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Du respect pour le foot africain, c’est trop demander?

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Le football africain a besoin d’être respecté. C’est pour cela qu’il faut saluer l’attitude de la CAF, qui a eu le courage de maintenir la prochaine édition de la CAN, du 9 janvier au 6 février au Cameroun.
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Cette 33e édition de la CAN a bien failli ne jamais avoir lieu. Ce qui aurait été une catastrophe pour le football africain. Jusqu’au bout, la FIFA et le lobby des grands clubs européens ont cherché à faire reporter cette édition. Un report qui aurait entrainé une annulation pure et simple, sachant que la présente édition devait déjà avoir lieu il y a un an!

Les arguments avancés sont un mélange de mépris et d’hypocrisie, pour ne pas employer un terme plus sévère encore. Ils brandissent par exemple la menace du Covid-19. Mais le méchant virus sévit beaucoup plus en Europe, où les championnats et les grandes compétitions n’ont pas été annulés pour autant. Pour un joueur, il est plus probable d’attraper le Covid en jouant la Premier League ou la Ligue 1 que la CAN.

L’autre argument s’appelle la surcharge du calendrier et le risque de blessures pour les joueurs. Depuis la précédente édition, qui a eu lieu en Egypte en 2019, la CAN regroupe 24 équipes et se retrouve étalée sur près d’un mois. A titre de comparaison, en 1988, quand le Maroc avait organisé la compétition, les sélections engagées étaient au nombre de huit seulement…

24 sélections, c’est effectivement beaucoup trop de matchs, avec une trop grande sollicitation des organismes. C’est recevable. Dans le même temps, que l’on nous explique pourquoi, la FIFA tient à organiser la Coupe du Monde tous les deux ans, au lieu de quatre. Et pourquoi l’UEFA à son tour n’en finit pas de multiplier les compétitions interclubs (la dernière née cette année s’appelle la Conference League).

On le voit, l’argument de la surcharge des calendriers et des organismes ne tient pas la route. C’est une hypocrisie. Pour la FIFA et l’UEFA, plus de matchs signifie plus d’argent à récupérer et à distribuer. Ce n’est pas vraiment la santé des footballeurs qui les préoccupe mais autre chose. L’argent. Le gain. Leur veto laisse entendre que la CAN est une compétition financièrement mineure, dont ils ne peuvent tirer aucun bénéfice.

Si la CAF a gagné son bras de fer, personne n’a l’intention de lui faciliter la tâche. On lit par exemple que le World League Forum (WLF) (ou Forum des ligues mondiales, qui représente plus de 40 ligues professionnelles, dont les puissantes Angleterre, France et Allemagne) menace de retenir les footballeurs africains jusqu’à la date du 3 janvier. Alors que le règlement les oblige à les libérer le 27 décembre. C’est le comble du mépris.

Le puissant WLF, tout comme la FIFA d’ailleurs, ne tiquent généralement pas quand il s’agit, pour les stars sud-américaines, d’abandonner leurs clubs pour aller disputer la Copa America, qui a lieu tous les deux ans.

Et puis, de quoi parlons-nous? La plupart des championnats européens sont à l’arrêt en ce moment, en dehors de la Premier League anglaise. Pourquoi diable voudraient-ils retenir les internationaux africains?

La meilleure réponse face à cet évident manque de respect pour le football africain était de maintenir, contre vents et marées, la prochaine édition de la CAN aux dates prévues. La CAF l’a fait. C’est un point positif. Mais il faut continuer de résister à l’UEFA et au lobby européen, et faire en sorte que l’édition du Cameroun soit un vrai succès sportif. Pour commencer.

Par Footix marocain
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