Ligue des Champions: Bodo Glimt, le petit Poucet de l’Arctique qui renverse les grands

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Le club norvégien a littéralement créé la surprise en éliminant l’Inter Milan, mardi soir, lors des barrages de la Ligue des champions. Une véritable épopée européenne qui propulse désormais la formation nordique pour ses premières huitièmes de finale.

Le 25/02/2026 à 14h17

Manchester City, Atletico Madrid, et désormais l’Inter Milan... En un peu plus d’un mois, tous se sont cassé le nez sur Bodo Glimt, petit club norvégien situé au-dessus du cercle polaire, qui joue, sans grande pointure internationale, dans un stade découvert exposé au froid.

Déjà vainqueurs à domicile (3-1) à l’aller, les Scandinaves en jaune et noir sont allés renverser (2-1) chez eux mardi soir, en barrage de la Ligue des champions, les Italiens de l’Inter, finalistes de la compétition en 2023 et 2025 et actuels leaders incontestés de la Série A.

Un nouveau tour de force qui permet à Bodo Glimt de décrocher une place en 8e de finale du tournoi de clubs le plus prestigieux de la planète.

«C’est la plus grande performance de club de tous les temps pour une équipe norvégienne», a lâché le coach de la sélection nationale, Stale Solbakken, auprès de la chaîne NRK.

Alors que, hiver oblige, leur saison est terminée depuis novembre, Bodo Glimt a remporté tous ses matches depuis le début de l’année.

Et pas des moindres: avant l’Inter renversé deux fois, ils ont battu (3-1) Manchester City, conduit par leur légendaire compatriote Erling Haaland, à domicile avant de disposer de l’Atletico (1-2) à Madrid.

Des résultats qui défient les certitudes.

Car Bodo est une petite ville côtière de l’Arctique, ne comptant que 50.000 habitants et que beaucoup peineraient à placer sur une carte.

Dans cet endroit éloigné de tout, battu par des vents marins glaciaux et plongé dans l’obscurité l’hiver, Bodo Glimt («glimt» signifie «lueur» en norvégien) maintient la flamme.

Dans son stade étriqué et vieillot d’Aspmyra -construit en 1966, il peut accueillir à peine plus de 8.000 spectateurs-, l’équipe qui a frôlé la banqueroute en 2016 et qui ne compte presque que des Norvégiens fait des merveilles depuis son retour en Eliteserien, la première division norvégienne, en 2018.

Ces dernières années, elle a remporté quatre championnats et s’est hissée en demi-finales de la Ligue Europa l’an dernier.

Parcours «féérique»

«C’est tellement important pour le football que Glimt fasse cela, que ce soit encore possible en 2026 qu’un petit club puisse se construire à la force des mains», explique à l’AFP Mads Skauge, vice-président de l’association de supporters J-Feltet.

«À une époque où il y a tellement d’argent dans le football, c’est tout à fait unique. Je ne trouve dans l’histoire moderne aucun autre exemple d’un parcours aussi féerique que celui qu’a connu Glimt», ajoute ce sociologue de formation.

Aujourd’hui, la base de supporters dépasse largement les frontières de la ville, voire du pays, les maillots du club se vendent en Asie, et les médias affluent du monde entier pour étudier ce phénomène.

La recette du succès? Un collectif dépourvu d’ego, où chacun connaît sa partition, et un style de jeu très offensif, quel que soit l’adversaire, avec des combinaisons répétées à l’entraînement des centaines de fois.

«C’est une équipe dans le premier sens du terme. Il n’y a pas de grandes stars, il n’y a pas de passagers clandestins. Chacun sait clairement son rôle et s’il ne le remplit pas, il sort», décrypte Mads Skauge.

«Et à force de répétitions, ça va tellement vite que même les meilleures équipes ont du mal à suivre la cadence».

A quoi s’ajoute désormais une solide ossature offensive: Bodo Glimt a conclu la saison dernière en deuxième position avec, de loin, la meilleure attaque et la meilleure défense.

«Nous avons osé suivre notre propre voie, être courageux, trouver notre propre façon de faire et à chaque fois, on évalue et on va de l’avant, peut-être même un peu plus que nous ne l’aurions rêvé», a affirmé son entraîneur, Kjetil Knutsen, au micro de TV2.

Et désormais la confiance est gonflée à bloc - au point que les joueurs abandonnent leur traditionnelle humilité nordique.

«Nous sommes incroyablement forts. Ce que nous réalisons est tout simplement énorme, nous pouvons battre n’importe qui», a lâché l’attaquant Jens Petter Hauge, auteur du premier but contre l’Inter.

Le prochain adversaire -qui sera soit, de nouveau, Manchester City, soit le Sporting Portugal- est prévenu.

Par Le360 (avec AFP)
Le 25/02/2026 à 14h17