Longtemps dominateurs, parfois brillants, mais finalement freinés par leurs propres manques. Accrochés par le Mali (1-1) ce vendredi pour la 2e journée de leur Can, les Lions de l’Atlas ont repoussé leur qualification pour les huitièmes de finale à la troisième journée, programmée ce lundi 29 décembre face à la Zambie.
Un nul au goût amer, qui, malgré une nette domination marocaine, a mis en évidence certaines fragilités face à une sélection malienne annoncée ambitieuse et outsider de cette CAN. Pour mieux comprendre le jeu proposé par le Maroc lors de cette deuxième sortie, Abdellah Kharbouchi, international marocain en 2005, passé notamment par Le Havre, Amiens ou Sète, et aujourd’hui reconverti en entraîneur et analyste, a partagé son regard d’expert avec Le360sport.
Une domination marocaine assumée
Aligné en 4-3-3, le Maroc a d’abord affiché une base collective solide, notamment sans ballon. Une «équipe généreuse, qui a la capacité à répéter les efforts à hautes intensités offensivement et défensivement», souligne Kharbouchi. Le dispositif marocain s’est montré bien organisé, avec «un bloc équipe très solide défensivement avec les 4 défenseurs et les 2 récupérateurs (Sofyan Amrabat et Neil El Aynaoui)», permettant de contenir les rares initiatives maliennes en première période.
À la perte du ballon, les Lions ont également répondu présent, grâce à «un repli défensif rapide et des attaquants qui empêchent les premières relances», détaille l’ancien international. Dans les duels, la charnière centrale a aussi tenu son rang: «El Yamiq et Aguerd ont gagné leurs duels aériens sur Lassine Sinayoko».
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Globalement, la première période a été maîtrisée par les hommes de Walid Regragui, avec «une première mi-temps de haute qualité, avec une grosse domination du Maroc». Les Lions ont confisqué le ballon, imposé le tempo et installé durablement le jeu dans le camp adverse, sans toutefois parvenir à faire le break.
Offensivement, les intentions étaient claires, «les Marocains ont mis beaucoup d’intensité dans le jeu en occupant bien tous les espaces du terrain», analyse Kharbouchi. Et dans l’animation, Azzedine Ounahi a naturellement pesé: «(Azzedine) Ounahi a pris le jeu en chef d’orchestre, il a mis du rythme en accélérant le jeu», facilitant la circulation et les projections vers l’avant.
Sur les côtés, les Lions ont également trouvé des solutions. «Brahim Diaz et (Ismael) Saibari ont été percutants sur les couloirs», capables de faire des différences balle au pied et de créer du danger, à l’image du penalty obtenu sur Diaz. Les latéraux, à l’instar de Noussair Mazraoui et Anass Salah-Eddine, ont aussi apporté offensivement, «par des centres offensivement sur une défense bien regroupée».
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Ces montées ont souvent ciblé les failles adverses, notamment «en passant par les côtés, avec des centres fuyants dans la surface», mettant la défense malienne sous pression. Autre point fort relevé: une équipe «dangereuse sur les coups de pied arrêtés», sans toutefois réussir à concrétiser.
Des limites à corriger
Malgré cette maîtrise, certains choix ont freiné les Lions: «Quelques ballons directement joués sur (Ayoub) El Kaabi, seul en pointe face à deux défenseurs centraux très athlétiques», ont parfois tourné à l’avantage du Mali, qui ont été à certains moment, dominateurs dans le jeu aérien. Une option qui a parfois cassé le rythme et réduit la continuité offensive marocaine.
En seconde période, le Maroc a progressivement perdu en équilibre, en laissant «beaucoup d’espace», notamment en transition, même si «le Mali n’en a pas profité, surtout dans les dix dernières minutes». Un avertissement sans conséquence immédiate, mais révélateur d’un léger déséquilibre collectif après l’heure de jeu.
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L’égalisation malienne intervient justement dans un temps fort adverse, lorsque le Maroc se désorganise. «Sur le penalty concédé, quelques erreurs sur le placement défensif», note Kharbouchi. Le Mali accélère, enchaîne les combinaisons à une touche, avec des joueurs en mouvement. Résultat: «mauvais alignement défensif», un espace laissé libre dans l’axe et un temps de retard à l’intervention: «(Jawad) El Yamiq, malgré une grosse performance sur l’ensemble du match, a malheureusement eu du retard sur l’intervention», conséquence directe d’un placement perfectible.
Les Lions de l'Atlas, 2e journée de la Can 2025
Au final, ce match nul laisse un goût de frustration. Le Maroc a affiché une intensité et une organisation cohérentes, mais aussi une marge de progression évidente dans la gestion des temps faibles et des espaces, notamment lorsque l’adversaire parvient à hausser le rythme et à retrouver de l’élan.
Ces détails, font la différence à ce niveau. Et dans une CAN à domicile, ils comptent double.








