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Et si le Wydad imitait le Real Madrid?

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Comme le Real face à Liverpool, le Wydad, qui ne part pas favori pour la finale de ce soir, va probablement devoir attendre et laisser venir Al Ahly, avant de le piquer en contre. Difficile, compliqué, mais jouable.
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Le Real a gagné sa 14e C1 sans avoir ce qu’on peut appeler un «fond de jeu». Il y a bien sûr une manière de sortir les ballons, des circuits préférentiels pour faire mal à l’adversaire, des automatismes, toute une machine bien huilée, qui sait attendre et qui sait piquer. Mais il n’y a pas, à proprement parler, un fond de jeu permanent, comme le City de Guardiola, le Liverpool de Klopp, voire le Bayern ou même le Barça actuel.

Quand un match démarre, on ne sait jamais comment cette équipe va procéder. D’un match à l’autre, voire à l’intérieur du même match, elle change de stratégie. Son credo, c’est l’adaptation: à l’adversaire, et surtout aux données du match en cours.

Le Wydad version Regragui, c’est un peu la même chose. Cette équipe a sorti de rudes adversaires (Zamalek, Belouizdad, et surtout cette très belle équipe de Petro Atletico, sans doute la plus forte de cette C1 en termes de «fond de jeu») sans avoir la possession et en donnant l’impression de muter de match en match, voire à l’intérieur d’un même match. Là où le Wydad de Houcine Ammouta avait gagné sa deuxième C1 (2017) en adoptant un système ultra-défensif, évoluant sans pointe et avec un milieu et une défense renforcés, le Wydad actuel ressemble à autre chose. Ce n’est pas une équipe défensive, bien au contraire; elle possède la meilleure attaque de cette C1. Plutôt que de contrôler le ballon, elle préfère contrôler le rythme, ce qui passe par une gestion efficace des temps forts et faibles de l’adversaire. Exactement comme le Real, toutes proportions gardées.

Regragui n’est pas un dogmatique, il appartient à l’école du réalisme. Contre une équipe joueuse comme le Petro Atletico, en demi-finale aller, il a aligné un onze ultra-offensif. Mais contre une équipe qui presse, qui a besoin d’avoir le ballon, de poser son jeu, comme cela risque d’être le cas avec Al Ahly (qui ressemble assez, dans l’absolu, à Belouizdad, version retour à Casablanca), il peut attendre, faire le dos rond et aspirer le bloc adverse avant de repartir en transition, en comptant sur des relayeurs rapides et une pointe mobile.

C’est en jouant ainsi, avec cette impression de «prêter le flanc», que les Rouges ont avancé dans cette C1, pour se hisser en finale. Le Wydad de Regragui n’a rien à voir avec celui de Benzarti, qui était beaucoup plus joueur. Comme toutes les équipes qui aiment le contre (aujourd’hui, on parle plutôt de «transition»), cette formation n’est jamais à l’aise quand elle doit prendre le jeu à son compte. Parce qu’elle n’a pas de fond de jeu propre. Elle se cale plutôt à son adversaire et épouse la forme que le jeu et les circonstances du match demandent.

Appelons cela du calcul, de la mesquinerie, du réalisme; ce système a conduit le Wydad jusqu’en finale, en offrant aux joueurs des certitudes dans le jeu. Sauf accident (un but encaissé d’entrée de jeu, une expulsion), il n’y a aucune raison que Regragui change une formule qui a fait ses preuves, tant en Botola qu’en C1.

Regragui appartient à l’école qui a fait de Didier Deschamps un champion du monde, et qui vient d’emmener le Real Madrid une énième fois sur le toit de l’Europe. Une école qui s’appelle: s’adapter aux exigences du match et aux qualités et faiblesses de son propre effectif. Comme le Real face à Liverpool, il aura besoin d’un bloc solide et solidaire, et d’une efficacité maximale dans les deux surfaces: un gardien (Tagnaouti) au top et une pointe (Mbenza/Tsoumou) opportuniste. C’est tout le mal qu’on lui souhaite, face à une équipe d’Al Ahly qui aime avoir le ballon: tout ce que le Wydad version Regragui affectionne. 

Avec ses joueurs d’expérience (Jabrane, Dari et, à un degré moindre, Hassouni), ses très bons centreurs (les latéraux Attiat Allah et Amloud), ses pivots et ses jeunes qui excellent dans le jeu en transition (Haimoud, Mbenza et même Benyachou), et un coach de haut niveau, le Wydad a les moyens de s’offrir une troisième C1. Même si cette équipe d’Al Ahly, tenante du titre, reste favorite, avec son énorme palmarès, son vice. Et son fond de jeu, évidemment!

Par Footix marocain
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