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Lions de l’Atlas: Autopsie d’un échec 

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Double champion d’Afrique, Hervé Renard avait pour objectif de mener les Lions de l’Atlas vers une seconde couronne africaine lors de cette CAN 2019. Au final: l’équipe nationale sort dès les huitièmes de finale face au Bénin. À qui la faute?
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Voilà, c’est fait. Le Maroc a une nouvelle fois quitté la CAN dès les premiers tours. Une déception de plus. Un échec de plus. Hervé Renard, et ses deux titres de champion d’Afrique, devait refaire de cette équipe une machine à gagner, et la guider vers un second trophée continental après celui décroché en 1976 en Éthiopie. Mais après 3 ans à la tête des Lions, le Français n’a rajouté aucune ligne à son palmarès. Et cette qualification au Mondial 2018 masque à peine la faillite du onze marocain. Mais assume-t-il l’entière responsabilité de ce nouveau fiasco? En grande partie, oui!

A-t-il fait les bons choix? 
En annonçant sa liste des sélectionnés pour cette édition égyptienne du tournoi panafricain, Renard était sûr de n’avoir oublié personne. Enfin presque… Les joueurs du Raja, du Wydad et de la Renaissance de Berkane, véritables stars du continent après leurs parcours en Ligue des Champions et en Coupe de la CAF, et surtout après leur victoire finale au Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), ne faisaient pas partie des plans du technicien. 

À lire aussi: Lions de l'Atlas, aucune excuse!

Ce dernier, aurait pu bénéficier de l’expérience africaine des Badr Banoun, Mohcine Iajour, Walid El Karti et autres Achraf Dari, au lieu de miser sur des cadres plus vraiment supérieurs.

Des cadeaux de départ
Pas dans le coup, Nabil Dirar a été trop longtemps abonné au banc de touche au Fenerbahçe cette saison. Pathétique, Younes Belhanda, a cru que la CAN se résumait au match de la Côte d’Ivoire... Hors sujet, Manuel Da Costa, auteur de 4 buts cette saison en championnat saoudien a oublié comment défendre. Dépassé, Faycal Fajr, a vécu une saison chaotique avec le stade de Caen, relégué en Ligue 2. Fantomatique, Medhi Benatia, a traversé sa première partie de saison à la Juventus comme une âme en peine, avant de s’exiler au Qatar. Bref, durant cette CAN, les cadres de l’équipe nationale semblaient tous sortir d’un long arrêt maladie : hors de forme, à bout de souffle, ces convalescents ont bien souvent donné l’impression de ne pas trop savoir ce qu’ils faisaient là. Et la sélection de ces préretraités s’apparentait plus à un joli cadeau de départ qu’à une décision sportivement méritée. 

Un seul vrai 9 parmi les 23
Pour gagner des matches, il faut d’abord marquer des buts. Et en cette CAN 2019, il y avait un petit problème: qui va le faire? Khalid Boutaib? Aussi combatif et sympathique soit-il, le seul vrai 9 de la sélection n’a été cette saison qu’un attaquant par intérim, se contentant d’applaudir les pions de Mahmoud Alaa, défenseur et meilleur buteur du Zamalek cette saison (14 buts). Youssef En-Nesyri ne peut pas être l’éternel sauveur, et Sofiane Boufal ne l’a jamais été. Au final, c’est M’bark Boussoufa qui s’y est collé. Moralité: compter sur des buts contre son camp est une tactique qui a quand même ses limites.

Et la fédé dans tout ça?
Comme l’avait dit Jean de La Fontaine, une grenouille ne devrait jamais se prendre pour une vache. En d’autres termes, le Maroc était-il réellement l’un des favoris de cette CAN? Le seul à y avoir cru s’appelle Fouzi Lekjaa. Oui, le président de la Fédération royale marocaine de football l’a même déclaré au lendemain de la qualification des Lions pour les huitièmes de finale. 

À lire aussi: Vidéo. Les Marocains en veulent à Hakim Ziyech

Le patron du foot vert et rouge a certes mis les petits plats dans les grands pour mettre cette équipe dans les meilleures conditions, mais il a oublié que le meilleur moyen de réaliser un objectif, c’est d’abord de s’assigner un objectif réalisable. Et dans l’état actuel des choses, remporter la CAN était au mieux un rêve, au pire un délire. Mettre sur pied un championnat digne de ce nom, concevoir une véritable stratégie de formation, telles sont aujourd’hui les vraies priorités du football marocain. Pour les titres, on verra plus tard...

