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L’enfer du décor. Aït Laarif chez Lekjaa

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Abdelhak Aït Laarif a recouvré sa liberté grâce, en grande partie, à Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF). Ce dernier, par ailleurs, président de la Renaissance de Berkane, veut enrôler l’ancien joueur du Raja et du Wydad de Casablanca. Une démarche tape-à-l’œil et pataude.
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Abdelhak Aït Laarif a beaucoup souffert. Sa libération a réjoui tout le monde du football au Maroc. L’élan de solidarité hors pair dont il a bénéficié donne du baume au cœur, montre que les Marocains, sportifs ou non (un don important a été fait par une femme qui a tenu à garder l’anonymat), sont attentifs aux doléances des leurs. Pourvu que cette expression de solidarité soit étendue à d’autres sportifs dans le besoin.

En tête des personnes qui sont venues au secours du footballeur, Fouzi Lekjaa a été on ne peut plus efficace, bien que n’ayant pas fait preuve de célérité. Ce qui est compréhensible vu qu’on attendait que tous les détenteurs des chèques en bois d’Aït Laarif se manifestent.

Mais, il y a toujours un mais. Lekjaa, également président de la Renaissance de Berkane, voudrait recruter Abdelhak Aït Laarif lors du prochain mercato. Le joueur ne serait pas contre. Lui qui a déclaré, une fois ayant quitté la prison d’Oukacha, vouloir rechausser les crampons et évoluer à nouveau en Botola.

Sauf qu’en jouant au sein d’un club, il risque fortement d’en contrarier d’autres. En portant les couleurs de la RSB, il sera amené à affronter, entre autres, Raja et Wydad, dont des responsables et supporters lui sont venus en aide durant son calvaire.

Et quand on connaît le caractère irascible du public marocain pétri de préjugés surannés, il est à craindre que le joueur perde le capital sympathie dont il bénéficie aujourd’hui.

D’autant plus que Aït Laarif, sur un champ de jeu, au moindre malentendu avec un adversaire, dézingue à tout-va. Son comportement à l’égard du keeper français Fabien Barthez, lors d’un match amical entre l’Olympique de Marseille et le Wydad, samedi 12 février 2005 à Casablanca, est toujours frais dans les mémoires. Au moindre tacle contre lui et au moindre affrontement avec un adversaire, son sang ne fait qu’un tour.

Cependant, l’on peut avancer qu’il a beaucoup changé. Que c’est désormais un joueur moins agressif, moins irascible que dans le passé. Mais cela le dénaturera, lui ôtera tout ce qui fait le charme d’un joueur de foot. En plus, et c’est le plus important, le footballeur aujourd’hui âgé de 34 ans (il est né le 10 février 1983), n’a pas foulé les stades depuis belle lurette. Il lui sera, donc, très difficile de retrouver sa forme d’antan. Il serait hasardeux de le mettre dans l’embarras devant le public du RSB, qui n’hésite point à dire leurs quatre vérités aux recruteurs.

Si aide doit être apportée à Abdelhak Aït Laarif, sans lui donner l’aumône, ce serait de le former pour qu’à son tour il puisse former des jeunes et leur faire profiter de ses connaissances footballistiques et de son talent. Pour qu’à l’avenir, l’expérience aidant, il puisse être sur le banc d’une équipe sénior. Espérons que Fouzi Lekjaa l’entendra de cette oreille.

Par Abdelkader El-Aine
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