Nous ne sommes qu’en octobre, mais le géant britannique, triple vainqueur de la Ligue des champions, semble s’enfoncer dans un tunnel dont il n’aperçoit toujours pas le bout, loin des promesses de la deuxième partie de saison dernière.
Plombés par un but encaissé dès la première minute, les Mancuniens, actuels treizièmes de Premier League, n’ont jamais été en mesure de revenir dans la partie et ont bouclé une cinquième rencontre sans succès toutes compétitions confondues, prolongeant ce qui était déjà leur pire début de saison depuis 40 ans.
Sans solution, l’entraîneur Michael Carrick, ex-milieu de terrain besogneux de l’époque glorieuse des Red Devils dans les années 2000, se retrouve, lui, fragilisé, alors qu’il avait ramené United en Ligue des champions après trois ans d’exil.
L’instabilité mancunienne visible ces dernières saisons, sur le banc comme sur le terrain, a d’ailleurs été criante sur la pelouse du Metropolitano, où l’on a vu un immense écart entre une équipe qui retrouvait la C1 et une autre qui la dispute toutes les saisons depuis 15 ans.
47 secondes
Il ne fallait en tout cas pas être en retard dans les travées de l’enceinte madrilène, où les Colchoneros, poussés par le souffle de leur public - comme souvent dans ce genre de soirées de gala - n’ont eu besoin que de 47 secondes pour faire la différence.
Privés de leur capitaine Koke, en deuil après le décès de sa mère, les hommes de Diego Simeone ont vaincu la pression mancunienne en deux passes, avec un relai parfait de l’ancien Parisien Kang-in Lee pour lancer le champion du monde espagnol Alex Baena, qui a servi le jeune Pablo Barrios, seul à l’entrée de la surface (1re, 1-0).
Trop court pour dévier la frappe du milieu espagnol, le pauvre Ayden Heaven, 20 ans, titularisé pour la première fois de sa carrière en C1 couloir gauche, a alors symbolisé l’impuissance des Mancuniens, qui auraient pu s’écrouler totalement sans deux interventions de l’Argentin Lisandro Martinez (7e, 8e).
Les Red Devils, en grande difficulté à la relance, ont peiné à trouver leurs hommes forts, Bruno Fernandes et Bryan Mbeumo, seuls capables de créer du danger. Esseulé sur le front de l’attaque, le buteur camerounais s’est tout de même procuré deux opportunités d’égaliser, d’abord d’une tentative déviée en corner après un petit pont sur Cristian Romero (12e), puis une deuxième repoussée par le gardien rojiblanco Jan Oblak (25e).
Les milliers de supporters anglais ayant fait le déplacement ont ensuite retenu leur souffle sur un coup franc d’Alejandro Grimaldo qui a trouvé l’équerre (27e), puis une frappe lointaine de Julian Alvarez (42e). Ils ont bien cru quitter le stade à la mi-temps, après un deuxième but inscrit par le milieu américain Johnny Cardoso, refusé pour une main de Marcos Llorente (43e).
La plupart aura, au final, attendu jusqu’à la 79e minute et le coup de poignard du Nigérian Ademola Lookman (79e, 2-0) pour le faire, alors que leur équipe avait été réduite à dix après l’expulsion du défenseur français Lenny Yoro (75e) pour une obstruction maladroite.
Sur le chemin du retour, ils rumineront, à coup sûr, ce coup de patte génial de Bruno Fernandes repoussé par la barre transversale qui aurait pu tout changer, quelques instants plus tôt (70e).
