Le réveil est brutal pour la LNFP et son président, Abdesslam Belkchour, qui rêvaient d’une Botola à 20 clubs. Une proposition défendue bec et ongles, qui impliquait plus d’équipes, plus de matchs, plus de déplacements, plus de contrats et, forcément, plus de dossiers à traiter. À croire les partisans de cette idée, le football marocain semblait prêt à changer de dimension. Il aura suffi d’attendre septembre pour redescendre sur terre.
Car avant de vouloir administrer quatre clubs supplémentaires, encore faudrait-il être capable de faire fonctionner correctement une Botola à 16. Et les dernières semaines offrent deux exemples assez édifiants.
Le premier concerne le mercato. Une prolongation jusqu’au 25 septembre, au lieu du 15, est annoncée officiellement. Les clubs s’organisent en conséquence, poursuivent leurs négociations, retardent certaines signatures et travaillent sur des arrivées de l’étranger. Puis la FIFA refuse cette prolongation.

Résultat: des négociations interrompues, des dossiers restés en suspens et des clubs qui paient les conséquences d’un imbroglio administratif dont ils ne sont pas responsables.
Et depuis? Silence. Deux jours ont passé et la LNFP, si prompte récemment à imaginer une Botola plus grande, semble beaucoup moins pressée lorsqu’il s’agit d’expliquer comment un dossier aussi sensible a pu être annoncé avant d’être définitivement verrouillé.
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Il faut pourtant se souvenir de ce qui s’est passé il y a à peine un mois. Le 18 août, la proposition d’élargir la Botola à 20 clubs avait été soumise au vote lors d’une réunion de la LNFP avec les présidents des clubs de D1 et de D2. Faute d’unanimité, le projet n’avait pas abouti. Deux jours plus tard, la Ligue annonçait le maintien des deux divisions professionnelles à 16 clubs pour la saison 2026-2027.
Et pendant qu’on discutait d’une Botola à 20, le championnat, lui, attendait toujours de savoir quand il allait commencer.
Il faudra patienter jusqu’au 24 septembre pour voir enfin la Botola reprendre. Fin septembre. À une période où les grands championnats européens ont déjà disputé plusieurs journées et où, ailleurs, la saison est lancée depuis des semaines. Le football marocain regarde les autres jouer avant de se décider à entrer sur le terrain.
Le plus grave, dans l’affaire du mercato, n’est d’ailleurs pas que la FIFA ait refusé la prolongation. Le vrai problème est ailleurs. Lorsqu’une institution publie une information officielle, les clubs doivent pouvoir travailler sur cette base. Un communiqué de la LNFP n’est pas une rumeur de mercato, encore moins un message WhatsApp entre dirigeants. Il engage celui qui le publie.

Pourquoi annoncer le 25 septembre avant d’avoir la certitude que cette date pouvait être appliquée? À quel moment la LNFP a-t-elle compris qu’il y avait un problème? Pourquoi les clubs n’ont-ils pas été clairement informés? Et surtout: qui assume?
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Cette dernière question s’adresse forcément à Abdesslam Belkchour. Il préside l’instance chargée d’organiser le football professionnel marocain. Lorsqu’une annonce de cette importance provoque une telle confusion, il lui appartient au minimum de l’expliquer.
Une Ligue professionnelle ne sert pas seulement à tenir des réunions, effectuer des tirages au sort ou publier des communiqués. Elle doit d’abord offrir aux clubs un cadre fiable: des règles connues, un calendrier lisible, des décisions applicables et des informations sur lesquelles ils peuvent réellement s’appuyer.
Or, en quelques semaines, la LNFP aura réussi à vouloir une Botola à 20, à faire démarrer celle à 16 le 24 septembre et à semer la confusion sur la clôture du mercato.
À voir les urgences qui s’accumulent, les priorités auraient sans doute mérité d’être ailleurs. La Botola à 20 pouvait attendre. La compétence, elle, devient urgente.
