pour coopter les présidents des commissions. On comprend  alors le désordre dans lequel pataugent les commissions, notamment juridictionnelles. Quand on est un président coopté et non pas élu, on nage dans la bureaucratie et on plie l’échine devant celui qui vous a désigné: Lekjaa, ce doux dictateur.

Par Hassan Benadad
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