«Laissons-le tranquille»: Hervé Renard prend la défense de Walid Regragui

Walid Regragui et Hervé Renard

Ancien sélectionneur des Lions de l’Atlas, Hervé Renard revient sur la pression et les critiques auxquelles fait face Walid Regragui et plaide la cause de ce dernier. Avec force mots, le technicien français insiste sur le parcours stratosphérique de son homologue marocain.

Le 17/01/2026 à 09h07

Dans une interview accordée à Eurosport et mise en ligne ce vendredi 16 janvier, Hervé Renard analyse la difficulté de la mission de diriger la sélection marocaine avec surtout les critiques qui s’abattent de toutes parts, en insistant sur le cas Walid Regragui.

«Oui, c’est lourd parfois. Mais ce n’est pas compliqué qu’au Maroc. Il n’y a qu’à regarder les critiques que subit Didier Deschamps, qui a été champion du monde comme joueur et comme entraîneur. Et pourtant, on n’arrête pas de le remettre en cause. Aujourd’hui, il y a plus de médias, de réseaux sociaux. Les critiques sont multipliées par un nombre incalculable», concède celui qui a coaché les Lions de l’Atlas durant trois ans.

A l’adresse de Walid Regragui, Hervé Renard lance: «Si j’avais été à la place de Walid, je n’en aurais même pas parlé. Le plus important pour lui, c’est d’avoir réussi une Coupe du monde 2022 stratosphérique en les qualifiant pour une demi-finale. Ensuite, bien sûr, il a connu un petit trou avec une élimination en 8e de la CAN mais ça arrive. Ce n’est jamais facile de digérer une telle performance».

Poursuivant dans son analyse, l’actuel sélectionneur de l’Arabie saoudite réfute l’idée selon laquelle Regragui tend à régler ses comptes après la qualification pour la finale de la CAN, arguant qu’il n’en a pas besoin et qu’il a beaucoup d’amis sur lesquels il peut compter.

«Il réussit à la Coupe du monde en se repliant et en contrant. Quatre ans plus tard, il réussit à la CAN dans un autre système, avec d’autres intentions. Il a une palette tactique et une adaptation à ses adversaires formidables. C’est une énorme réponse pour tous ceux qui ont pu émettre des critiques. Je sais ce que c’est, j’ai eu la chance d’être sélectionneur du Maroc. Je n’ai qu’une chose à lui dire: chapeau!», a-t-il observé.

«S’il gagne, c’est une statue qu’il faudra faire à Walid»

Pointant les critiques dont fait souvent l’objet Walid Regragui, Hervé Renard a eu ses mots forts à l’encontre de ses détracteurs: «Tout le monde sait mieux que personne dans le foot : il faut faire jouer celui-ci plutôt que celui-là, etc. C’est facile de parler mais le plus important, c’est que Walid ait eu une direction. On ne peut pas démarrer pied au plancher et en gagner une à la fin: ça n’arrive jamais. Les Marocains sont montés crescendo. Ils ont battu le Cameroun et le Nigeria. Quoi qu’il arrive, c’est une réussite. S’il gagne, c’est une statue qu’il faudra faire à Walid».

A la question de savoir sur le fait que la patron des Lions n’a pas été un immense joueur le fragilise, Renard répond par un niet catégorique. Il affirme qu’«aucun coach ne fait carrière sur sa réputation de joueur», reconnaissant que les attentes des Marocains pour décrocher un deuxième trophée en CAN sont «dingues».

Et d’ajouter: «Au Maroc, il y a une passion énorme mais comme dans les pays de passionnés façon Brésil ou Amérique du Sud en général. Plus il y a de passion, plus il y a d’effervescence et plus c’est difficile de réussir. Aujourd’hui, Walid est un demi-dieu, laissons-le tranquille».

Par La Rédaction
Le 17/01/2026 à 09h07