Le Club des avocats au Maroc réagit aux déclarations d’Abdoulaye Fall, président de la Fédération sénégalaise

Abdoulaye Fall, président de la Fédération Sénégalaise de Football.

Dans un communiqué, le Club des avocats au Maroc a témoigné sa plus «vive réprobation» après les déclarations «infamantes» du président de la Fédération sénégalaise de football.

Le 26/01/2026 à 12h05

Le Club des avocats au Maroc réagit après les graves déclarations du président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, faisant suite à la finale de la Coupe d’Afrique des Nations Maroc-2025.

«En accusant de manière péremptoire le royaume du Maroc de «manipuler la CAF» et d’exercer une influence occulte sur l’organisation du football continental. Ce dirigeant a franchi le seuil de la critique sportive pour s’aventurer sur le terrain de la calomnie institutionnelle. Par ailleurs, la mise en cause délibérée de l’équité procédurale de la CAF constitue une offense directe à l’intégrité de cette institution», peut-il lire dans le communiqué en question.

Lesdites déclarations «dépourvues de toute substance probatoire» constituent «une atteinte grave à l’honneur des instances sportives» nationales et continentales. «Par une rhétorique mêlant insinuation et diffamation, l’auteur de ces propos tente de justifier sa faillite organisationnelle et ses carences structurelles en érigeant une théorie du complot qui fragilise la cohésion du football africain», ajoute le Club des avocats au Maroc dans son communiqué.

Ces allégations ne sont pas perçues comme de simples avis sportifs, mais «une violation manifeste et grave des principes fondamentaux de la FIFA et de la CAF», car en accusant sans preuves le Maroc et l’instance dirigeante du football africain, «ce dirigeant manque de manière caractérisée à ses devoirs de neutralité, de loyauté et d’intégrité». Or, il s’agit d’obligations strictement prescrites par les articles 14, 15 et 16 du Code d’Éthique de la FIFA ainsi que par l’article 82 du Code Disciplinaire de la CAF, comme le précise ensuite le Club des avocats au Maroc.

«Sur le plan du droit répressif, ces actes sont juridiquement qualifiés de diffamation et de comportement offensant en vertu de l’article 23 du Code d’Éthique de la FIFA et de l’article 131 du Code Disciplinaire de la CAF. Ces dispositions sanctionnent toute atteinte délibérée à l’image du sport et à l’honneur des institutions, exposant leur auteur à des amendes et à des interdictions d’activité pouvant s’étendre sur plusieurs années», ajoute le communiqué.

Ainsi, le Club des Avocats au Maroc entend activer la procédure de saisine fondée sur l’article 60 du Code d’Éthique de la FIFA et l’article 43 du Code Disciplinaire de la CAF, «lesquels disposent sans équivoque que toute personne ou autorité peut signaler par écrit aux organes juridictionnels les comportements qu’elle juge contraires aux règlements. Une fois le signalement enregistré par les secrétariats respectifs, les chambres d’instruction sont habilitées à ouvrir une enquête préliminaire afin d’analyser les preuves fournies et d’engager les poursuites appropriées».

«Le Club des Avocats au Maroc réaffirme avec force qu’aucune frustration sportive, aussi vive soit-elle, ne saurait justifier le sacrifice de la probité des efforts consentis par nos institutions sur l’autel de manœuvres populistes. La dignité du football marocain ne saurait être impunément bafouée par des sorties médiatiques irresponsables qui nuisent à la fraternité africaine».

Le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF), Abdoulaye Fall, a lancé de lourdes accusations visant le Maroc et la CAF, lors d’un rassemblement festif organisé samedi, allant jusqu’à affirmer que le Royaume exercerait une influence déterminante sur l’instance continentale, qu’il dit «contrôlée» par Rabat. «Le Maroc tient la CAF, il faut le dire: ils tiennent tout en main et décident de tout», a-t-il notamment déclaré dans des déclarations graves.

Pour rappel, la commission de discipline de la CAF devait se pencher dimanche sur les incidents qui ont entaché la finale Maroc–Sénégal, mais la réunion a été reportée à mardi à la demande de la Fédération sénégalaise, désireuse de disposer de plus de temps pour préparer sa défense.

Le sélectionneur sénégalais, Pape Thiaw, avait, pour rappel, ordonné à ses joueurs de quitter la pelouse à la 90+6e après un penalty sifflé pour le Maroc. S’en sont suivies plusieurs minutes de flottement avant un éventuel retour des Lions de la Teranga, alors que, en tribunes, des actes de hooliganisme étaient enregistrés du côté sénégalais. Dix-huit supporters sénégalais et un ressortissant algérien ont comparu ce mercredi devant le parquet de Rabat pour des actes de vandalisme et des violences commises à l’encontre des forces de l’ordre lors de la finale.

Par Oumeïma Er-rafay
Le 26/01/2026 à 12h05