Le Wydad, laboratoire à ciel ouvert

Les joueurs du Wydad de Casablanca.

ChroniqueLe grand club casablancais accumule les expérimentations et les curiosités à tous les niveaux. Jusqu’ici, tout va bien…

Le 23/02/2026 à 10h54

Où finira le Wydad cette saison? Avec de la réussite, il pourrait tout rafler: la Botola, où il est déjà leader malgré plusieurs matchs en retard, la coupe de la CAF dont il a franchi la phase de poules plutôt aisément, et peut-être aussi la Coupe du trône dont on se demande si elle pourra être menée à son terme avant la fin de la saison (vu le calendrier des matchs en retard et le rendez-vous du Mondial qui avance à grandes enjambées, on peut en douter…).

Dans l’absolu, donc, les Rouges affichent des temps de passage assez impressionnants. Leur démonstration, ce weekend, chez Dcheira (0-5), a marqué les esprits. Au-delà du score, qui reste rare dans le contexte de la Botola, le Wydad a affiché des stats hallucinantes. 24 tirs tentés dont 14 cadrés!

Ceux qui suivent le championnat marocain le savent: certains matchs se soldent avec zéro frappe cadrée et des gardiens au chômage. Voilà qui situe le niveau de performance que le WAC vient de réaliser face à Dcheira.

Maintenant, quand on regarde la composition de cette équipe, l’étonnement est encore plus grand. Le Wydad version 2025-2026 accumule les curiosités. L’effectif a été complètement chamboulé. Sur le onze aligné face à l’OD, seul le défenseur Moufid était là il y a un an!

Regardons à présent l’âge des joueurs. Les trois éléments les plus offensifs affichent des «chiffres» impressionnants: 39 ans pour Amrabat (excellent au passage), 36 pour Ben Yedder (autre curiosité, c’est le premier international français qui évolue en Botola!) et 33 pour Ziyech. Voilà un trio offensif qui a de la bouteille, c’est le moins que l’on puisse dire.

Le Wydad possède aussi deux sudaméricains dans son effectif, tous deux Boliviens: Vaca et Paniagua. Ce qui donne au groupe dirigé par Benhachem un côté exotique, voire cosmopolite, là aussi assez inédit.

Maintenant, dans le jeu, cette équipe «internationale» rassemblée en un temps record, souffre d’un mal prévisible: elle est déséquilibrée et souvent coupée en deux. Si elle performe, le mérite en revient au talent individuel de certains joueurs: en tête le trio des vétérans offensifs, physiquement moyens mais techniquement largement au-dessus. Il faut saluer aussi le travail du coach Amine Benhachem, qui doit certainement se creuser les méninges pour accoucher de ses compositions de départ et pour tenter d’harmoniser des profils et des personnalités aussi disparates.

Tel est donc le projet porté par la nouvelle direction du Wydad, en place depuis une saison et demie. Comment peut-on appeler ce projet? Difficile de répondre pour le moment. L’essentiel, c’est-à-dire les résultats, est là. Les comptes seront faits en fin de saison, au moment des bilans.

Mais la force de ce groupe étonnant reste fragile. La plupart des joueurs sont en fin de carrière, de contrat ou de prêt. La continuité parait, au moins à ce stade, pratiquement impossible. Dans un an, le groupe sera, certainement et largement, reconfiguré.

C’est dire la limite du «modèle» wydadi qui traduit, finalement, une certaine culture de l’immédiat… Et de la gagne aussi? Réponse dans quelques mois.

Par Footix marocain
Le 23/02/2026 à 10h54