Par Adil Azeroual
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7 commentaires /

  • Belbachiri
    Le 07 Jul. 2019 à 01h53
    Mr Renard est un entraîneur qui a fait ses preuves avec notre sélection ou d'autres.C'est un homme intelligent et de compromis,à en juger par sa communication .L’échec ,dans sa dimension relation avec le coach ,se gère aussi.La décision de rester ou non revient aux 2 parties contractantes.Elle serait prise de part et d'autre dans les règles de l'art.Mr Renard partant ,si jamais,restera UN AMBASSADEUR Marocain qui va parler de nous en bien.MERCI
  • Belbachiri
    Le 07 Jul. 2019 à 01h52
    Mr Renard est un entraîneur qui a fait ses preuves avec notre sélection ou d'autres.C'est un homme intelligent et de compromis,à en juger par sa communication .L’échec ,dans sa dimension relation avec le coach ,se gère aussi.La décision de rester ou non revient aux 2 parties contractantes.Elle serait prise de part et d'autre dans les règles de l'art.Mr Renard partant ,si jamais,restera UN AMBASSADEUR Marocain qui va parler de nous en bien.MERCI
  • Belbachiri
    Le 07 Jul. 2019 à 01h50
    Mr Renard est un entraîneur qui a fait ses preuves avec notre sélection ou d'autres.C'est un homme intelligent et de compromis,à juger par sa communication .L’échec ,dans sa dimension relation avec le coach ,se gère aussi.La décision de rester ou non revient aux 2 parties contractantes.Elle serait prise de part et d'autre dans les règles de l'art.Mr Renard partant ,si jamais,restera UN AMBASSADEUR Marocain qui va parler de nous en bien.MERCI
  • hlal mohammed
    Le 06 Jul. 2019 à 22h58
    La grande erreur commise par les responsables du sport national est liée à la stratégie suivie pour faire aboutir le football à des résultats tangibles. Ils ont mis en place un budget colossal pour se permettre le meilleur encadrement possible. Pour atteindre cet objectif ils ont dépensé sans compter. Ils ont commencé par recruter un "sorcier du football" sensé faire des miracles. Ensuite ils ont formé un club de personnes sans qualification précise et sans savoir faire. Ils ont passé leur temps à voyager en Europe au frais de la princesse. Ils ont perçu des émoluments et des primes, surement, faramineux. Ils voyageaient en Europe à la recherche de l'oiseau rare qui ferait le bonheur de l'équipe marocaine. On s'est retrouvé avec un ensemble de joueurs hétéroclites qui n'ont rien de commun ni sur le plan social ni sur le plan culturel. Ils sont bons mais ils ne peuvent pas former une équipe. C'était voué à l'échec. L'équipe nationale devait, en réalité, être le reflet du football national avec tous ses défauts et toutes ses qualités. L'encadrement devrait se faire par les nombreux techniciens marocains auxquels on a jamais donné une véritable chance afin qu'ils puissent montrer ce qu'ils savent faire. On a appelle ça de l'incompétence à l'image de l'incompétence de ceux qui gèrent les affaires du pays, en particulier le gouvernement et le parlement.
  • Gharib
    Le 06 Jul. 2019 à 15h15
    Les éliminations se succèdent comme votre article depuis 40 ans. Au terme de chaque parcours de l'équipe nationale on sort les mêmes phrases " concevoir une véritable stratégie de formation ".
    Vous pouvez former tant que vous voulez, si la discipline n'est pas là vous n'arriverez à rien. A mon avis, il faut concevoir une véritable stratégie de DISCIPLINE.
    Un joueur prié de ne plus exécuter les pénaltys dans son club s'accapare cette exercice en équipe nationale ( déjà au match allé contre le Mali pour les qualifs du mondial 2018 allait nous mettre dans un grand embarras, merci le Gabon). Un autre dont l’équipe tombe en ligue 2 se comporte en clown ( limite racaille ) en équipe nationale et fait des coups de P* pour évincer le goliador de l'année que toute équipe rêverait de l'avoir en pointe de son attaque.
  • Ahnou
    Le 06 Jul. 2019 à 14h45
    La FRMF s'entête depuis des lustres à aligner les professionnels ;elle ne fait que perdre.
    Des sélections qui ne représentent nullement le foot national perdent et ça ne nous empêche pas de dormir;le foot national avec des joueurs ayant appris à jouer au Maroc,reste intacte.
    J'aime mieux suivre les jeunes de la division d'honneur que ces stars qui,effectivement,acceptent de venir jouer pour les couleurs nationales au risque de perdre leur place dans leurs club mais ne peuvent rien donner de consistant pour le développement du foot national.Il faut les remercier pour l'amour qu'ils portent à la patrie.
    Personnellement,je ne leur en veux pas car je sais qu'ils font ce qu'ils peuvent et je suis contre ceux qui les critiquent .
    L'échec est à mettre sur le dos des responsables qui courent après une consécration chimérique et sacrifient les jeunes talents locaux.
  • Hakim Ragi
    Le 06 Jul. 2019 à 12h17
    Il ne faut pas se leurrer et se tromper, le Maroc n'est pas une nation de football, mais un pays qui compte beaucoup d'amoureux de ce sport. Le fait d'avoir ou avoir eu quelques individualités (Timoumi, Zaki, Faras...) ne fait pas une équipe, un collectif combatif et solidaire avec un fond de jeu. L'équipe du Maroc est juste capable, de temps à autres, de quelques coups d'éclat. Je ne veux rien diminuer de l'équipe du Bénin, ni les offenser, mais perdre contre une équipe aussi faible, renseigne sur son propre niveau.
    L'athlétisme fut un temps, un sport où les athlètes Marocains brillaient. Mais, c'était avant.
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