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Ouaddou, victime ou coupable?

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Rares sont les Lions de l’Atlas, revenus au bled pour servir et partager leur savoir en tant qu’entraineurs ou dirigeants, et qui auront réussi leur mission. A quoi imputer ces échecs quasi-programmés?
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Cette histoire aurait pu être un conte de fées. En posant ses valises à Oujda pour diriger le Mouloudia local, Abdeslam Ouaddou rêvait en grand. Contrat longue durée, effectif de qualité (le MCO a terminé 5ème le dernier exercice), tout était réuni pour fêter le retour au bled du grand (1m90) «Abdes».

Et puis tout s’écroule. Dans le football, tout va vite, car le ballon ne s’arrête pas. En quatre journées, l’ambitieux MCO n’a récolté qu’un petit point, héritant ainsi de la lanterne rouge de la Botola. Mais la situation personnelle de coach Ouaddou est pire encore. C’est simple: le grand Abdes a pété un câble. D’abord une bagarre… avec le conducteur du bus qui transportait l’équipe première. Ensuite un malaise cardiaque, quelques jours plus tard, qui lui a valu une hospitalisation en urgence…

Bref, Abdeslam Ouaddou vit un cauchemar pour son retour au bled qu’il espérait triomphal!

Bien sûr, il faut souhaiter un prompt rétablissement à l’homme, parce que la santé et l’intégrité physique passent avant tout le reste. Ensuite, il faut quand même se poser quelques questions.

Nous parlons d’un garçon qui a longtemps été vice-capitaine des Lions de l’Atlas, quand il était encore joueur. Ouaddou a notamment pris part à la brillante épopée de la CAN 2004 quand les Lions s’étaient hissés jusqu’en finale.

Ouaddou, pour ceux qui l’ont connu de près, est un homme intègre, sérieux et, comme on dit, «fort en gueule». Traduisez: intransigeant, quelqu’un qui ne se laisse pas faire, et qui n’hésite pas à dire ce qu’il a ce sur le coeur. Il y a quelques années, et alors qu’il jouait à Valenciennes, il n’a pas hésité à quitter le terrain, en plein match, parce que quelqu’un dans le public lui balançait des insultes racistes.

Il est comme ça Ouaddou, sérieux et bosseur, comme son long parcours de pro peut en témoigner. Mais avec une sensibilité à fleur de peau…

Après avoir passé ses diplômes d’entraineur, il a fini par choisir de suivre les traces de l’un de ses anciens coéquipiers: Walid Regragui, lui aussi rentré au bled après un long et honorable parcours de joueur professionnel. Et comme Walid avec le FUS, «Abdes» a choisi un club en transition, avec un effectif jeune: cette équipe du MCO que coach Benchikha a mené à bon port l’année dernière, après son retour parmi l’élite du football marocain.

Mais la greffe n’a pas pris. Le conte de fées prend déjà des allures de cauchemar. Et sauf miracle, Ouaddou ne s’éternisera pas à Oujda. C’est dommage. Trop sérieux et rigoureux? Ou pas assez souple, pas en phase avec la culture et la mentalité locale?

Le cas Ouaddou confirme, en tout cas, combien le retour au bled peut être difficile. La réussite de Regragui (ou celle de Baddou Zaki avant lui) reste une exception, l’arbre qui cache la forêt. Merry Krimau, Aziz Bouderbala, Youssef Chippo, Said Chiba… On ne compte plus les échecs parmi les valeureux Lions de l’Atlas, revenus partager leur savoir en tant qu’entraineurs ou directeurs sportifs ou dirigeants, mais obligés de rendre les clés plus tôt que prévu… Quelle déception!​

Par Footix marocain
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1 commentaires /

  • stophe
    Le 21 Dec. 2020 à 13h28
    Oui quel dommage !
    Il faut se poser les bonnes questions :
    Quel est le degré d'influence de l'entraineur sur son effectif ? sur les choix de l'équipe ? sur la façon de manager ?...
    Au bled malheureusement, il y a un décalage entre la théorie et la pratique. C'est comme pour la santé, nous avons de bons médecins mais malheureusement ils ne sont pas assez intègre… et j'en passe. Il suffit d'aller dans les hopitaux et vous verrez que le medecin arrive à 10h30 alors que les patients sont là depuis 7h30 et il repart à 13h00. Et il ne suffit pas aussi d'avoir de beaux stades et de beaux maillots et hop on va tout gagner. Non, cela ne marche pas comme ça. Il faut un climat de confiance, des personnes intègres et qui bossent pour le bien des autres et non pas pour leur.
    Pour le cas de Ouaddou, c'est une personne qui est trop intègre et sérieux pour le bled. Il s'est fait mangé tout cru "meskine".
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