La finale du Mondial 2030 tourne à l’obsession en Espagne. Pas une journée, ou presque, sans une nouvelle déclaration, une revendication ou une mise en garde. Et Rafael Louzán semble décidé à ne surtout pas laisser retomber le sujet. Ce mercredi 16 septembre, le président de la Fédération espagnole (RFEF) en a remis une couche: la finale «doit se jouer en Espagne et non au Maroc».
Devant le World Football Summit (WFS), organisé à Madrid, Louzán a de nouveau déroulé l’argumentaire espagnol. «Les données nous donnent raison et les arguments aussi (...) Il est évident que la finale doit se jouer en Espagne (...) L’Espagne est une garantie de succès, il ne faut pas en douter», a-t-il déclaré, selon l’agence EFE.
Pour le président de la RFEF, l’Espagne a tout pour elle: le poids dans l’organisation, le nombre de sites, la contribution économique, le savoir-faire et, évidemment, la puissance de son football.
«L’Espagne est double championne du monde, elle a les meilleurs clubs, le meilleur championnat et ne doit laisser planer aucun doute sur le fait qu’après le Mondial de 1982 et avec 55% du poids dans celui de 2030, en termes de nombre de sites et de contribution économique, il est évident que la finale doit se jouer en Espagne. Il faut également reconnaître que nous organisons très bien les grands événements», a-t-il insisté.
Louzán est même allé jusqu’à présenter l’Espagne comme le futur «épicentre mondial du football», citant les finales de Ligue des champions prévues au Metropolitano en 2027 et au Camp Nou en 2028, auxquelles il ajoute déjà celle du Mondial 2030.
Infantino attendu à Madrid
Le dirigeant espagnol a également annoncé que Gianni Infantino se rendrait à Madrid à l’automne. Le président de la FIFA devrait notamment rencontrer Pedro Sánchez, président du gouvernement espagnol.
Louzán entend profiter de cette visite pour avoir «une longue conversation» avec Infantino sur les préparatifs de la Coupe du monde. Difficile d’imaginer que la finale ne figure pas en bonne place dans les discussions tant elle semble désormais occuper les esprits au sein du football espagnol.
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Cette nouvelle sortie n’est d’ailleurs que la dernière d’une longue série. Début septembre, Rafael Louzán avait choisi Sebta, où il se trouvait en compagnie du sélectionneur Luis de la Fuente, pour revendiquer une nouvelle fois la finale. Il avait alors estimé qu’«on ne comprendrait pas» qu’elle ne se joue pas en Espagne, allant jusqu’à plaisanter sur la possibilité de l’organiser à Sebta si la ville disposait d’un stade suffisamment grand.
Quelques jours plus tard, rebelote. Louzán assurait que l’Espagne accueillerait la finale «parce qu’il ne peut en être autrement». Ce mercredi, le discours n’a donc pas changé.
Tebas, lui, agite la menace du retrait
Plus curieusement, Louzán demande désormais de «ne pas entrer dans la dispute» et appelle à «la tranquillité». Un appel au calme qui contraste avec cette succession de déclarations publiques.
Rafael Louzán n’est pas seul. La finale du Mondial 2030 est devenue un sujet récurrent chez les dirigeants du football espagnol, au point que Javier Tebas est allé beaucoup plus loin mardi, toujours au World Football Summit.
Le président de LaLiga a estimé que l’Espagne devrait «repenser» sa participation au Mondial si Gianni Infantino était réélu à la tête de la FIFA et si l’instance mondiale attribuait la finale au Maroc. «Je ne sais pas s’il faut se retirer ou non, mais il faut repenser tout ce que nous faisons autour du Mondial», a-t-il déclaré.
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D’une revendication pour accueillir la finale, le débat espagnol est ainsi passé à la menace, même hypothétique, d’un retrait. Tebas a surtout greffé le dossier du Mondial 2030 à son propre bras de fer avec Infantino, dont il conteste ouvertement la gouvernance. À quatre ans du tournoi, la bataille pour la finale se joue donc déjà à coups de déclarations.
La politique également de la partie
Le sujet ne se limite plus aux responsables du football. Pedro Sánchez a lui-même revendiqué la finale pour son pays, tandis que plusieurs responsables politiques espagnols ont pris position ces dernières semaines sur le Mondial 2030 et la place du Maroc dans l’organisation.
Louzán a lui aussi quitté, ce mercredi, le strict terrain sportif. Selon EFE, il a attribué les déclarations de Fouzi Lekjaa à sa «campagne électorale», évoquant ses ambitions politiques au Maroc ainsi que la situation de Sebta.
Dans le même temps, le patron de la RFEF a assuré que le Maroc était «un allié pour de nombreuses raisons», avant de préciser que les «meilleurs alliés» de l’Espagne restaient le Portugal et les pays sud-américains associés au Mondial. Une drôle de manière de rappeler l’unité d’une candidature commune.
Dans ce flot de déclarations, le contraste avec le Maroc est frappant. Le Maroc est resté pratiquement muet face à la campagne menée depuis plusieurs semaines par les dirigeants, responsables politiques et médias espagnols autour de la finale.
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Il aura finalement suffi d’une sortie de Fouzi Lekjaa pour que la sphère footballistique espagnole se déchaîne à nouveau. Le président de la FRMF a récemment affirmé que la finale se jouerait au Grand Stade Hassan II.
La FIFA, elle, n’a toujours pas attribué la finale. En Espagne, cela n’empêche visiblement personne de la jouer avant l’heure.









