«Je vis mon rêve»: il y a quasiment un an jour pour jour, le 20 octobre 2025, et alors qu’il évoluait alors en Ligue 2 à Dunkerque, Gessime Yassine a remporté la finale du Mondial-U20 face à l’Argentine à Santiago du Chili.
Transféré à Strasbourg lors du mercato hivernal, le natif de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) a ensuite découvert en l’espace de six mois la Ligue 1, la coupe d’Europe et la Coupe du monde aux États-Unis. Un Mondial au cours duquel l’attaquant de 20 ans est entré dans l’histoire en devenant le plus jeune buteur de sa sélection dans la compétition.
«J’ai mis mon premier but, là-bas, contre Haïti. Marquer pour le peuple surtout en Coupe du monde devant mes proches, ma famille, c’était une aventure incroyable», a confié la semaine dernière l’ailier du club alsacien, qui a aussi disputé quelques minutes dans le quart de finale perdu contre la France (2-0).
Revenu du Mondial avec l’idée de « rester focus et bien travailler », l’attaquant toujours souriant a rapidement gagné une place de titulaire avec son nouvel entraîneur Hugo Oliveira et n’a pas tardé à lui rendre la confiance accordée.
Auteur du premier doublé de sa carrière contre Lens (2-1) fin août et d’une passe décisive à Troyes (6-2) début septembre, Yassine a également brillé par sa capacité d’élimination et son aisance technique dans les petits espaces: les principaux atouts de cet ailier de poche (1,72m).
«Un football de rue»
«Il a en lui le football de rue et j’adore cela. Son énergie positive est très importante, elle déteint sur les joueurs. Quand un joueur a le sourire, il est créatif», a souligné Hugo Oliveira avant la troisième défaite de la saison à Nice (2-1) dimanche.
«Mes dribbles de rue ? J’essaye de les garder et d’être performant avec. Je n’ai jamais fait de centre de formation, jamais vraiment appris le foot», a reconnu modestement le principal intéressé.
Le Provençal est en effet passé par d’autres chemins. « On ne lui a pas fait confiance parce que trop petit, trop frêle alors qu’il était techniquement au-dessus de la moyenne », a confié à l’AFP sa mère Malika qui gère en partie ses intérêts.
A trois ans et demi, il a commencé à taper dans un ballon à Montfavet (Vaucluse). «C’était du football d’animation. Les enfants ramassaient les fleurs pour faire des petits bouquets à leurs parents, mon fils était le seul qui courait déjà dans tous les sens», s’est rappelé sa mère, qui n’a pas raté une miette des exploits de son fils aux États-Unis.
«C’était un petit Messi du football, j’étais sûr à 90% qu’il deviendrait professionnel », a souligné auprès de l’AFP Philippe Barthelot, entraîneur de l’AC Avignonnais où Gessime Yassine a évolué de 2012 à 2019.
«On se régalait de le voir jouer avec un dribble de folie», s’est-il souvenu. Après l’ACA, l’international marocain a rejoint Istres et Marignane en U19, avant de décrocher un contrat pro en 2023 à Dunkerque, tout juste promu en L2.
«Il m’avait toujours dit qu’il foncerait sur le premier club pro qui le contacterait. Tout est parti de là», a ajouté Malika. Trois ans après, il a déjà brillé sur trois continents.
Gessime Yassine. DR














