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LDC. Paris SG: Emery, l'heure du crash-test

Unai Emery

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Posté le 14/02/2017 à 11h05 par Le360 (avec AFP) (Mise à jour le 14/02/2017 à 15h40)

Sept mois de travail jugés en deux fois 90 minutes: l'entraîneur Unai Emery a été recruté cet été par le Paris SG pour progresser en Ligue des champions et aller au moins en demi-finale. Mais dès les 8es de finale, voilà un obstacle de taille, la référence Barcelone (mardi à 19h45 GMT).

A-t-il tout bien fait? Est-il celui qu'il faut pour faire passer un palier au PSG? Et surtout, risque-t-il sa place en cas d'élimination? C'est à l'aune seulement du résultat de la double confrontation, mardi au Parc des Princes, le 8 mars au Camp Nou, que supporters, commentateurs et état-major parisien pourront répondre à ces interrogations.

Les débuts du technicien basque ont été contrastés, avec notamment quatre défaites entre août et décembre, et surtout une contre-performance contre Ludogorets en poule (2-2). Ce qui l'a fait terminer 2e du groupe seulement et lui vaut maintenant d'affronter la terrible armada catalane des Messi, Suarez, Neymar, ou Iniesta.

Depuis la reprise, son bilan est bien meilleur: sur les dix matches disputés en 2017, le PSG compte neuf victoires pour un nul, contre Monaco (1-1). "La petite coupure, les vacances, ça a fait du bien pour se relâcher un peu, oublier les problèmes", a analysé auprès de l'AFP l'ailier brésilien Lucas, pour qui "c'est difficile quand on change de coach, il faut un peu de temps pour arriver à faire ce que le coach aime, appliquer sa philosophie".

Or du temps, Emery savait dès son arrivée qu'il n'en aurait pas indéfiniment. Son bilan comptable est pourtant équivalent à celui de ses prédécesseurs, hors l'excellente dernière saison (en L1) de Laurent Blanc. Après 25 journées de championnat, Paris comptabilise 55 points. C'est moins bien qu'en 2016 (69 points), donc, et qu'en 2014 (58 points), mais mieux qu'en 2012 (52 points), 2013 (51 points), et surtout 2015 (49 points).

Mais voilà: une élimination en C1, le grand objectif du propriétaire qatarien, dès les 8e, serait inédite depuis quatre ans. Et même si le tirage au sort n'a vraiment pas favorisé les Parisiens, que tomber contre Barcelone n'aurait rien d'illogique, quitter l'épreuve si vite ressemblerait quand même à une grosse déception pour le PSG.

Au plus fort des turbulences cette saison, le président du Paris SG Nasser Al-Khelaïfi a maintenu sa pleine confiance à l'ex-technicien de Séville, l'un des meilleurs d'Europe selon lui. Mais ses premiers mois ont été jugés sévèrement par la France du foot qui lui reproche, en vrac, sa gestion d'Hatem Ben Arfa - pourtant validée par le joueur - ou des gardiens, ses choix tactiques, voire ses gesticulations sur le bord du terrain.

"C'est un coach qui était très demandé, et ce qu'il a fait, son palmarès, ses trois coupes d'Europe successives, aucun coach français ne l'a", plaide auprès de l'AFP Romain Molina, auteur d'une biographie d'Emery, publiée début février aux éditions Hugo Sport. "Il peut s'arrêter maintenant, il laissera une trace dans l'histoire du foot".

Aux yeux du journaliste indépendant, les débuts laborieux du PSG d'Emery tiennent surtout à la nécessité de "reconstruire un vestiaire", après les départs de l'ambianceur Ezequiel Lavezzi il y a un an, du monumental Zlatan Ibrahimovic et du charismatique David Luiz l'été dernier.

"Il ne faut pas dire que c'est un génie, ou un tocard, dissèque Romain Molina. Quand tu laisses partir un mec qui t'as mis 51 buts, que ton attaque tournait autour d'Ibra, et que tu recrutes Krychowiak, Jese, Ben Arfa pour le remplacer, un borgne se rendrait compte qu'il faut du temps." Il existe d'autres circonstances atténuantes pour l'entraîneur espagnol, notamment l'interminable succession de blessures qui a privé le PSG de Javier Pastore pendant une large partie de la saison. Ou les absences, cet hiver, d'Adrien Rabiot ou Marco Verratti. Et mardi, outre Pastore, il sera privé d'un titulaire indiscutable, Thiago Motta, suspendu.

Mais le propriétaire ne rêve que de C1, et avait sévi sans ménagement l'an passé après l'élimination par Manchester City. Aura-t-il la patience de laisser Emery imprimer sa marque si son PSG n'atteint pas les quarts? 

Posté le 14/02/2017 à 11h05 Par Le360 (avec AFP)