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La victoire est une culture, une détermination et le résultat d’un travail collectif

Les joueurs du Real saluent leurs supporters après la victoire contre le Bayern, le 8 mai 2024. © Copyright : DR
Le football est un jeu simple: 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin c’est le Real Madrid qui gagne.
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Le football est plein d’enseignements pour toutes les activités humaines. Avec les joies et les peines qu’il apporte et le réconfort et les frustrations qu’il engendre, c’est un vrai résumé de la vie. Gary Lineker, ancien joueur anglais commentant une victoire de l’équipe nationale allemande face à l’Angleterre, aux tirs aux buts en demi-finale du mondial 1990, avait résumé le football par une citation devenue célèbre: «Le football est un jeu simple: 22 hommes courent après un ballon pendant 90 minutes et à la fin c’est l’Allemagne qui gagne». Cette citation, ironique, exprime la frustration de celui qui venait d’enregistrer une défaite au scénario tragique. Elle peut être reprise par les joueurs de l’équipe allemande du Bayern, qualifiée pour la finale de la Ligue des Champions jusqu’à la 88ème minute. Ce n’est pas pour dire que le Real Madrid n’a pas mérité sa victoire, il aurait pu marquer bien avant tant les occasions ont été nombreuses. Un poteau et un immense Manuel Neuer en ont décidé autrement.

La veille, ce sont les poteaux qui ont empêché le Paris Saint-Germain de remporter une victoire qu’ils auraient largement méritée. Une deuxième présence en finale de Ligue des Champions pour notre Achraf Hakimi aurait comblé ses supporters marocains. Les réseaux sociaux, jamais avares en explications et surtout en polémiques, attribuent ces différences de résultats à la chance et à l’arbitrage. C’est une question de buzz mais aussi de convictions. Les supporters, de quelques bords qu’ils soient, sont reconnaissables à leurs doses de mauvaise foi. Une mauvaise foi suffisamment subtile pour taquiner l’autre et souvent bon enfant. Les commentateurs sportifs, en général soucieux d’améliorer leurs audiences, et les entraineurs alimentent ces polémiques par des déclarations suggestives. Ainsi, sur la dernière action du match, arrêtée par l’arbitre avant la fin de l’action, et qui s’est traduite par un but refusé, Thomas Tuchel, l’entraineur du Bayern Munich a déclaré: «L’arbitre a fait une grosse erreur, ça ne serait pas arrivé dans l’autre sens». Ce à quoi Carlos Ancelotti a répondu avec sérieux: «Ils se plaignent et nous nous plaignons du but refusé de Nacho. Kimmich a plongé». On ne fait pas mieux en termes de réparties. Sans entrer dans le détail de la polémique, on ne saura jamais ce qu’il serait advenu si l’arbitre avait laissé jouer, ce qu’il aurait dû faire, et s’il n’y avait pas hors-jeu, la VAR n’a pas été actionnée, mais réduire une victoire à de la chance ou à des décisions arbitrales relève de la profonde méconnaissance du football et d’une mauvaise expérience de la vie.

Ceux qui ont regardé la télévision officielle du Real Madrid, mercredi après-midi, ont pu suivre la procession qui a précédé le match. En sortant de l’hôtel du club les joueurs du Real Madrid ont trouvé l’ensemble des joueurs affiliés au Real, formant une haie d’honneur pour les accompagner au car. Toutes les catégories, filles garçons, benjamins, cadets, junior, équipe réserve, étaient sur place pour soutenir l’équipe. On dit que pour gagner il faut de la solidarité entre les titulaires et les remplaçants, ce concept a été élargi au Real. On devrait au niveau de nos clubs en prendre de la graine. Ensuite, tout au long du parcours, le car des joueurs était applaudi et les joueurs encouragés, dans une communion supporters-joueurs extrêmement motivante. C’est aussi ce que l’on attend des supporters des clubs marocains.

Développer une culture de la gagne est un impératif pour celui qui veut avancer. Les joueurs du Real, malgré un palmarès impressionnant, six finales de Ligue des Champions en 11 ans, ne sont toujours pas rassasiés. Modric, à 39 ans, accepte de jouer comme remplaçant, lui qui a été ballon d’Or, pour continuer à glaner des titres. Les jeunes du Real ont vite appris. Rodrygo, Vinicius Junior, Camavinga, Valverde, Mendy vont bientôt jouer leurs deuxièmes finales de Ligue des champions, ils ont moins de vingt cinq ans. Les blessures qui n’ont pas épargné les joueurs madrilènes n’ont pas affecté le trend ni la dynamique du club. La chance n’a rien à voir, c’est le travail et l’appétit qui font la différence. Le Real a aussi cette capacité à sublimer les qualités de ses joueurs. C’est Joselu qui a fini par débloquer le compteur du club face à Neuer. Plus tard pour le deuxième but, c’est Nacho qui est au départ de l’action dans les 18 mètres adverse. Sa passe vers Rudiger installé sur l’aile gauche a permis une passe décisive transformée par Joselu en but, synonyme de qualification.

Bien entendu le Real n’a pas l’exclusivité de cette culture de la gagne, ce serait bien triste. Le Borussia Dortmund, que personne n’attendait à ce niveau lors du tirage au sort des groupes en août de l’année dernière, a déjoué tous les pronostics pour se retrouver en finale pour la troisième fois. L’énergie dont ils ont fait preuve pour remonter l’Atlético Madrid, pour épuiser le Paris Saint-Germain dénote de leurs capacités et de leur foi. Ils ne sont pas favoris pour la finale mais ont la culture et la détermination pour créer la surprise. Qui va s’en plaindre? Une belle finale en perspective le 1er juin.

Par Larbi Bargach
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