Le trio madrilène composé des Français Kylian Mbappé et Ibrahima Konaté, ainsi que du Brésilien Vinicius Jr, a essuyé une vague de critiques en Espagne, ce mardi 15 septembre.
Avant le coup d’envoi du match contre Elche, les joueurs étaient invités à porter des t-shirts affichant des messages en soutien à Sebta et à ses habitants. Mbappé, Konaté et Vinicius se sont pliés à l’initiative. Cela n’a visiblement pas suffi.
En Espagne, il leur est désormais reproché d’avoir mal positionné leur t-shirt, rendant difficilement lisibles les inscriptions qui y figuraient. Un détail en apparence, mais qui prend une tout autre dimension lorsque l’on observe le traitement réservé, vingt-quatre heures plus tôt, à Abdessamad Ezzalzouli.
Le Lion de l’Atlas avait alors été largement défendu en Espagne. Son geste était présenté comme relevant d’une initiative à caractère social et non politique. Le joueur avait porté le t-shirt, il fallait donc respecter son choix et ne pas lui prêter d’intentions qui n’étaient pas les siennes.
Un jour plus tard, le principe semble déjà avoir ses limites. Mbappé, Vinicius et Konaté ont bien porté le même type de t-shirt, mais pas comme il aurait fallu. Le simple fait que les inscriptions n’aient pas été suffisamment visibles suffit désormais à alimenter les critiques et les soupçons. Après avoir défendu le droit d’un joueur à porter ce maillot, certains semblent donc beaucoup moins disposés à accepter que d’autres ne l’exhibent pas avec le même zèle.
Il ne s’agit plus seulement de participer à une initiative présentée comme sociale. Encore faudrait-il désormais en respecter les codes jusque dans la manière de porter le t-shirt.
Les messages affichés font en effet écho au discours de victimisation tenu ces derniers jours par le gouverneur local et une partie de la classe politique espagnole, dans un contexte marqué par une multiplication des prises de position hostiles au Maroc.
Le cas de Kylian Mbappé et de Vinicius Jr n’est d’ailleurs pas anodin. Le capitaine de l’équipe de France est un grand ami d’Achraf Hakimi, capitaine des Lions de l’Atlas, tandis que le Brésilien est lui aussi proche du joueur du Paris Saint-Germain. Tous deux se sont rendus à plusieurs reprises au Maroc pour leurs vacances. Mbappé avait même assisté à plusieurs matchs de la CAN 2025.
Les t-shirts en question arboraient deux inscriptions: «Todos somos caballas», soit «Nous sommes tous des Caballas», le surnom traditionnel donné aux habitants de Sebta, et «Ceuta (y sus caballeros) es de la mar», que l’on peut traduire par «Sebta (et ses chevaliers) appartient à la mer».
Ce sont les mêmes messages que ceux affichés la veille par Abdessamad Ezzalzouli et ses coéquipiers du Betis Séville avant leur match contre Villarreal. Le geste de l’international marocain avait provoqué un tollé parmi de nombreux supporters des Lions de l’Atlas.
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Face à la polémique, Ezzalzouli avait publié un communiqué afin de clarifier sa position. «Tout d’abord, je veux que les choses soient claires: à aucun moment le maillot faisant référence au peuple de Ceuta n’a été utilisé dans un but politique ni par mépris envers mon peuple, le peuple marocain. C’était un maillot à caractère social, en soutien à une population et à ses habitants, quelle que soit leur nationalité, qui traversaient une situation difficile. Cela dit, ceci n’est une excuse envers personne. Tous ceux qui souhaitent s’en servir pour douter de mon amour pour mon pays sont libres de le faire. Je continuerai à vivre chaque jour la tête haute et à représenter mes racines avec fierté et sacrifice», a écrit le joueur dans une story publiée sur Instagram.

À vingt-quatre heures d’intervalle, un même t-shirt et deux lectures opposées. Défendre celui qui le porte, puis suspecter ceux qui ne le montrent pas assez: difficile de mieux résumer l’étrange bipolarité qui entoure désormais cette affaire en Espagne.
