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Covid-19: il y a un an, le monde découvrait le foot à huis clos

Vue aérienne du stade du Borussia Dortmund, le Signal Iduna Park, prise le 8 mai 2020 © Copyright : AFP
Le 11 mars 2020, la Bundesliga vivait le premier match à huis clos de son histoire. Aujourd'hui, les clubs allemands comptent leurs pertes financières, et les joueurs se demandent quand ils retrouveront la clameur de stades réduits au silence par la crise sanitaire.
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La victoire 2-1 du Borussia Mönchengladbach sur Cologne fut le premier match sans public. Deux jours plus tard, le football s'arrêtait totalement en Allemagne, alors que le pays entrait en confinement en raison de la pandémie de Covid-19.

Après une interruption de deux mois et demi, la Bundesliga a été le premier grand championnat à reprendre en mai, et la saison s'est achevée à huis clos fin juin. 

Depuis lors, les stades de l'élite allemande -- connus pour leur formidable ambiance -- sont restés en grande partie vides. "Ce n'est plus le même travail qu'avant la pandémie", reconnaît l'entraîneur du Werder de Brême Florian Kohfeldt. "Je ne peux pas m'y habituer et je ne veux pas m'y habituer."

"Tout ce qui fait qu'on aime ce travail est totalement absent: les émotions dans le stade", poursuit-il, "c'est comme aller faire un boulot normal, ça n'a plus rien d'extraordinaire".

Les jeunes talents qui ont fait leurs débuts en Bundesliga au cours des 12 derniers mois, comme Youssoufa Moukoko de Dortmund, 16 ans, et Matthew Hoppe de Schalke, 19 ans, n'ont jamais joué devant un stade bondé.

Un foot "plus froid" 

"Notre sport est devenu plus froid. Plus objectif", témoigne aussi le gardien de l'Union Berlin Andreas Luthe. "C'est parfois comme des matches d'entraînement", renchérit l'attaquant de Fribourg Nils Petersen.

Le Bayern n'a plus joué devant ses fans à l'Allianz Arena depuis le 8 mars 2020. Et le silence des stades a changé bien des choses, depuis que l'on entend tout ce qui se dit sur le banc adverse.

"Ce n'est pas toujours sympa", déplore l'entraîneur du Bayern Hansi Flick, qui avoue qu'il a parfois beaucoup de mal à ne pas réagir à ce qu'il entend à côté de lui.

Seuls quelques milliers de supporters ont été autorisés à assister à 33 matches sur certains terrains en début de saison, mais la deuxième vague de Covid-19 en Allemagne a mis fin à l'expérience.

Tous les matches de Bundesliga se jouent à huis clos depuis novembre, date à laquelle l'Allemagne est entrée dans un deuxième confinement.

"Notre vie ne ressemble plus du tout à celle d'avant, parce que même un rassemblement de l'équipe n'est plus possible", regrette Kohfeldt. Le foyer des joueurs, où son équipe pouvait se détendre et partager des idées, est interdit depuis un an.

Kohfeldt, son staff et ses joueurs doivent porter un masque FFP2 pour toute réunion dans son bureau.

L'avantage du terrain a disparu 

Financièrement, les 36 clubs de D1 et D2 affichent une perte de chiffre d'affaires combiné de 300 millions d'euros en 2019-2020 par rapport à la saison précédente.

"Et ce n'est que le début", a prévenu Christian Seifert, le président de la Ligue allemande de football (DFL). Les chiffres projetés pour la saison en cours sont encore pires avec des clubs qui devraient perdre un milliard d'euros par rapport aux chiffres d'avant la crise.

Sans le soutien des supporters, l'avantage de jouer a domicile a disparu. Avant le huis clos, à peu près la moitié des matches étaient remportés par l'équipe locale. Depuis douze mois, ce chiffre a chuté à un tiers, selon une étude du magazine Kicker.

Le manque de fans passionnés semble également avoir calmé les esprits des joueurs. Deux fois moins de cartons rouges ont été distribués au cours de la dernière année par rapport à la même période au cours des 12 mois précédents... Plus de retenue, certes, mais moins de passion.

Par Le360 (avec AFP)
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