Mondial 2030: le président du Conseil supérieur des sports monte au front, la finale devient un enjeu cardinal à tous les étages en Espagne

De gauche à droite: Manuel Rodríguez Uribes, Javier Tebas, Rafael Louzán, Pedro Sanchez (Photomontage).

La finale du Mondial 2030 tourne à l’obsession nationale en Espagne. Gouvernement, Fédération, LaLiga, opposition politique et désormais Conseil supérieur des sports: chacun avance ses arguments pour convaincre la FIFA. Dernier à prendre position, José Manuel Rodríguez Uribes, président du Conseil supérieur des sports espagnol (CSD), estime que son pays a de solides raisons de revendiquer le match suprême.

Le 18/09/2026 à 08h38

Qui n’a pas encore parlé de la finale de la Coupe du monde en Espagne? La question commence sérieusement à se poser. Du gouvernement à la Fédération, de LaLiga au Conseil supérieur des sports, le match suprême du Mondial 2030 est devenu, en quelques semaines, un enjeu cardinal de l’autre côté du détroit.

Le dernier à entrer dans la mêlée est José Manuel Rodríguez Uribes. Le président du Conseil supérieur des sports espagnol (CSD) a affirmé, ce jeudi, que son pays disposait de «suffisamment d’arguments solides» pour convaincre la FIFA de lui attribuer la finale du tournoi organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

Tradition footballistique, qualité des infrastructures, expérience dans l’organisation des grands rendez-vous: Uribes estime que l’Espagne a de sérieux atouts à faire valoir. Mais il le reconnaît lui-même: le dernier mot reviendra à la FIFA, seule habilitée à désigner le stade qui accueillera la finale.

Le patron du CSD estime même que l’instance mondiale pourrait prendre son temps, jusqu’en 2029 éventuellement, afin de juger les infrastructures sur pièces. Il cite le Santiago Bernabéu et le Camp Nou, avant de rappeler que le Grand Stade Hassan II de Casablanca est encore en construction.

Mais derrière cette prudence institutionnelle, le message est limpide: l’Espagne veut cette finale. Et elle mobilise désormais pratiquement tout ce qu’elle compte de responsables politiques et footballistiques pour le faire savoir.

De Sánchez à Louzán, tout le monde s’en mêle

Pedro Sánchez avait lui-même donné le ton. Fin août, le président du gouvernement espagnol avait affirmé que son exécutif allait travailler pour obtenir la finale, estimant que l’Espagne réunissait «toutes les conditions» nécessaires.

Rafael Louzán est allé beaucoup plus loin. Le président de la Fédération espagnole (RFEF) répète depuis janvier que l’Espagne «accueillera la finale». Ces derniers jours encore, il assurait qu’il ne pouvait envisager «un autre scénario» et que l’Espagne devait être le pays choisi.

Javier Tebas s’est lui aussi invité dans la bataille. Mais avec une musique différente. Le président de LaLiga, engagé dans un bras de fer avec la gouvernance de la FIFA, estime désormais que tant que Gianni Infantino restera à sa tête, et «s’il n’y a pas de surprise», la finale devrait partir au Maroc. Quelques jours auparavant, il avait même évoqué la nécessité de «repenser» la position de l’Espagne dans le Mondial 2030 si le pays n’obtenait pas le dernier match du tournoi.

Le sujet a même dépassé les frontières du football. Le Parti populaire a interpellé le gouvernement Sánchez sur le dossier, son porte-parole Borja Sémper allant jusqu’à demander de «repenser» la participation espagnole si l’attribution de la finale au Maroc venait à être confirmée.

Une affaire devenue nationale

La nouvelle sortie de Rodríguez Uribes complète donc un tableau désormais bien fourni. Gouvernement, CSD, RFEF, LaLiga, opposition politique: rarement le lieu d’un seul match, aussi prestigieux soit-il, aura suscité une telle mobilisation quatre ans avant le tournoi.

Car la finale est manifestement devenue bien davantage qu’une question de calendrier en Espagne. Elle est désormais présentée comme le symbole du poids du pays dans l’organisation du Mondial 2030.

Uribes insiste d’ailleurs sur un argument revenu à plusieurs reprises ces dernières semaines: l’Espagne aurait «piloté» le projet dès son origine, avant l’intégration du Maroc. Une manière de rappeler l’antériorité de la candidature ibérique et de la transformer en argument dans la course au match suprême.

Reste un détail, et pas le moindre. Malgré les certitudes affichées ici ou là, la FIFA continue de rappeler qu’aucune décision n’a été prise. Après les déclarations de Fouzi Lekjaa donnant Casablanca comme ville hôte de la finale, l’instance mondiale a de nouveau indiqué que son choix serait effectué «en temps voulu».

D’ici là, l’Espagne devrait donc continuer à plaider sa cause. Pedro Sánchez a parlé. Rafael Louzán a parlé. Javier Tebas a parlé. José Manuel Rodríguez Uribes vient de parler. L’opposition politique s’en est mêlée.

Il ne reste presque plus qu’à savoir qui prendra la parole aujourd’hui. Les paris sont lancés.

Par Adil Azeroual
Le 18/09/2026 à 08h38