Entraineurs de la Botola: réveillez-vous!

Fadlu Davids, entraîneur du Raja de Casablanca

ChroniqueDepuis la reprise de la Botola, après la très longue parenthèse de la CAN, on assiste à une véritable bouillie de football. Jusqu’à quand?

Le 16/02/2026 à 10h15

Un match sur deux se termine par un match nul et non avenu. Ces fameux 0-0 sanctionnent des parties où on joue pour rien. Et on ne parle même pas des quelques buts marqués, dont beaucoup sont des csc.

Peut-on encore parler, dans ce cas, de plans de jeu. Mais quel plan de jeu?

Le gros contingent de la Botola joue pour ne pas perdre et ne pas prendre de buts. Après, ils peuvent éventuellement marquer sur balle arrêtée ou sur un malentendu, généralement en fin de match.

Même les observateurs participent à cette médiocrité quand ils qualifient de «positif» un nul ramené de l’extérieur. C’est du non-sens. Depuis la réforme du système des points, le nul compte pour du beurre: ce n’est pas un point gagné mais deux de perdus. Autrement dit: c’est une demi-défaite. Nos entraineurs le comprennent-ils, ou faudra-t-il leur expliquer?

Prenez le match Raja-Yacoub El Mansour, qui a eu lieu samedi dernier (0-0). Bien sûr, on ne peut pas blâmer la modeste équipe de l’USYM d’avoir refusé le jeu. Le Raja, en face, était théoriquement un cran au-dessus. Mais alors, en cours de jeu, et étant donné la faiblesse offensive des Verts, pourquoi les Rbatis n’ont pas poussé pour essayer de prendre les 3 points, et se donner ainsi de l’air alors qu’il y avait de la place? Ce qui les a empêchés, ce n’est pas la qualité technique ou le talent, mais la frilosité mentale.

Même remarque pour le CODM, heureux de ramener un triste 0-0 d’Agadir, là où les Meknassis auraient pu viser les 3 points et s’envoler en tête du classement… Quel gâchis!

L’autre aberration qui empêche nos équipes de réduire du jeu s’appelle le «round d’observation», c’est-à-dire le temps que les équipes passent à se tâter en début de match. Le round d’observation n’existe plus dans le football moderne, mais nos entraineurs continuent de le pratiquer. C’est du temps mort, à croire que les matchs ne démarrent qu’en deuxième mi-temps, voire dans les dernières minutes. C’est d’ailleurs exactement ce que l’on a vu lors du triste FUS–KACM (1-1), qui a clôturé la dernière journée: une première mi-temps pour rien, et le Kawkab qui arrache un but tombé du ciel en toute fin de match. C’est seulement à ce moment que le FUS se réveille enfin pour égaliser. Résultat: un nouveau match pour rien, alors que les deux équipes avaient du potentiel pour offrir du jeu et du plaisir, une notion qui se fait rare depuis le retour de la Botola.

Les statistiques des matchs de la dernière journée sont accablantes. Le nombre de frappes cadrées, de corners ou d’expected goals est ridiculement bas. Les gardiens chôment. Où est le fameux jeu sur les côtés qui a révolutionné le football moderne? Où sont les pistons, les débordements, les combinaisons, le surnombre offensif?

La longue coupure post-CAN et l’absence des clubs engagés dans les compétitions africaines, ne sauront tout expliquer. Les entraineurs de la Botola doivent faire leur autocritique.

Par Footix marocain
Le 16/02/2026 à 10h15