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Vidéo. Portrait: Hamid Hazzaz, le géant n'enfilera plus jamais ses gants

Posté le 13/01/2018 à 14h51 par Nassim Elkerf (Mise à jour le 13/01/2018 à 21h01)

Hamid Hazzaz n'est plus. Le gardien légendaire nous a quittés très tôt dans la matinée de ce samedi 13 janvier. Un parterre de stars et légendes du football marocain se déplaceront ce week-end à Fès, pour un dernier adieu au gardien champion d'Afrique en 1976.

2017 nous a pris Abdelmajid Dolmy, 2018 nous donne le ton. En ce samedi 13 janvier, Hamid Hazzaz n'est plus. L'une des figures emblématiques de la première génération dorée du football marocain nous a quittés. Ce premier jour du week-end qui devait être un jour de fête avec l'ouverture du CHAN à Casablanca a perdu de ses couleurs avec la mort de l'un des plus grands gardiens de l'histoire du football marocain, si ce n'est le plus grand. 

Grand de taille, et souriant, il a réussi à mener d'une main de fer le Maroc au sacre continental en 1976, le seul titre des Lions de l'Atlas. Aujourd'hui, ceux qui ont participé à la finale d'Addis-Abeba partent l'un après l'autre alors que le football marocain cherche toujours cette génération qui retrouvera le sommet de l'Afrique. Ce samedi, c'est cet homme classe et cultivé qui part pour de bon. Il nous manquera, manquera à sa famille et à sa grande famille qui est le MAS de Fès, son club de coeur qui vit la pire crise de son histoire. Le destin n'a peut-être pas voulu que Hamid Hazzaz assiste à une bande de dirigeants assoifés de pouvoir qui sont en train de déplumer le club qu'il a tant aimé. 

Natif de la capitale spirituelle, ce gardien a touché ses premiers ballons au début des années 50 dans les quartiers populaires de la ville, et plus précisemment à Rass Jnane. Son père ne voulait pas qu'il joue au football. Il lui laissé deux choix: les études ou le travail. Pas question d'aller à une école d'Etat, à l'époque sous protectorat. Après l'indépendance, il a intégré l'école iraquienne, où il rencontra Aziz El Debbagh alors  prof de sport au collège, en parallèle de sa carrière d'entraîneur des jeunes du MAS. Hazzaz a retrouvé donc son ballon bien aimé, sous les couleurs du club de sa ville natale. Un rêve devenu réalité pour ce milieu de terrain, qui va vite se retrouver gardien tout simplement parce qu'il était le plus grand de l'effectif. 

Comme tous les grands gardiens, ses débuts étaient difficiles, surtout qu'il devait remplaçer une icône de la ville, El Haj Labyad. Lors de son premier match en 1965 face au Wydad, le MAS s'incline 5-0. Mais il en faut beaucoup plus pour décourager ce gardien qui ne fait qu'évoluer, match après match pour ensuite devenir le portier titulaire des Lions de l'Atlas au début des années 70. Pour couronner sa carrière, il remporte la coupe d'Afrique 1976 et deux titres de champion du Maroc. Fidèle à son club, il refuse toutes les offres avant de prendre sa retraite et devenir entraîneur, dirigeant puis président du premier club de Fès. 

Aujourd'hui, alors que son grand amour baigne dans la douleur de la lutte pour le pouvoir entre les clans, Hamid Hazzaz nous quitte pour ne pas voir la fin de ce film tragi-comique que vivent les supporters de ce club mythique, désormais en D2, loin de l'élite. Adieu grand bonhomme.

Posté le 13/01/2018 à 14h51 Par Nassim Elkerf