Tariq Babitseng, président de la Fédération botswanaise de football et du COSAFA, le Conseil des associations de football en Afrique australe, a analysé, dans une interview exclusive accordée à Le360 Sport, la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal. Il a notamment mis en avant la qualité de l’organisation marocaine, notamment lors de la CAN 2025, l’importance du retour du Mondial sur le sol africain, mais aussi la question de la finale.
Interrogé sur le retour de la Coupe du monde sur le continent africain, vingt ans après l’édition sud-africaine, le dirigeant botswanais répond: «Ne nous y trompons pas: c’est un immense motif de fierté pour l’Afrique. L’organisation de l’édition 2010 par l’Afrique du Sud a démontré tout le potentiel du continent, et le Maroc a désormais l’occasion de s’appuyer sur cet héritage. Je me suis rendu au Maroc et j’ai pu constater la passion ainsi que la qualité de l’organisation lors de la CAN 2025. Je suis sincèrement convaincu que le pays est prêt à inspirer l’ensemble du continent. Les retombées devraient aller bien au-delà du tournoi lui-même, notamment grâce aux opportunités offertes à la jeunesse et au développement du football africain».
Le président du COSAFA évoque ensuite ses attentes pour ce Mondial: «Je m’attends à un tournoi très animé, avec des supporters passionnés, des infrastructures de premier ordre et la chaleur de l’hospitalité marocaine. Après avoir découvert le Maroc lors de la CAN 2025, je suis convaincu que les visiteurs ressentiront cette énergie».
Tariq Babitseng met également en avant la position stratégique du Royaume et son rôle de trait d’union entre les deux continents: «Le Maroc occupe une position unique, au carrefour de l’Europe et de l’Afrique, deux continents où le football est profondément aimé et suivi avec passion. Ce lien pourrait conférer une dimension toute particulière à la Coupe du monde 2030, en réunissant les cultures footballistiques, les supporters et les communautés des deux rives de la Méditerranée».
Le président de la BFA revient ensuite sur la CAN 2025. Présent au Maroc alors que les Zèbres faisaient partie des 24 nations qualifiées, il se montre particulièrement élogieux: «J’ai été très impressionné par la qualité du jeu, l’ambiance et les installations du Maroc. Pour le Botswana, cette participation représentait une occasion importante de concourir, d’apprendre et de se mesurer aux meilleures équipes d’Afrique. À mon sens, le Maroc a réalisé un sans-faute. D’énormes efforts ont été déployés pour organiser le tournoi selon des standards très élevés. Le football africain a été à la hauteur de ces exigences, et l’événement a véritablement mis en valeur ce qui se fait de mieux, tant au niveau des installations et des infrastructures que du jeu sur le terrain. Bravo au Maroc pour cette réussite. Chaque tournoi apporte également son lot d’enseignements. Le Maroc devrait s’appuyer sur les points forts de cette édition et continuer à améliorer l’expérience pour les équipes, les supporters et les officiels. C’est ainsi que l’on atteint l’excellence».
Vient ensuite la question de la finale du Mondial 2030. Interrogé sur l’importance de voir l’Afrique accueillir une deuxième finale de Coupe du monde dans son histoire, le dirigeant répond: «Ce serait d’une importance capitale. Accueillir la finale au Maroc serait sans aucun doute une source de fierté pour toute l’Afrique et démontrerait au monde entier que notre continent est capable d’organiser des événements majeurs au plus haut niveau. Naturellement, la décision appartient à la FIFA, et nous respectons ce processus. Toutefois, après avoir constaté l’ambition du Maroc à l’occasion de la CAN 2025, je comprends parfaitement pourquoi l’accueil de la finale aurait une telle signification».
«Je pense que l’Afrique a de solides arguments à faire valoir. L’Afrique du Sud a marqué l’histoire il y a vingt ans, en 2010, et le Maroc a désormais l’opportunité de perpétuer cet héritage. En tant qu’Africains, nous accueillerions avec joie le retour de la finale sur notre continent. Cette ambition doit s’accompagner d’une préparation adéquate et du respect des normes les plus élevées, mais je suis convaincu que le Maroc saisira avec enthousiasme l’occasion de démontrer qu’il est à la hauteur de ces attentes», ajoute Tariq Babitseng.
Enfin, le dirigeant botswanais estime que le fait de disputer le Mondial sur le continent africain pourrait permettre aux sélections africaines de réaliser des performances de premier plan: «Évoluer au Maroc pourrait galvaniser les équipes africaines grâce au soutien et au sentiment d’appartenance qu’elles ressentiraient. J’ai pu constater cette ferveur lors de la CAN 2025, et elle peut véritablement faire la différence. Toutefois, cet avantage doit s’accompagner d’une préparation adéquate. Si nous voulons des performances de haut vol en 2030, le travail commence dès maintenant: il faut former les jeunes joueurs, renforcer l’encadrement technique et offrir à nos équipes une exposition régulière à la compétition de haut niveau. Les équipes africaines devront aborder le tournoi avec conviction, ambition et la volonté de viser les plus grands honneurs».









