C’est la première fois que les deux attaquants stars vont se recroiser sur un même terrain depuis la finale de la Ligue des champions perdue contre le Real Madrid, au Stade de France, en mai 2022: un sommet européen qui avait scellé la fin d’un cycle à Anfield.
Sous les ordres de Jürgen Klopp, Salah et Mané ont formé avec Roberto Firmino l’un des trios offensifs les plus redoutables d’Europe. Ensemble, ils ont remporté la Ligue des champions en 2019 et la Premier League en 2020, atteignant également deux finales de C1, perdues à chaque fois face au Real Madrid.
Redoutable d’efficacité, la relation entre les deux cracks, avides de buts et de statistiques, a parfois été électrique sur le terrain, comme l’a récemment reconnu Mané.
- « Mo’, un type très sympa » -
«Mo est avant tout un type très sympa. Mais sur le terrain, parfois il me passait le ballon, parfois non », a-t-il raconté dans le podcast de Rio Ferdinand, levant ainsi le voile sur la rivalité latente avec son partenaire égyptien.
Firminio, moins performant et moins enclin à mettre de l’huile dans les rouages, Klopp, de plus en plus las: dans la foulée du fiasco de Saint-Denis, Mané a quitté les bords de la Mersey pour le Bayern Munich, avant de rejoindre un an plus tard Al-Nassr en Arabie saoudite, laissant seul Salah maître à Liverpool.
Des rumeurs persistantes envoient régulièrement la star égyptienne en Arabie saoudite à son tour, mais elle est pour l’heure restée fidèle aux Reds.
Souvent relégué sur le banc par son entraîneur Arne Slot depuis le début de saison, incertain sur son avenir en club, Salah est en mission au Maroc.
Buteur à quatre reprises en quatre matches, il a porté les Pharaons jusqu’en demie et poursuit un objectif qui lui échappe encore: remporter enfin un titre majeur avec sa sélection.
A bientôt 34 ans, le temps presse pour celui qui a déjà tout gagné ou presque avec son club.
En sélection, le souvenir des échecs passés reste vif. Finaliste malheureux de la CAN-2017 au Gabon face au Cameroun, Salah, devenu capitaine, a surtout vécu un cauchemar en 2022 à Yaoundé, lorsque le Sénégal a terrassé l’Égypte aux tirs au but.
Ce soir-là, Mané avait manqué un penalty en cours de match, mais s’était racheté en inscrivant le tir décisif de la séance, offrant aux Lions de la Teranga la première CAN de leur histoire.
Salah, qui n’avait même pas eu l’occasion de tirer, était au bord des larmes au moment où son ancien partenaire s’érigeait en héros.
L’histoire s’est répétée quelques semaines plus tard lors d’un barrage de Coupe du monde. Encore une séance de tirs au but. Encore un penalty manqué par Salah. Encore un transformé par Mané. Et, une nouvelle fois, le Sénégal victorieux.
- Conjurer le sort -
L’Égypte a manqué le tournoi au Qatar, le premier organisé dans le monde arabe au cours duquel les Lions de la Teranga ont atteint les huitièmes de finale.
Les deux nations se sont depuis qualifiées pour la prochaine édition en Amérique du Nord, probablement la dernière danse des deux stars, 33 ans chacune, sur la scène mondiale.
En Afrique, le Sénégal vise une troisième finale en quatre CAN. L’Égypte, déjà sept fois titrée, veut porter son record à huit sacres.
Deux objectifs distincts, deux pressions qui diffèrent: Mané joue libéré depuis son sacre en 2022. Salah, au contraire, court après un titre qui le fuit.
«Personne, même en Egypte, ne veut remporter ce trophée plus que moi », a confié Salah après la victoire contre la Côte d’Ivoire en quarts de finale. «J’ai remporté presque toutes les distinctions. J’attends ce titre. »
Mercredi, Mané et Salah pourront solder leurs comptes. Pour l’Egyptien, le duel sera peut-être sa dernière chance de conjurer le sort.
