Finale du Mondial 2030: «Il est temps que l’Afrique l’accueille pour une deuxième fois», insiste le président de la Fédération des Comores

Saïd Ali Saïd Athouman, président de la Fédération de football des Comores

Saïd Ali Saïd Athouman, président de la Fédération comorienne de football, s’est confié à Le360 Sport sur la perspective de voir l’Afrique accueillir, au Maroc, une deuxième finale de Coupe du monde. Selon lui, confier au Royaume le match le plus prestigieux du Mondial 2030, coorganisé avec l’Espagne et le Portugal, serait une «manière de récompenser» le développement et les progrès du football africain.

Le 27/09/2026 à 13h01

La Coupe du monde 2030, organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, s’annonce déjà comme une édition à part. Celle du centenaire, mais aussi celle d’un Mondial disputé principalement entre deux continents. Un rendez-vous que le Royaume entend mettre à profit pour confirmer la place qu’il s’est forgée ces dernières années sur la scène footballistique internationale.

L’enjeu dépasse toutefois le seul cadre sportif. À travers cette édition, le Maroc entend également s’affirmer comme une vitrine du continent africain et démontrer, une nouvelle fois, sa capacité à accueillir les plus grands rendez-vous sportifs de la planète.

Six sites marocains ont été retenus pour la compétition, avec, au cœur du dispositif, un projet particulièrement ambitieux qui prend progressivement forme dans la région de Casablanca: le Grand Stade Hassan II. Avec une capacité annoncée d’environ 115.000 places, l’enceinte est appelée à devenir l’une des plus grandes au monde. Le projet mise également sur des infrastructures modernes, des aménagements de pointe aux alentours et des installations répondant aux exigences des grandes compétitions internationales.

Le Grand Stade Hassan II apparaît surtout comme l’un des candidats à l’accueil de la finale. Face au Santiago Bernabéu de Madrid et au Camp Nou de Barcelone, également cités pour abriter le dernier match du tournoi, le projet marocain entend faire valoir ses atouts.

Saïd Ali Saïd Athouman, président de la Fédération comorienne de football, estime que le Maroc a les arguments nécessaires pour accueillir un rendez-vous d’une telle envergure. «C’est un pays digne de représenter l’Afrique dans l’accueil de la finale de la Coupe du monde», affirme-t-il dans un entretien exclusif accordé à Le360 Sport.

Pour le patron du football comorien, le Royaume s’est imposé comme un véritable pôle de développement, bien au-delà du seul domaine sportif. Lorsqu’il s’agit d’accueillir de grands événements, souligne-t-il, le pays peut s’appuyer sur «des compétences reconnues et avérées», mais également sur des infrastructures et un capital humain à la hauteur de ses ambitions.

«Il possède une expérience certaine, en ayant prouvé son savoir-faire dans l’organisation et l’accueil de compétitions d’envergure internationale», poursuit-il.

Une deuxième finale en Afrique

Les ambitions affichées par la FIFA en matière de développement et d’universalisation du football donnent également une dimension particulière à la présence africaine dans cette Coupe du monde organisée entre l’Europe et l’Afrique.

Sur un continent où le talent ne manque pas et dont les sélections occupent une place grandissante sur la scène internationale, la perspective d’accueillir à nouveau une finale de Coupe du monde revêt forcément une portée symbolique.

«Il est temps que l’Afrique l’accueille pour une deuxième fois. Ce serait une manière de récompenser la volonté de l’Afrique de développer le football», estime Saïd Ali Saïd Athouman, rappelant qu’il s’agit avant tout d’«un continent de passionnés».

Le dirigeant comorien avance également un argument d’équité: «Certains continents ont déjà accueilli la finale à plusieurs reprises».

L’Afrique n’a, jusqu’ici, organisé qu’une seule Coupe du monde, en 2010 en Afrique du Sud. Vingt ans plus tard, une finale disputée au Maroc offrirait donc au continent une nouvelle exposition au sommet du football mondial.

Des retombées pour tout le football africain

Point culminant de la compétition, la finale constitue bien davantage qu’un simple match. Elle offre au pays et à la ville qui l’accueillent une exposition mondiale, avec des retombées médiatiques, touristiques et économiques considérables, mais aussi un impact en matière d’image et de rayonnement.

Pendant plusieurs jours, la ville hôte se retrouve au centre de l’attention internationale. Une exposition susceptible de laisser un héritage durable, notamment en matière d’infrastructures, d’organisation et de développement sportif.

Saïd Ali Saïd Athouman insiste lui aussi sur cette dimension. Selon lui, une finale organisée sur le continent africain aurait des bénéfices «importants en termes de visibilité, d’apprentissage et d’innovation», auxquels viendraient s’ajouter «des retombées sur le plan financier».

Mais l’enjeu irait encore plus loin. Une finale organisée au Maroc pourrait servir de référence à d’autres pays africains désireux, à leur tour, de se positionner sur l’accueil de grandes manifestations sportives. Le Royaume pourrait ainsi devenir un «exemple» dont d’autres nations du continent pourraient s’inspirer, tant en matière d’infrastructures que d’organisation et de stratégie à long terme. «C’est aussi une question de vision et de volonté, mais d’autres pourraient suivre l’exemple», estime le président de la Fédération comorienne.

Saïd Ali Saïd Athouman rappelle enfin que le parcours historique des Lions de l’Atlas au Qatar en 2022, lorsqu’ils sont devenus la première sélection africaine à atteindre les demi-finales d’une Coupe du monde, a également contribué à changer le regard porté sur le football du continent. «Depuis l’épopée du Maroc en 2022, le continent a davantage de poids», souligne-t-il.

Et pour le dirigeant comorien, accueillir le dernier match du Mondial 2030 constituerait un nouveau symbole de cette progression. «Si la finale avait lieu au Maroc, cela montrerait à quel point l’Afrique progresse et que le continent peut accueillir les plus grands événements de notre planète», conclut-il.

Par Magda Soltani
Le 27/09/2026 à 13h01