Entretien avec Rafael Hamidi, adjoint de Sébastien Desabre (RDC): «Je préfère affronter une Algérie en pleine forme plutôt qu’une équipe en difficulté»

Raphaël Hamidi, adjoint de Sébastien Desabre à la tête de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo

VidéoÀ l’approche des huitièmes de finale de la CAN 2025, Raphaël Hamidi, adjoint de Sébastien Desabre, livre son analyse du parcours de la RD Congo, affiche des ambitions clairement assumées, se projette sur le prochain défi face à l’Algérie et salue la qualité de l’organisation marocaine.

Le 02/01/2026 à 21h00

Adjoint de Sébastien Desabre à la tête de l’équipe nationale de la République démocratique du Congo depuis trois ans et demi, Raphaël Hamidi s’est confié dans un entretien exclusif au micro de Le360 Sport. Il y évoque son parcours personnel, la dynamique impressionnante des Léopards en 2025, les ambitions affichées à la CAN, le choc à venir face à l’Algérie, ainsi que la qualité de l’organisation marocaine et le rôle central des supporters congolais dans cette compétition. Ancien directeur technique du Wydad de Casablanca, le technicien de 54 ans entretient un lien fort avec le football marocain et poursuit aujourd’hui son travail au sein du staff de la RDC avec des ambitions clairement assumées.

L’ancien directeur technique du Wydad de Casablanca a d’abord évoqué ses débuts dans le métier d’entraîneur: «Ma vocation d’entraîneur est venue très tôt. Adolescent, alors que j’étais encore joueur, j’ai commencé à encadrer des jeunes, et c’est là que la passion est née. J’ai ensuite continué à me former tout au long de ma carrière, en passant les diplômes et en entraînant dès que possible dans les clubs où j’évoluais. À la fin de ma carrière de joueur, le passage sur le banc s’est fait naturellement».

«J’ai travaillé dans une dizaine de pays sur quatre continents, avec un retour marquant en Afrique et au Maroc, notamment au Wydad de Casablanca entre 2007 et 2012 comme directeur technique et entraîneur intérimaire. Aujourd’hui, cela fait trois ans et demi que je suis l’adjoint de Sébastien Desabre avec la RDC, et nous disputons cette CAN avec ambition», a-t-il ajouté.

Qualifiée pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 après avoir totalisé sept points lors de la phase de groupes, la RDC affiche une dynamique très positive: «La RDC termine l’année 2025 avec 14 matchs, 12 victoires, un nul et une seule défaite. Cette phase de groupes s’inscrit dans cette continuité. Nous sommes entrés prudemment dans la compétition, mais l’essentiel était de gagner le premier match».

«Ensuite, il y a eu le Sénégal, un adversaire que nous connaissons bien, avec une confrontation très intense conclue par un nul. Enfin, le succès 3-0 contre le Botswana a montré l’état d’esprit du groupe, avec cette volonté d’aller chercher les buts nécessaires pour finir premiers. Un but nous a été refusé, mais aujourd’hui, nous sommes pleinement dans nos objectifs et nous avons de vraies ambitions pour aller loin», a poursuivi le technicien.

«Je préfère affronter une Algérie en pleine forme plutôt qu’une équipe en difficulté»

—  Rafael Hamidi

Concernant le prochain match face à l’Algérie, Raphaël Hamidi a analysé l’adversaire des Léopards: «L’Algérie reste une grande sélection, championne d’Afrique en 2019, capable du meilleur comme du pire. Malgré ses dernières CAN difficiles, elle possède un énorme potentiel. Ce sera un grand match africain entre deux équipes avec de l’histoire, au stade Moulay Hassan, un stade qui nous réussit bien. Je préfère affronter une Algérie en pleine forme plutôt qu’une équipe en difficulté, car ce sont ces matchs-là qui élèvent le niveau».

Le technicien de 54 ans n’a pas manqué de faire l’éloge des infrastructures marocaines: «Les infrastructures au Maroc sont de très haut niveau, que ce soit les terrains d’entraînement, le matériel ou les stades de compétition. Même la pluie est un atout pour la qualité du jeu. Nous avons aussi ressenti un vrai soutien du public, avec les supporters marocains, la diaspora congolaise et ceux venus du pays, ce qui crée des conditions idéales pour une CAN réussie».

La présence importante des supporters congolais lors de la phase de groupes constitue également un atout majeur pour la RDC: «Les supporters sont notre douzième homme. Leur présence, leur énergie et leur ferveur sont ressenties directement par les joueurs et le staff. Ils nous accompagnent du début à la fin et leur soutien est fondamental, aussi bien ici qu’au pays, où l’attente autour de l’équipe nationale est immense».

Raphaël Hamidi s’est également exprimé sur le niveau global de la compétition: «Le football africain s’est beaucoup nivelé. Les écarts sont plus faibles et les scores larges plus rares. On voit déjà du beau spectacle en phase de groupes, et le niveau va encore monter lors des huitièmes de finale et des tours suivants».

«Le Maroc fait partie des favoris pour le titre»

—  Rafael Hamidi

Enfin, l’adjoint de Sébastien Desabre a livré son regard sur la sélection marocaine: «Le Maroc, en tant que pays hôte, bénéficie d’un avantage évident avec un public exceptionnel. Je pense sincèrement que c’est la meilleure génération de joueurs marocains, avec une équipe solide, spectaculaire et efficace. Elle fait logiquement partie des favoris pour le titre».

«Je voudrais remercier tous les supporters, toutes nations confondues, pour l’ambiance et l’esprit de respect observés durant cette phase de groupes. Un merci particulier à nos supporters congolais, toujours présents et exemplaires. Nous aurons encore besoin d’eux pour la suite de la compétition afin de rendre cette CAN vraiment exceptionnelle», a-t-il conclu.

Pour rappel, lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, les Léopards avaient terminé à la quatrième place du tournoi, après avoir éliminé l’Égypte en huitièmes de finale puis la Guinée en quarts. Pour cette 35e édition, les Congolais affichent la ferme ambition de faire mieux et de décrocher un troisième titre continental.

Par Anas Zabari et Abderrahim Et-Tahry
Le 02/01/2026 à 21h00