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Yunis Abdelhamid: les études, le foot et le tajine de la maman

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Dans une longue interview accordée à France Football, le défenseur marocain Yunis Abdelhamid a évoqué son parcours atypique qui le destinait au départ à une carrière d’expert-comptable. Extraits.
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Yunis Abdelhamid fait partie de ceux qui font rêver par leur parcours atypique. Issu du quartier Paul Valéry de Montpellier, le défenseur du Stade de Reims a grandi entre le ballon et les études.

Le Marocain de 32 a accordé une longue interview à l'hebdomadaire France Football, dans laquelle il évoque sa trajectoire, en commençant par ses études brillantes conclues par un master en science de la gestion, obtenu à 22 ans après un parcours sans-faute.

“J'étais un jeune étudiant, comme les autres. J'étais boursier. J'allais en cours le matin, je rentrais, j'achetais mon petit sandwich, des fois on allait dans la cuisine commune. J'avais ma petite vie pépère. Le week-end, je rentrais chez moi. Je ne pensais ni au foot, ni à autre chose, mais à faire ma vie et avoir mon boulot dans la comptabilité. C'était mon objectif avant le football”, se souvient-il. 

Et celui qui va craquer en premier pour le Lion de l'Atlas, c’est Jean-Louis Saez. À l’époque entraîneur de la réserve d'Arles-Avignon. Lors d'un match amical, il fait jouer Yunis Abdelhamid au poste de défenseur central. “L'essai s'est super bien passé”, raconte le natif de Montpellier, qui débutera sa carrière de footballeur professionnel à 24 ans avec ce club du Sud de la France.  De cette époque, l'international marocain conserve une petite anecdote:

"Au début, mon oncle m’avait prêté une 205 où il n’y avait pas de contrôle technique” rigole le défenseur. “Je n’avais pas d’argent pour m’acheter une voiture. Un jour, alors que je suis avec la réserve d’Arles-Avignon, on m’appelle pour que j’aille m’entraîner avec les pros. Et, comme par hasard, la voiture me lâche. Du coup, j’appelle mon père (qui possédait une entreprise de maçonnerie, ndlr) parce qu’il me faut une voiture. Il me dit de venir récupérer la Clio 2, avec du matériel de chantier derrière. Je débarque à l’entraînement des pros et oui, on essaie de la garer un peu loin des autres voitures. Mais tout le monde nous voyait, donc j’étais obligé d’assumer. En plus, ça faisait un peu de pub à mon père! Des fois, quand des joueurs avaient besoin de renseignements, j’essayais de les orienter vers son entreprise”, ajoute-t-il. 

"Ce n’était pas de la honte, je sais d’où je viens, assure-t-il. Mais lorsqu’on sort d’un parking de joueurs pros où il n’y a que des grosses voitures et que les supporters vous voient avec votre Clio 2 de maçonnerie, c’est bizarre. Pour moi, c’est une fierté, aujourd’hui, de me rappeler tout ça”. 

Dans cette interview, Abdelhamid, qui n'a joué qu'en France durant sa carrière, révèle avoir été tenté par une aventure à l'Étranger. “J'avais envie de partir à l'étranger. J'ai eu l'opportunité d'aller à Qarabağ (Azerbaïdjan) C'était tentant et il ne faut pas se mentir, l'aspect financier entrait aussi en jeu. J'ai hésité mais après l'expérience ratée à Dijon (2016-2017), j'avais envie de connaître une aventure dans un club qui joue la montée. J'en avais marre de jouer le maintien et finalement Reims a été le bon choix”, affirme-t-il. 

Yunis Abdelhamid s'est aussi confié sur son hygiène de vie. "À Arles-Avignon (2011-2014), je n'avais pas du tout d'hygiène de vie...amateur, on peut manger le tajine de la maman et ensuite aller au match. Puis, le soir, manger kebab. Je n'avais pas encore cette rigueur, j'ai mis longtemps à l'avoir. C'est vraiment depuis que je suis à Reims que je l'ai”, explique le défenseur. 

Lors de sa déclaration, Yunis a parlé de ses prochains objectifs, notamment avec la sélection marocaine avec laquelle il souhaite se qualifier pour la Coupe du Monde 2022 et aller le plus loin possible dans une CAN. Sur le plan personnel, il aimerait devenir entraîneur. “J'aimerais transmettre ce que j'ai appris, mais pas dans le monde pros plutôt avec les jeunes”, conclut-il. 

Par Rajaa Laâssouli
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