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Vivement la reprise de la Botola!

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Quand on ferme les yeux et on ouvre sa boite de souvenirs, il y a forcément un but, une reprise de volée, un petit pont… C’est toutes ces petites choses qui manquent aujourd’hui à nos vies.
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J’ai regardé le micro-trottoir réalisé par Le360 auprès des supporters du Wydad et du Raja. Tous plaident pour un retour au foot. Leurs mots sont spontanés, directs.

Le Raja, dit l’un d’eux, me manque. Cette déclaration d’amour est extraordinaire. Nous savons très bien combien l’amour peut tourmenter les esprits. Beaucoup ont du mal à dire «je t’aime» à leurs femmes. Même s’ils les aiment. Ils ont honte, ils sont pudiques, comme si l’amour était une marque de faiblesse. Et puis, pensent-ils, ça ne se dit pas. Voilà donc l’un de ces hommes tourmentés qui déclare sa flamme à son club de cœur.

Un autre fan dit: j’ai ouvert les yeux sur la Botola et grandi avec, elle fait partie de ma vie, de ma personne. Ben oui. Parce que le football, la compétition, la possibilité de vibrer pour l’équipe qu’on aime, tout cela c’est de l’oxygène. On en a besoin pour respirer et continuer de vivre. Difficile, alors, d’imaginer sa vie sans oxygène.

Un Wydadi va plus loin encore et dit: «Le foot me manque, le stade, le Wydad… Même les supporters du Raja me manquent». Il en faut beaucoup pour qu’un fan déclare sa flamme à celui d’en face. La culture du foot est manichéenne: on ne peut pas aimer deux clubs rivaux à la fois, impossible. On fait son choix à la naissance déjà. On ne change pas d’avis. On devient alors, à vie, rouge ou vert. Pas les deux à la fois. Et quand on est rouge, on n’aime pas le vert. Et vice versa.

L’absence de foot nous vaut, donc, ce miracle que les fans considèrent en temps normal comme une hérésie: un supporter en sevrage qui en vient à lancer une fleur à ses «ennemis» d’en face.

Pour le mordu de foot que je suis, cette vidéo est un morceau d’anthologie. De la pure poésie. Un miracle de dieu.

Parce que la vérité, c’est que le football est au cœur de nos vies. On ne peut pas l’en dissocier. Quand on ferme les yeux et on ouvre sa boite de souvenirs, il y a forcément un but, une reprise de volée, un petit pont. Et surtout le frisson de la victoire, ces explosions de joie, ces pics émotionnels avant la séance des tirs au but. Et aussi ces déceptions, ces lendemains de défaites dont certaines ont eu l’impact d’un deuil national.

C’est toutes ces petites choses qui manquent aujourd’hui à nos vies.

Les supporters des deux plus grands clubs marocains donneraient cher pour revivre ces émotions. Ils sont prêts, comme ils le disent dans la vidéo, à se montrer disciplinés et à porter les «kemamas» (masques) si on les autorise à retrouver les stades. Ils sont même prêts à rester chez eux et à suivre les matches, et surtout le derby, devant leurs postes de télévision si la reprise se passe à huis-clos.

Tous ces fans ont suivi la reprise des grands championnats européens. Le football a repris ses droits mais sans public, et avec un minimum de contacts. Ce n’est pas génial. Il est triste de voir des joueurs de la classe d’un Messi ou Cristiano Ronaldo et des clubs extraordinaires comme Liverpool, Barcelone ou le Real Madrid évoluer devant des gradins vides. C’est une hérésie ou presque. Mais cela reste du foot. Ces matches disputés dans un paysage lunaire ont quand même sauvé pas mal de weekends de confinement d’un ennui total…

Que dire alors, sinon vivement la reprise de notre Botola nationale! Elle nous a tant manqué, même quand elle accouche de petits matches sans public, sans rythme et sans buts.

Par Footix marocain
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