Ce Touarga–Wydad, disputé hier soir, nous a offert tout ce qu’on aime dans le football. Au-delà du score final (3-4), les deux équipes se sont totalement livrées, jouant sans frein à main. Il n’y a eu ni temps mort, ni round d’observation. Nous avons vu des débordements, des combinaisons, des centres qui trouvaient preneurs, des frappes cadrées, des gardiens mis à contribution. A lui seul, Wissam Ben Yedder a trouvé trois fois la barre transversale, en plus d’avoir marqué un but de renard. Qui dit mieux?
Nous avons vu tout cela parce que l’UTS et le WAC ont produit beaucoup de jeu. Les deux équipes auraient mérité les trois points, voire plus si possible. Leur production dénote par rapport à la morosité et au ronronnement général qui caractérisent cette Botola.
Et que dire du scénario totalement fou? A un quart d’heure du coup de sifflet final, les Rouges avaient deux buts de retard et jouaient à 10 contre 11. Cela ne les a pas empêchés de marquer trois buts, dont un absolument magnifique de Sebbar et deux dans les arrêts de jeu.
Dans le contexte de la Botola, on a rarement vu cela. Des «renversements» dans le temps additionnel, des équipes qui refusent le point du nul et jouent à quitte ou double pour empocher les 3 points, voilà des réflexes qui manquaient cruellement à cette Botola.
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Il est étonnant de relever que cette belle équipe de Touarga n’a, pourtant, pas encore remporté la moindre victoire cette saison. Mais ils gagneront des matchs et prendront des points, pour peu qu’ils lâchent les chevaux. Parce qu’ils ont du talent, surtout devant.
Quant au Wydad, on l’a déjà écrit ici, cette équipe n’est absolument pas équilibrée: elle est constamment coupée en deux, mais elle a un vrai potentiel offensif. Son mélange de force et de fragilité, que l’on a déjà vu à l’œuvre face aux FAR (1-2), a un charme certain. L’avantage, c’est qu’on s’ennuie rarement avec les matchs des Rouges. Et ce côté imprévisible nous garantit des scénarios à rebondissements. Même sans les vieux briscards que sont Amrabat et Ziyech, cette équipe possède un vrai potentiel offensif.
La Botola avait besoin d’un match comme celui-là. On a vu des joueurs qui ont pris (et donné) du plaisir. Qui se sont régalés. Le plaisir est une notion essentielle dans le football moderne, quel que soit l‘enjeu d’un match. Le plaisir et le fair-play. Les autres équipes doivent en prendre de la graine. Il faut jouer pour la gagne, ne rien garder sous le capot.
Bien sûr, Benhachem et le Wydad ont des réglages à faire, surtout dans l’entrejeu, parce qu’ils ne pourront pas toujours gagner des matchs après avoir encaissé trois buts. Zemrat et Touarga peuvent aussi s’en vouloir parce qu’ils n’ont pas été capables de gagner un match alors qu’ils possédaient deux buts d’avance et qu’ils évoluaient en supériorité numérique.
Mais les deux équipes sont à féliciter parce qu’elles nous ont réconciliés, le temps d’un match, avec le meilleur du foot: un jeu ouvert et de l’émotion.
