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Le football est cruel, malheur aux perdants

Walid Regragui, Nayef Aguerd et Romain Saiss. © Copyright : AFP
Un très beau match, ce sont de belles phases de jeu, des exploits techniques ou tactiques, mais c’est surtout un scénario, jamais écrit à l’avance, fait d’exploits, de comportements héroïques et de retournements de situations spectaculaires.
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Dans tous les sports, ce qui compte c’est le résultat final. La beauté du spectacle sportif réside souvent dans les fins de matchs indécises, marquées par des moments de suspense insoutenables. Les retournements de situations du dernier quart d’heure peuvent provoquer de très fortes émotions quel que soit le résultat final, joie pour les gagnants, déception pour les autres. La chance, la réussite, le talent, la confiance et le dépassement de soi y sont pour beaucoup. Ce sont ces moments qui donnent un statut aux compétitions. Et celui de la CAN Côte d’Ivoire-2023 est quasi acquis. C’est une des plus belles de l’histoire. Il faut le dire, un très beau match, ce sont de belles phases de jeu, des exploits techniques ou tactiques, mais c’est surtout un scénario, jamais écrit à l’avance, fait d’exploits, de comportements héroïques et de retournements de situations spectaculaires.

En football, où le résultat nul est une sanction possible dans les matchs de championnats ou dans ceux qui se jouent en aller-retour, cette dramaturgie atteint son paroxysme pour les matchs à éliminations directes.

C’est le cas dans cette épreuve africaine depuis que se jouent les 8èmes de finale. Les joueurs, les supporters ou les simples amateurs de football ont connu une véritable montée d’adrénaline lors de certains matchs. Les Marocains y ont participé à leur corps défendant avec une fin de match émouvante face à l’outsider sud-africain.

Après avoir marqué un peu contre le cours du jeu et suite à une erreur d’alignement défensif, l’Afrique du Sud s’est complétement repliée pour laisser l’initiative aux Marocains, enfin réveillés et agressifs sur le ballon. Les Lions de l’Atlas, assez maladroits comme depuis le début du tournoi, vont finalement obtenir un pénalty. D’abord refusée par l’arbitre, cette décision sera corrigée après quelques minutes par les équipes en charge de l’assistance vidéo, la VAR. L’espoir d’un retour au score, à la 86e minute est vite retombé, suite au ratage d’Achraf Hakimi, un des meilleurs joueurs marocains du match.

Pourtant, le public y a cru encore pour quelques minutes lorsque le 4e arbitre accordait 10 minutes de temps additionnel. Il va être douché par une contre-attaque assassine bloquée par un coup franc tiré de façon magistrale pour faire but. Le parcours de l’équipe nationale s’est alors arrêté à San Pedro au grand désespoir des joueurs, de leurs supporters et de l’ensemble du peuple marocain.

Depuis, c’est la Côte d’Ivoire qui a réservé au public les plus fortes émotions du tournoi. Une première fois en se faisant renverser par la Guinée Equatoriale sur un score très lourd (0-4) qui aurait pu se creuser davantage tant les joueurs ivoiriens étaient KO.

Incapable de les motiver, l’entraineur français Jean-Louis Gasset allait jeter l’éponge pour être remplacé par un enfant du terroir, Emerse Faé. Une sage décision surtout que, dans un match sans véritable enjeu, le Maroc allait battre la Zambie et qualifier la Côte d’Ivoire, parmi les quatre meilleurs troisièmes des groupes.

Ensuite face aux Sénégalais, les Ivoiriens ont fait preuve d’un engagement et d’une résilience qui a forcé l’admiration de tous. Le Sénégal faisait partie des favoris majeurs de cette édition, avec le Maroc. L’équipe des Eléphants a très mal commencé et s’est retrouvée très vite menée au score. Le public ivoirien, dépité, a cru devoir revivre le traumatisme de la défaite en poule face à la Guinée Equatoriale.

M. Derradji, le fameux commentateur sportif algérien de beIN Sports, n’a pas raté l’occasion de cracher son venin. Il a tout de suite pronostiqué une défaite ivoirienne sur un score lourd. On peut le comprendre, l’attitude très reconnaissante du public ivoirien envers le Maroc, qui a permis la qualification in extrémis de leur pays, ne lui a certainement pas fait plaisir. Lui qui a fait de la haine du Maroc un leitmotiv et une cause militante. Il faut dire que son ressentiment envers la Côte d’Ivoire avait été également exacerbé par l’expulsion d’une de ses compatriotes, raciste et mal élevée, sortie du pays manu militari.

Il faut croire qu’il ne connait rien à la mentalité des vrais patriotes, il n’a pas vu venir la grinta ivoirienne. Les Éléphants vont égaliser avant de l’emporter à l’issue de l’épreuve fatidique des tirs au but. On n’était pas au bout de nos émotions avec cette belle équipe de Côte d’Ivoire. En quart de finale, face à des Maliens, supérieurs techniquement et en supériorité numérique, les Ivoiriens vont être à nouveau héroïques. Menés au score à vingt minutes de la fin, ils vont égaliser sur la dernière action du match et remettre le couvert sur la dernière action de la deuxième mi-temps des prolongations.

Le public adore ces retournements de situation et en redemande. C’est la réalité du football. Un football très exigeant et éprouvant pour ceux qui en ont fait un métier. Xavi, l’entraineur du Barça en difficulté cette année, souhaite prendre une pause. Klopp de Liverpool également et avant eux Pep Guardiola éreinté par les polémiques avec Mourinho, à l’époque ils étaient entraineurs du Barça et du Real, a stoppé net son parcours au Barça pour faire une pause d’un an avant de se remettre en selle.

Regragui, qui a réalisé la meilleure performance d’entraineur africain de tous les temps, semble aussi perdre un peu de sa sérénité et de son appétit pour la victoire. On l’a vu bien frileux lors de cette Coupe. Une petite pause jusqu’en juin, date des éliminatoires de la Coupe du monde lui sera bien nécessaire avant de reprendre son souffle en vue d’insuffler à nouveau à ses joueurs l’envie de gagner. En réalité, le football est bien cruel, malheur au perdant.

Par Larbi Bargach
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