La réunion entre la Ligue nationale de football professionnel (LNFP) et les présidents des clubs des deux divisions de la Botola a été particulièrement mouvementée, ce lundi 17 août. Au cœur des échanges, le projet d’élargissement des championnats de D1 et D2 à 20 clubs, qui a donné lieu à un vote loin de faire l’unanimité.
Selon les informations recueillies par Le360 Sport auprès de sources concordantes, 17 clubs se sont prononcés en faveur du passage à 20 équipes, tandis que sept ont voté contre et trois se sont abstenus.
Le projet obtient ainsi une majorité parmi les clubs ayant participé au vote, mais pas le consensus recherché autour d’une réforme qui modifierait en profondeur le format des deux divisions professionnelles.
Et cette absence d’unanimité ne serait pas sans conséquence sur la suite du processus. Selon les mêmes sources, la proposition ne pouvait être portée à l’étape suivante, à savoir son examen au niveau du Comité directeur de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), sans recueillir l’unanimité des clubs concernés.
En l’état, les 17 voix favorables ne permettraient donc pas à la LNFP de transmettre le projet au Comité directeur de la Fédération pour poursuivre la procédure.
Lire aussi : Botola Pro: juridiquement, qui peut réellement décider de passer à 20 clubs?
Cette question est d’autant plus importante que la LNFP ne dispose pas, à elle seule, du pouvoir de modifier le nombre de clubs fixé par les textes fédéraux. Le règlement des compétitions de la FRMF établit actuellement à 16 le nombre maximum de clubs en Botola Pro D1 comme en D2. Toute modification du format doit donc nécessairement dépasser le seul cadre de la Ligue.
Les statuts de la FRMF accordent en effet à son Comité directeur le pouvoir d’édicter les Règlements généraux de la Fédération et lui confient le suivi et le contrôle des compétitions nationales.
Le passage à 20 clubs soulèverait également une question statutaire. L’article 18 des statuts de la Fédération établit la représentation à l’Assemblée Générale sur la base des «seize (16) clubs du championnat professionnel de première division» et fait également référence aux 16 présidents des clubs de D2. Une éventuelle adaptation de ces dispositions relèverait alors de l’Assemblée Générale de la FRMF.
Une réunion sans consensus
Au-delà de la procédure, le résultat du vote illustre les profondes divergences que continue de susciter le projet. Avec sept votes contre et trois abstentions, près d’une dizaine de clubs n’ont pas apporté leur soutien à un élargissement.
Lire aussi : Botola: la vérité n’est pas dans le 20
Les opposants s’interrogent notamment sur l’opportunité d’augmenter le nombre de participants alors que le championnat doit déjà composer avec des difficultés de programmation, des matchs en retard, la situation financière fragile de plusieurs clubs et les exigences croissantes liées à l’organisation et à la professionnalisation des compétitions.
Pour l’heure, la LNFP n’a publié aucun communiqué officiel sur la réunion, ni sur le résultat du vote ni sur les suites qui seront données au projet. La question centrale reste donc entière: après une réunion houleuse et en l’absence de l’unanimité qui aurait été nécessaire pour franchir l’étape suivante, le projet d’une Botola à 20 clubs peut-il encore poursuivre son chemin?
