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Le nouveau Raja, le champion des dix dernières minutes

Les joueurs du Raja de Casablanca. © Copyright : DR
Le Raja de Casablanca a longtemps, été considéré comme l’apôtre du spectacle et du beau jeu. Ce n’est pas pour rien que les supporters du club l’affublent du surnom de «Raja lafraja».
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L’univers du football, pour ceux qui le chérissent, est une deuxième famille. Les vrais amis, ceux qui se parlent souvent, qui s’appellent pour n’importe quoi, sont souvent à recruter parmi les supporters d’une même équipe et les amis d’enfance. Lorsqu’ils se croisent dans un mariage, une fête ou un événement triste, ils s’arrangeront toujours pour être à côté l’un de l’autre, pour partager les derniers potins sur leur équipe, la forme des joueurs ou les futures recrues.

Avec l’âge, le comportement change mais la passion demeure. Une passion que l’on cherche à transmettre à ses enfants, non pas la passion du foot, ça c’est une affaire de copains, mais celle du club supporté. Supporter d’un club, c’est une affaire de famille, de quartier, de ville et d’identité. Quand on est du Raja, nos enfants doivent l’être, sinon on en souffre un peu, idem pour tous les autres clubs. Les couples «mixtes», c’est-à-dire ceux dont les familles supportent des clubs rivaux, peuvent être confrontés à des soucis supplémentaires, lorsque c’est mal géré. Ce qui est rarement le cas Dieu Merci!

Une famille, c’est des traditions, une histoire, des personnages, des rivalités internes et externes, une identité forgée par une éducation et surtout une fierté d’appartenance. Une équipe de football, pour ses supporters, c’est un peu la même chose. Le Raja, le Wydad, l’AS FAR, la Renaissance de Berkane, le FUS, le MAS ou le KAC, ce ne sont pas juste des équipes qui s’affrontent pour désigner le champion de la saison, ou l’heureux vainqueur de la Coupe du Trône, c’est des rituels, des chansons, des valeurs et une philosophie qui se transmettent de génération en génération.

Le Raja de Casablanca a longtemps, été considéré comme l’apôtre du spectacle et du beau jeu. Ce n’est pas pour rien que les supporters du club l’affublent du surnom de «Raja lafraja». Le jeu de l’équipe reposait sur la multiplication de passes courtes, de dribbles et comble du sublime de «petits ponts» jouissifs, pour la partie la plus populaire du public. Pour certains, la victoire et les titres importaient moins que le plaisir d’un spectacle abouti.

De grands joueurs ont contribué à consolider la marque Raja, le regretté Petchou en fait partie. Pendant longtemps le musée du club est resté vide. Ce n’est qu’en 1974, que le Raja a pu conquérir sa première Coupe du Trône et, en 1988 son premier titre de champion du Maroc. Cette consécration sera suivie d’un titre de Champion d’Afrique, acquis, à Oran face au MCO local de Lakhdar Belloumi, Ballon d’Or 1981.

C’était un tournant pour l’équipe. Il sera suivi d’un autre, encore plus important, la fusion en 1995 avec l’Olympique de Casablanca, le club de la Centrale Laitière. Depuis, le Raja a beaucoup changé, toujours adepte d’un football offensif, le club a gagné en notoriété, en pragmatisme et en réalisme. Il est devenu le club des «remontadas», le club qui ne renonce jamais. Il va commencer par dominer le football marocain, la fusion va complètement modifier la trajectoire du club. L’Olympique de Casablanca, absorbé par le Raja, commençait à acquérir ses lettres de noblesses. Il faisait partie, au moment de la fusion, du gotha du football national. Son palmarès riche d’un titre de champion, d’une Coupe du Trône et de 3 Coupes arabes, le plaçait en haut de la Pyramide.
       
Le Raja va prendre goût aux consécrations et rattraper son retard. Il va accumuler les titres de champions au Maroc, remporter des titres en Afrique et briller en Coupe du Monde des Clubs. Une participation qu’il est parti chercher à Tunis, bien que réduit à 10 très tôt, face à l’Espérance. Ensuite au Brésil, en 2000, le club casablancais fera très bonne figure face au Real Madrid, avant d’atteindre la finale de la Coupe du Monde des Clubs contre le Bayern de Munich à Marrakech en 2013.

Ce goût de la victoire a transformé le Raja, c’est devenu le club qui ne renonce jamais devant l’adversité. Il y a un mois, personne ne pouvait imaginer que l’AS FAR, allait être coiffé sur la ligne d’arrivée. Ils avaient 4 points d’avance et des matchs à venir largement à leur portée. Ils finiront par perdre à Agadir et se contenter d’un nul à Tétouan, dilapidant ainsi toute leur avance. Le défi pour le Raja était plus sérieux, l’équipe devait remporter tous ses matchs, dont un derby crucial face au Wydad. Ce match s’est décidé, au bout d’un suspense insoutenable, à la 90+2e minute. Une victoire synonyme de titre. Une deuxième victoire à l’arrachée va permettre au club d’enrichir sa salle de trophée, bien remplie aujourd’hui. En effet en demi-finale de Coupe du Trône, et alors qu’ils étaient menés 3-2 à 10 minutes de la fin de la prolongation, le nouveau Raja va égaliser, avant de marquer le but de la qualification à la 120e minute du match qui l’opposait au MCO. Ce sont deux victoires qui symbolisent ce qu’est devenu le Raja.

Son retour au-devant de la scène est une bonne nouvelle pour le football marocain. Celui de l’AS FAR, depuis deux, trois ans aussi, l’histoire du club et son prestige vont être utile la saison prochaine, une saison importante pour le football marocain. Il aura plusieurs défis à relever. En Ligue des Champions, en Coupe de la CAF avec la Renaissance de Berkane et l’UTS, en Coupe du Monde avec le Wydad, qui aura aussi et probablement, la lourde tâche de représenter le Maroc dans la deuxième édition de l’African Football League. Il nous reste à espérer que ce nouvel état d’esprit rajaoui soit contagieux.

Par Larbi Bargach
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