Entretien avec Amri Kiemba, ancien international tanzanien, sur un Maroc–Tanzanie déséquilibré

Amri Kiemba

EntretienÀ la veille du huitième de finale de la CAN 2025 entre le Maroc et la Tanzanie, Amri Kiemba, ancien international tanzanien, livre, dans une interview exclusive pour Le360 Sport, son analyse de la rencontre déséquilibré sur le papier.

Le 04/01/2026 à 13h19

Ancien milieu de terrain des Taifa Stars, Amri Kiemba connaît parfaitement les confrontations face aux Lions de l’Atlas. Dans un entretien accordé au 360 Sport, l’ex-international tanzanien, qui a croisé le Maroc à plusieurs reprises au cours de sa carrière, livre un regard à la fois lucide et respectueux sur l’évolution des deux sélections. S’il reconnaît le statut de large favori des Lions de l’Atlas, Kiemba estime toutefois que la Tanzanie peut encore croire à un scénario différent, à condition de livrer un match proche de la perfection.

Évoquant d’abord le statut du Maroc sur la scène continentale, Kiemba ne cache pas son admiration: «Quand on parle du football marocain, on parle aujourd’hui d’une grande nation en Afrique. Il suffit de regarder les équipes de jeunes et les succès qu’elles accumulent. Honnêtement, si c’était de la boxe, il n’y aurait même pas de combat possible entre ces deux équipes».

L’ancien international tanzanien estime toutefois que même les grandes équipes peuvent présenter certaines failles: «La faiblesse que je peux voir, c’est peut-être le manque de faim. Les joueurs profitent de leur statut, de leur confort, et pensent parfois que tout va se faire automatiquement. Ils se reposent sur leur qualité, mais ne se battent pas toujours assez, ne courent pas toujours suffisamment».

Revenant sur ses souvenirs personnels face aux Lions de l’Atlas, Kiemba rappelle un exploit marquant, tout en soulignant l’écart actuel: «Nous les avons affrontés plusieurs fois. Je me souviens notamment d’un match en 2014 à Dar es Salaam, que nous avions gagné 3-1, et j’étais sur le terrain».

«Mais aujourd’hui, nous avons perdu tous les matchs contre eux. Ils sont clairement au-dessus de nous, que ce soit sur ou en dehors du terrain, en termes de développement du football et de qualité», a-t-il poursuivi.

Conscient de l’écart, l’ex-joueur insiste sur l’état d’esprit que doivent afficher les joueurs pour espérer rivaliser: «C’est comme dans la vie: quand on vient d’une famille pauvre, on doit travailler plus dur que ceux qui viennent d’une famille riche pour réduire l’écart. Pour rivaliser avec le Maroc, la Tanzanie devra courir plus, se battre plus et être plus intelligente à chaque instant du match».

Enfin, Amri Kiemba se risque à un pronostic: « Si je devais donner des pourcentages, je dirais 70 % de chances pour le Maroc et 30 % pour la Tanzanie. Mais le football est parfois cruel ou magique, c’est pour ça que c’est le sport le plus émotionnel au monde».

Par Anas Zabari
Le 04/01/2026 à 13h19