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Vidéo. Joueurs binationaux: le coup gagnant de la direction technique nationale

Amine Harit, Aymen Barkok ou encore Youssef Toutouh sont des noms qui reviennent très souvent dans la presse marocaine. À cause de leurs nationalités sportives, ces joueurs d’origines marocaines sont critiqués, souvent à tort. Pour un meilleur avenir, la direction technique nationale a établi un plan bien précis pour accompagner ces joueurs binationaux, et les suivre de près. Détails.

Les joueurs binationaux font l’actualité en Europe, mais également dans leurs pays d’origines. Marocains, Tunisiens, Algériens ou encore Camerounais, Sénégalais et Ivoiriens, le choix de la nationalité sportive pour ces binationaux n’est pas chose aisée, mais reste très critiquée dans tous les cas. Si le jeune joueur choisit de représenter son pays d’origine, il se retrouve sous pression de la part de son club, ses dirigeants et des fois même ses entraîneurs.

En 2011, Luc Bruder, formateur de renommée en France et ancien directeur sportif du centre de formation de l’AS St-Etienne déclarait à Le Monde que ces joueurs étaient, ni plus ni moins que des mercenaires. « Certains garçons se sentent certainement rattachés à un pays, mais quand on est soi-même né en France, et que subitement on se trouve des origines étrangères, j'ai du mal à comprendre…"

Des mots très durs, mais ce sont ces maux qui font le quotidien des joueurs binationaux dans le système footballistique européen, et particulièrement en France. La situation politique du pays et les fractures dans la société française font souffrir ces jeunes footballeurs  Ainsi, pour que les binationaux soient mieux encadrés, la fédération royale marocaine a depuis 2010, lancé un plan pour approcher ces jeunes dès leur très jeune âge, et par ricochet les suivre pendant des années.

Des recruteurs, chargés de faire du repérage de jeunes talents ont été engagés par la direction technique nationale, dans chacun des pays dotés d’une forte population marocaine. La DTN avec à sa tête Nasser Larguet ont à l’heure actuelle 4 « Scouts » en Europe, entre la France, l’Espagne, la Belgique et les Pays-Bas. Ces mêmes recruteurs sont chargés de se déplcaer dans les pays voisins, en cas d’éclosion de pépite. Un travail bien ficelé, puisque depuis des années, ces recruteurs ont permis la découverte de plusieurs jeunes joueurs marocains promis à un brillant avenir.


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Sofiane Boufal ou encore Youssef Aït Bennasser ont été repérés et suivis de près par la DTN. Un travail d’accompagnement qui doit se faire sous conditions, afin que l’équipe nationale marocaine garde son « prestige ». Pas question donc de supplier, ou de harceler le joueur contrairement à ce que peuvent penser les responsables des centres de formations français, dont beaucoup partagent l’avis de Luc Bruder, le directeur technique français.

Il y’a plus de 5 ans, il déclarait à Lemonde que ce travail fait par les DT des pays d’origines est le plus facile. « En France, on reproche aux joueurs de ne pas chanter la Marseillaise. Mais là, ils ne connaissent même pas l'hymne. Ce qui me choque, c'est que nous faisons un gros travail, et ils viennent prendre ce travail tel qu'il est fait. C'est un rôle facile."

À en croire Luc Bruder, ces joueurs qui choisissent leurs pays d’origine sont donc des Français, pas assez bons pour jouer chez les Bleus, et choisissent leurs pays d’origine pour le fameux statut d’international. Cette phrase, c’est exactement le genre de clichés que la direction technique nationale tente de supprimer de manière définitive en prenant en compte le fait que ces jeunes souvent issus des quartiers difficiles en Europe, sont tout autant Marocains, que Français ou Néerlandais. Car quand le choix s’impose, il est souvent comparé à celui offert aux adolescents qui doivent choisir entre un père et une mère qui divorcent.

Marocains d’origine, mais leur éducation et leurs fréquentations sont souvent très européennes. Or, les médias négligent ce point, et cassent parfois des carrières pourtant promises à un grand avenir. Dans un échange avec Ahmed Chouari, le « Scout » de la DTN en France, ce dernier a confirmé que le choix de nationalité sportive pour ces jeunes les déchirent dans certains cas.

« C’est très difficile pour eux car ils ont une grande pression de la part de leurs clubs, entraîneurs et surtout de leur entourage. Nous on essaye donc de leur montrer un visage du Maroc qu’ils ne connaissent pas, en lui présentant les avantages qu’ils auront en choisissant les Lions de l’Atlas. »

La discrétion est donc le maître mot dans cette « stratégie de recrutement » choisie par la direction technique nationale de Nasser Larguet, qui a pour but d’accompagner ces jeunes talents afin qu’ils ne se sentent jamais oubliés. Évidemment, ces Scouts ne suivent que les meilleurs joueurs car ils ont des listes qu’ils communiquent toutes les semaines au directeur technique national. Un contact donc régulier et fait en adéquation avec les entraîneurs des équipes nationales toutes catégories confondues. Une stratégie qui semble simple, mais qui nécessite beaucoup de temps. Si les « premières récoltes » ont été bonnes avec Boufal et Aït Bennasser ou encore Ziyech au Pays-Bas, l’avenir promet d’être encore plus radieux.

Par Nassim Elkerf
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