«You can’t avoid your destiny, Donor is your cemetery». En 2014, lors de la 12e journée de la Botola face au Difaâ El Jadida, les Winners 2005, groupe ultras du Wydad de Casablanca, avaient déployé ce message dans le virage nord du Complexe Mohammed V. Une mise en garde sans équivoque adressée aux adversaires du WAC sur ce qui les attendait dans l’antre des Rouge et Blanc. Plus d’une décennie plus tard, cette phrase résonne bien différemment.
Il fut un temps où «Donor» était considéré comme une forteresse imprenable, ou presque. Venir y chercher une victoire, voire un simple match nul, relevait de l’exploit. Aujourd’hui, ce sont les Wydadis eux-mêmes qui y accumulent les désillusions. Un renversement de situation pour un club qui avait fait de cette enceinte mythique l’une de ses principales forces.
Le Wydad semble désormais éprouver à domicile les difficultés habituellement rencontrées à l’extérieur. Les Rouges peinent à s’imposer, tandis que leurs adversaires prennent de plus en plus leurs aises sur une pelouse qu’ils redoutaient autrefois.
«Donor», la forteresse fissurée
Les premiers signes de cette perte de repères remontent à la saison précédente. Le Wydad avait alors concédé six défaites à domicile en Botola Pro, un bilan qui contraste fortement avec la réputation du WAC dans son stade.
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Six équipes avaient ainsi réussi à repartir de Casablanca avec les trois points. Autant de revers qui ont progressivement remis en question l’avantage du terrain dont bénéficiaient autrefois les Rouge et Blanc.
Dans un stade où les adversaires du Wydad avaient longtemps été contraints de subir, les rôles ont changé. Les visiteurs ne se contentent plus de résister. Ils parviennent désormais à prendre le dessus sur une équipe qui peine à retrouver la maîtrise de ses rencontres.
Les présidents changent, pas les résultats
L’été 2026 devait pourtant permettre au WAC de repartir sur de nouvelles bases. Après le départ mouvementé de Hicham Aït Menna, Ibrahim El Asri a été élu à la présidence du club en juillet dernier, avec la lourde tâche de redresser une situation sportive particulièrement préoccupante.
Mais le changement à la tête du club casablancais n’a pas encore produit les effets escomptés. Les lacunes observées lors du précédent exercice persistent, comme si la coupure estivale n’avait rien changé à cette fâcheuse habitude de laisser filer des points devant son propre public.
Dès la première journée de la Botola Pro 2026-2027, le WAC a été surpris par le Widad de Témara (1-3), fraîchement promu. Loin de se laisser impressionner par son adversaire, le WST a profité des faiblesses des Rouges pour s’imposer largement au Complexe Mohammed V.
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Pour leur deuxième sortie à «Donor», les Rouge et Blanc n’ont pas fait mieux face au COD Meknès (0-0). Un nouveau résultat décevant qui prolonge les difficultés de la saison précédente et confirme que le Wydad peine toujours à faire respecter son statut à domicile.
Le Wydad, visiteur chez lui?
Au-delà des mauvais résultats, c’est surtout la manière dont le Wydad aborde ses rencontres à domicile qui interpelle. Les Rouge et Blanc semblent avoir perdu les automatismes et la confiance qui leur permettaient autrefois de prendre rapidement l’ascendant sur leurs adversaires.
L’équipe éprouve des difficultés à prendre le contrôle des rencontres, manque de maîtrise dans les moments décisifs et laisse parfois l’initiative à des formations pourtant censées subir la pression de «Donor».
Le paradoxe est frappant. Là où le Wydad devrait dicter les conditions du match, il donne par moments l’impression de les subir. À l’inverse, les équipes visiteuses semblent évoluer avec davantage de liberté, sans cette appréhension qui les accompagnait autrefois lors de leurs déplacements à Casablanca.
Cette inversion des rôles traduit une perte de repères devenue difficile à ignorer. Le Wydad joue dans son stade, devant son public, mais ne parvient plus à tirer profit de cet avantage. Comme si le poids de «Donor», autrefois si difficile à supporter pour ses adversaires, pesait désormais sur les épaules de ses propres joueurs.
Pourtant, rien n’a changé dans les tribunes. Le Complexe Mohammed V conserve sa place particulière dans l’histoire du club, tout comme le soutien fervent de ses supporters. Mais sur la pelouse, les performances ne suivent plus.
Un temple à reconquérir
Le prochain rendez-vous face à l’Amal Tiznit, prévu dimanche 18 octobre, représente une nouvelle occasion pour les Rouge et Blanc de renouer avec la victoire à domicile et de mettre fin à cette mauvaise série qui s’étend désormais sur deux saisons.
Mais une simple victoire ne suffira pas, à elle seule, à effacer les difficultés accumulées. Le Wydad doit surtout retrouver sa capacité à imposer son jeu, à prendre les rencontres en main et à refaire de son stade un véritable atout face à ses adversaires.
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Car le problème dépasse désormais le simple cadre des résultats. D’une saison à l’autre, et malgré le changement de direction, les mêmes difficultés persistent. Le WAC ne semble plus savoir comment aborder ses rencontres dans une enceinte où il avait pourtant pris l’habitude de dominer.
En 2014, les Winners présentaient «Donor» comme le cimetière des adversaires des Rouge et Blanc. Douze ans plus tard, les rôles semblent s’être inversés: ce ne sont plus les visiteurs qui y enterrent leurs espoirs, mais les Wydadis qui y voient les leurs s’envoler.
Géographiquement, «Donor» reste le temple du Wydad. Mais sur le terrain, les Rouges semblent y être devenus des étrangers.









