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Chronique. La Ligue des Champions aux Émirats, une insulte à l’Afrique!

Trophée de la Ligue des Champions de la CAF. © Copyright : DR
Faire jouer le final four de la Ligue des Champions aux Émirats arabes unis est une insulte à l’Afrique, un continent qui a déjà organisé le Mondial. 
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La Confédération africaine de football a décidé de faire jouer le restant de la saison de sa plus prestigieuse des compétitions, la Ligue des Champions, sous la forme d’un final four. Ce mini-tournoi inédit, programmé en raison de la pandémie Covid-19, doit se jouer dans un pays neutre. 

Ce dernier, pas encore désigné, accueillera donc les demi-finales, Wydad-Ahly et Raja Zamalek, ainsi que la finale. 

Si l’instance panafricaine a tranché concernant le final four de sa deuxième compétition interclubs, la Coupe de la CAF, en octroyant au Maroc l’organisation de ce rendez-vous, elle hésite encore entre le Cameroun, pourtant choisi pour accueillir la finale, et les Émirats arabes unis!

La candidature de ce petit pays du Golfe est défendue par l’ancien patron de la fédération égyptienne de football, Hani Abou Rida. Pour le dirigeant égyptien, cette option contribuerait à la promotion du football africain.  Une initiative, qui partait certainement –ou pas–  d’une bonne intention, mais qui insulte la population de tout un continent. 

L’Afrique qui a déjà organisé la Coupe du monde 2010 (en Afrique du Sud) et qui a, à maintes reprises, concurrencé les plus grandes nations du football mondial pour abriter de nouvelles éditions du Mondial, ne peut-elle pas accueillir un mini-tournoi de trois matchs? 

Si la CAF veut promouvoir son football, ne doit-elle pas le faire d’abord sur son sol? Des clubs comme le Raja, le Wydad, le Zamalek et Al Ahly, qui comptent des millions de fans dans toute l’Afrique, feront plus d’heureux au Cameroun, au Sénégal, au Ghana ou au Gabon, qu’à Abou Dhabi, où les stades de football sont davantage vides que le compte en banque de la CAF. 

Car choisir les Émirats serait clairement un choix financier pour la Confédération africaine de football. Elle l’avait prouvé avec la délocalisation de la Supercoupe de la CAF au Qatar lors des deux dernières années. Des chocs nord-africains entre le Raja et l’Espérance en 2018 et le Zamalek et l’Espérance en 2019, qui auraient déchaîné les passions s’ils s’étaient joués au Maroc, en Égypte ou en Tunisie, sont passés presque inaperçus. 

Déjà, pour des raisons économiques, la CAF a privé des millions d’Africains de leur sport roi en cédant les droits TV de toutes ses compétitions, les obligeant à casquer (et la facture est particulièrement salée), rendant le foot un luxe, une sorte de parure ostentatoire, un hobby élitiste accessible seulement à quelques happy few. 

Oubliant au passage leur principale mission, qui est de pousser ce sport, d’en encourager la pratique et contribuer à doper les infrastructures de ses fédérations membres. 

Pourquoi se limiter à être un produit de spectacle alors que les rôles peuvent être inversés. L’éclosion de plusieurs stars africaines sur la scène mondiale pourrait positionner le continent sur la niche, ô combien juteuse, du tourisme footballistique. 

Organiser des rencontres entre ces joueurs dans différents pays et pourquoi pas, accueillir les finales des coupes nationales de pays comme les Émirats arabes unis et le Qatar, en manque de visibilité, peut accroitre encore plus la notoriété de l’Afrique comme une terre de football. 

Ça aussi c’est du marketing messieurs les dirigeants de la CAF.

Par Adil Azeroual
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1 commentaires /

  • Ragi Hakim
    Le 06 Jul. 2020 à 14h29
    C'est le libre court au complexe d'infériorité de a CAF
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