Après les t-shirts, la RFEF choisit Sebta pour dévoiler la liste de la Roja

Luis de la Fuente, sélectionneur de l'Espagne

Luis de la Fuente, sélectionneur de l'Espagne. DR

La Fédération espagnole a choisi Sebta pour mettre en scène l’annonce de la première liste de la Roja depuis son sacre mondial. Un décor hautement politique, suivi d’une nouvelle sortie de Luis de la Fuente sur l’affaire des t-shirts qui a ciblé Mbappé, Vinicius et Konaté. Après LaLiga et les dirigeants du football espagnol, le sélectionneur en rajoute à son tour dans une séquence où Sebta ne quitte décidément plus le terrain.

Le 18/09/2026 à 14h14

La Fédération espagnole a choisi Sebta pour dévoiler, ce vendredi 18 septembre, la liste des joueurs convoqués pour le prochain rassemblement de la Roja. La RFEF a publié une vidéo entièrement tournée dans le préside occupé, entre rues, places et panoramas de la ville, avec Luis de la Fuente dans le rôle principal.

Difficile de réduire le choix du décor à un simple hasard de communication. Il intervient en pleine séquence autour de Sebta, alors que les initiatives et les déclarations se multiplient dans le football espagnol.

Fédération, LaLiga, dirigeants, sélectionneur… Sebta s’est invitée partout. Au point de voler la vedette à l’annonce elle-même. La première liste de la Roja depuis son sacre mondial, qui aurait dû constituer l’événement de la journée, passe presque au second plan derrière la mise en scène choisie par la Fédération.

Et Luis de la Fuente ne s’est pas arrêté là. Quelques heures après la diffusion de la vidéo, le sélectionneur espagnol est revenu sur l’affaire des t-shirts sur Sebta, qui agite le football espagnol depuis plusieurs jours.

Interrogé en conférence de presse sur Kylian Mbappé, Vinicius Jr et Ibrahima Konaté, pris pour cible après avoir porté le fameux t-shirt sans en afficher clairement les inscriptions, De la Fuente a commencé par invoquer la liberté de chacun. Avant de livrer, lui, une réponse sans ambiguïté: «Je peux seulement donner mon opinion personnelle. Ce que font les autres, je ne peux rien en dire, chacun fait ce qu’il veut. Moi, je me sens “más caballa”, plus Ceutien qu’hier».

Pour rappel, les t-shirts en question portent deux inscriptions: «Todos somos caballas», soit «Nous sommes tous des Caballas», surnom traditionnel des habitants de Sebta, et «Ceuta (y sus caballeros) es de la mar», que l’on peut traduire par «Sebta (et ses chevaliers) appartient à la mer».

Mbappé, Vinicius et Konaté les avaient bien enfilés avant leur match. Mais pas comme l’espéraient les promoteurs de l’opération. Les inscriptions étant peu visibles, les trois Madrilènes se sont retrouvés sous le feu des critiques, certains allant jusqu’à réclamer publiquement des excuses.

Le Real Madrid, lui, a choisi de protéger ses joueurs. Le club a défendu «l’opinion et la sensibilité de chacun de ses employés» et refusé le principe même de contraindre quelqu’un à faire quelque chose «qu’il ne pense pas ou à laquelle il ne croit pas».

Sur le FC Barcelone, en revanche, Luis de la Fuente s’est montré beaucoup moins disert. Le club catalan a été le seul à refuser collectivement de participer à l’opération. Une décision dans laquelle la position de Lamine Yamal a pesé, comme l’a révélé Le360. Pour le jeune international espagnol, l’affaire touche aussi à son histoire familiale: sa grand-mère maternelle a quitté Tanger pour l’Espagne en 1990.

Le Barça a surtout refusé d’exposer son joueur à une polémique dont il connaissait parfaitement les risques. Lamine Yamal est régulièrement la cible d’attaques racistes et de campagnes venues de milieux d’extrême droite. Le contraindre à endosser publiquement un message sur Sebta aurait inévitablement placé le joueur au centre d’une bataille qui dépasse largement le football.

Ce nouvel épisode n’est d’ailleurs pas isolé. Le 4 septembre, Luis de la Fuente s’était déjà rendu à Sebta en compagnie de Rafael Louzán, président de la Fédération espagnole. Une visite durant laquelle le patron de la RFEF avait également défendu l’organisation de la finale du Mondial 2030 en Espagne.

Deux semaines plus tard, la Fédération y retourne, cette fois pour mettre en scène l’annonce de la liste de la Roja.

En quelques jours, le football espagnol aura donc réussi à faire de Sebta un décor, un slogan, un t-shirt et désormais le théâtre de la communication de sa sélection nationale. À force, difficile de prétendre que tout cela ne relève que du sport.

Par La Rédaction
Le 18/09/2026 à 14h14