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CAN 2021: la peur des stades vides au Cameroun

Les stades peinent à faire le plein au Cameroun. © Copyright : DR
A l'engouement du match d'ouverture a succédé la peur des stades vides: la Coupe d'Afrique des nations (CAN) peine à faire le plein au Cameroun.
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A Bafoussam dans la région Ouest, des banderoles souhaitent la bienvenue aux visiteurs, les drapeaux camerounais sont de sortie et les vendeurs de vuvuzelas soufflent à en perdre haleine. Pas de doute, la troisième ville du pays est fière de recevoir la CAN.

Tous les soirs, ils sont des centaines de fans de football à se masser devant les écrans des bars pour suivre et commenter les matchs, une bière à la main.

Mais dans le nouveau stade de la ville de 20.000 places construit pour la compétition, les tribunes étaient presque désertes lundi pour accueillir le premier match du Sénégal et de ses joueurs vedettes tels que Sadio Mané, l'attaquant de Liverpool.

"Si les stades sont vides, c'est à cause de leur Covid", estime Cyrille Anicet, 26 ans, qui s'est assis avec quelques amis à une table près de la gare routière.

"Lundi, je suis allé au stade. Mais comme des milliers de personnes, je suis resté à l'extérieur parce que je n'avais pas de carte de vaccination", assure-t-il à l'AFP.

Protocole sanitaire 
Pour entrer au stade, les conditions imposées par la Confédération africaine de football sont très strictes: il faut cumuler un cycle complet de vaccination et un test PCR négatif de moins de 72 heures ou antigénique de 24 heures.

Or au Cameroun, la grande majorité de la population ignore ostensiblement le port du masque et est très réfractaire au vaccin. Seuls 6% des plus de 18 ans sont officiellement vaccinés.

La Confédération africaine de football a également imposé une jauge de remplissage des stades à 60%, montée à 80% quand joue l'équipe camerounaise. Mais mis à part lors du match d'ouverture Cameroun-Burkina Faso à Yaoundé, et pour le choc Nigeria-Egypte à Garoua, tous les stades sont très loin d'accueillir leur capacité maximale autorisée. Le grand stade d'Olembé à Yaoundé était ainsi presque vide jeudi pour le deuxième match du Cameroun, face à Ethiopie.

"Je ne comprends pas pourquoi un test négatif ne suffit pas pour rentrer dans le stade", peste Cyrille, qui affirme qu'il regardera les prochains matchs avec ses amis devant son écran.

"Le problème, ce n'est pas seulement la vaccination. C'est le prix des billets. C'est plus que ma journée de travail", déclare non loin de lui Arsène Noubit, un transporteur de 50 ans, au milieu des klaxons et de la musique crachée par la sono des boutiques avoisinantes.

Les billets les moins chers se vendent à 3.000 Francs cfa, soit 4,5 euros, dans un pays où le taux de pauvreté atteint près de 40% et où un tiers des habitants vit avec l'équivalent de moins de deux euros par jour, selon la Banque mondiale.

Bus gratuits 
Les images de stades vides commencent à faire mauvais genre au Cameroun, pourtant réputé pour être fan du ballon rond. En début de semaine, René Emmanuel Sadi, le ministre de la Communication, a appelé "à une mobilisation de tous pour garnir les gradins des stades tout au long de la compétition et dans tous les sites abritant les rencontres".

Pour vendredi et les matchs Sénégal-Guinée et Zimbabwe-Malawi, le maire de Bafoussam Roger Tafam a affrété plusieurs bus pour amener gratuitement les supporters jusqu'au stade, situé à une vingtaine de kilomètres du centre-ville.

"Les transports coûtent 500 Francs cfa (80 centimes d'euros) l'aller et 500 le retour. Avec les transports gratuits, ça devrait aller mieux", veut-il croire.

"Beaucoup d'élites sont aussi en train d'acheter des tickets pour donner aux gens qui souhaitent venir au stade", affirme-t-il également à l'AFP. "J'en ai personnellement acheté pour le personnel de la mairie", poursuit-il.

Jeudi, le gouverneur de la région Ouest, Augustine Awa Fonka a lui aussi envoyé un communiqué exhortant "les responsables des services publics, parapublics et privés (...) de bien vouloir accorder une permission d'absence à leurs personnels" vendredi "afin de leur permettre d'assister aux matchs de la deuxième journée".

Mais pour Roland Ndi, mécanicien de 36 ans, cela ne changera rien. "Tant qu'on sera obligé de se faire vacciner, les stades seront vides", estime-t-il.

Par Le360 (avec AFP)
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