Entretien avec Chadi Riad: «C’est pour le Maroc que je joue au football»

VidéoDe retour après 18 mois d’absence à la suite d’une grave blessure au genou, Chadi Riad retrouve peu à peu son rythme avec Crystal Palace. Dans un entretien exclusif accordé au 360 Sport, le défenseur des Lions de l’Atlas revient sur cette période difficile, son come-back remarqué et ses ambitions avec le Maroc, à l’approche du Mondial 2026.

Le 17/02/2026 à 16h47

Quelques semaines après avoir signé à Crystal Palace en juillet 2024, le prodige marocain passé par le FC Barcelone et le Real Betis a connu l’un des pires scénarios pour un footballeur, une grave blessure. Résultat: près d’un an et demi d’absence, la blessure à son genou ayant fini par récidiver.

Un coup d’arrêt brutal pour le défenseur de 23 ans, alors que sa carrière décollait et qu’il venait d’intégrer l’équipe première du Maroc.

Mais aujourd’hui, Chadi Riad est officiellement de retour, et son come-back n’est pas passé inaperçu en Premier League. En forme, Crystal Palace a enfin retrouvé son défenseur, et forcément, à l’approche de la Coupe du monde 2026, un signal fort est envoyé au Maroc, qui peine encore à solidifier sa charnière défensive. Entretien.

Le360sport: Chadi, avant tout, félicitations pour ton retour. Comment te sens-tu aujourd’hui, physiquement et mentalement? Comment s’est déroulée ta rééducation?

Chadi Riad: Grâce à Dieu, je me sens très bien. C’est vrai que j’ai traversé un moment difficile, avec de longues blessures. Mais grâce à Dieu, je suis de retour avec l’équipe. Je me sens bien, je me sens enfin de nouveau footballeur. Je suis très content de revenir et de pouvoir aider mon équipe, sur le terrain comme en dehors.

Après avoir signé à Crystal Palace, tu as rapidement subi une blessure, avec même une rechute. Comment vit-on une situation comme celle-là, surtout lorsqu’on arrive dans un nouveau club et un nouveau championnat, après n’avoir connu que le football espagnol?

Tout le monde passe par des blessures, et tout le monde sait que c’est très difficile. Encore plus quand tu viens d’arriver dans un nouveau pays où tu ne connais ni les gens ni l’environnement. Le championnat change, les mentalités changent, tout change. Passer du statut de joueur reconnu à celui où plus personne ne parle de toi, où plus personne ne pense à toi… c’est dur. Je suis resté enfermé à la salle pendant douze mois, à voir mes coéquipiers s’entraîner pendant que moi je soulevais des poids. C’est difficile. Mais grâce à ma famille, qui est venue vivre ici avec moi, tout a été plus supportable. Ils sont la raison pour laquelle j’ai pu rejouer au football. Ils m’ont toujours aidé. Ça a été une année longue et difficile, mais grâce à Dieu, je suis de retour.

Ton retour fin janvier, notamment contre Chelsea FC (3-1), n’est pas passé inaperçu…

C’est vrai que malgré les défaites, c’était frustrant. Mais moi, j’étais très content, parce que ça faisait 18 mois que je n’avais pas commencé un match, que je n’avais pas été titulaire. Je me suis senti très bien, je me suis senti de nouveau footballeur. Entendre le stade t’encourager, être sur le terrain, ressentir les sensations… c’est incroyable. Encore plus quand tu vois ta famille dans les tribunes. Là, tu te sens vraiment fier de ce que tu es.

Te vois-tu rester à long terme en Angleterre?

On ne sait jamais. La vérité, c’est que je suis très heureux ici. Crystal Palace est un club qui m’a très bien traité depuis le premier jour. Ils ont toujours été attentifs, toujours préoccupés par ma situation. La Premier League est la meilleure ligue du monde… alors pourquoi pas?

Parlons de l’équipe nationale. En 2023, tu remportes la CAN U23 avec le Maroc, puis tu es appelé par Walid Regragui en équipe première. Que représente pour toi l’intégration en sélection après ce titre?

C’est exactement pour ça que je joue au football, c’est pour le Maroc. J’ai toujours suivi l’équipe, depuis que j’ai 14 ou 15 ans. Représenter ce pays, c’est une immense fierté. Je suis très heureux d’avoir franchi toutes ces étapes et d’être arrivé en équipe première. Je remercie toutes les personnes qui continuent de demander de mes nouvelles, qui veulent me revoir en sélection. Merci aussi au coach Walid Regragui et à mes coéquipiers.

Tu as manqué plusieurs rassemblements avec le Maroc, ainsi que la CAN 2025, à un poste clé pour l’équipe. Qu’est-ce que cette absence a provoqué chez toi?

Depuis ma blessure, mon objectif était de revenir pour la Coupe d’Afrique. Mais j’ai eu quelques complications, la blessure a duré un peu plus longtemps que prévu et je n’ai pas pu y être. Franchement, ça donne de la colère, c’est frustrant. Mais c’est le plan de Dieu, on ne peut rien y faire. Le sélectionneur, mes coéquipiers et les préparateurs physiques du Maroc prenaient de mes nouvelles, me demandaient comment j’allais et comment évoluait ma blessure. Et malgré le fait que je sois resté longtemps blessé, ils m’ont quand même pré-sélectionné. Je veux simplement les remercier encore une fois pour la confiance qu’ils m’accordent.

La finale a été très spéciale. Comment as-tu vécu le match? Et surtout, comment assimile-t-on une défaite en finale à domicile, avec le statut de demi-finaliste du dernier Mondial?

J’ai regardé le match à la maison. J’étais très nerveux. Je voulais que le Maroc gagne à tout prix. Mais il faut aussi reconnaître que le Sénégal est une grande équipe, avec de très bons joueurs. Nous aussi, nous avons fait une très bonne Coupe d’Afrique. J’ai vu une équipe très unie, je les ai trouvés très forts. Mais c’est le football… quand ça «casse», c’est dur. Mais il faudra essayer encore la prochaine fois.

Le Mondial 2026 approche. Performer avec Crystal Palace pour revenir en sélection est sans doute une priorité?

Si tu ne joues pas, on ne t’appelle pas. Donc ma première priorité, c’est de jouer avec Crystal Palace, les aider comme je peux, être en pleine forme pour pouvoir aussi aider le Maroc.

Le Maroc va affronter le Brésil et d’autres grandes sélections. Cela ajoute-t-il une pression particulière?

Tu sais comment est le pays, comment il vit le football. Tout le monde respire le foot. Si tu vas au Maroc, dans les rues, tu verras des jeunes jouer dans chaque coin. Donc oui, il y aura toujours de la pression parce que tu ne veux pas décevoir le peuple. Mais on connaît nos qualités et nos forces. On sera compétitifs face à n’importe quelle sélection.

Pour finir, quelles sont tes ambitions, avec ton club et avec la sélection?

Mes objectifs? Déjà ne plus me blesser. Pouvoir aller au Mondial et faire une bonne performance avec le Maroc. Faire une bonne saison et gagner des matchs avec Crystal Palace.

Par Magda Soltani et Said Bouchrit
Le 17/02/2026 à 16h47