La dernière fois qu’un club marocain avait gagné la C1, c’était le Wydad, en 2022. Nous avons l’impression qu’il s’agit d’une éternité. Pourquoi? Parce que depuis, aucun représentant marocain n’a atteint le niveau des «Rouges» de l’époque (quatre finales entre 2017 et 2023, chapeau), des écuries comme Al-Ahly ou Sundowns sont encore montées d’un grade, pendant qu’un nouveau gros bras est apparu: Pyramids, actuel tenant du titre.
Et les représentants de la Botola, que deviennent-ils? Le Wydad est en phase de transition après la fin difficile de l’ère Naciri, et une éventuelle victoire en C3 (à condition de commencer par écarter Safi, après un match aller serré et conclu par un logique 1-1) l’aiderait à rattraper son retard. Le Raja n’arrive pas à retrouver le niveau qui lui avait permis de glaner deux C1 à la fin des années 1990. Les FAR, sans doute le meilleur club marocain à l’heure actuelle, progressent d’année en année mais n’ont pas encore l’étoffe d’un champion d’Afrique. Reste Berkane, sur lequel reposaient beaucoup d’espoirs en début de saison mais qui a dû mal à changer de dimension en basculant de la C3 à la C1.
Bien sûr, les bilans sont faits à la fin de la saison, pas avant. Mais il y a des signes avant-coureurs, des indices qui sont rarement trompeurs et qui vont au-delà de la vérité d’un match ou deux.
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Regardez les quarts de finale aller, disputés ce weekend: douche froide ou simple rappel à l’ordre? Ce qui est sûr, c’est que les Militaires et les «Oranges» ont compromis leurs chances en concédant le nul (1-1) à domicile. Dans l’absolu, un exploit, pour ne pas dire un miracle, reste possible au retour. Après tout, Pyramids joue pratiquement sans public, alors que les Soudanais d’Al-Hilal sont obligés de recevoir loin de leurs terres.
Si, mathématiquement, rien n’est encore perdu, les résultats des matchs disputés à Berkane et à Rabat ne disent cependant pas tout. Ils sont trompeurs et finalement flatteurs pour les clubs marocains, tant les matchs étaient largement contrôlés par les visiteurs.
La RSB et l’AS FAR ont présenté des lacunes assez similaires, qui deviennent récurrentes et rédhibitoires à l’échelle africaine. A commencer par l’absence de leadership sur le terrain. A la décharge des Rbatis, ils ont joué sans leur pivot et homme à tout faire, Hrimat, mais cette absence ne peut pas tout expliquer. Il manquait un patron derrière et au milieu: ni Louadni, ni Bach n’ont le coffre nécessaire pour assumer ce rôle. Et il manquait surtout un attaquant véritable aux avant-postes: les Fahli, Slim ou Khabba ont paru bien légers face au bloc égyptien. La formule des FAR, gagnante en championnat, ne suffira probablement pas en C1.
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Pour les Berkanis, l’absence du gardien El Kajoui et du buteur Lamlioui ne date pas d’aujourd’hui. Le problème de la RSB n’est ni tactique, ni mental: c’est un problème de qualité tout simplement. Aux deux derniers mercatos, la RSB a perdu son roc défensif (Dayo) et son métronome (Camara), un authentique box to box, techniquement au-dessus de la moyenne et bon dans l’impact. Sans oublier qu’un autre joueur cadre, El Mourabit, a été écarté depuis quelque temps… Résultat: comparée à l’année dernière, et malgré le renfort du talentueux Chiouar, la team de Chaabani a beaucoup perdu en qualité.
Soyons clairs: les FAR ont été bien vernis en tenant le nul face à une équipe de Pyramids qui leur était techniquement supérieure. Et la RSB a dû faire appel à ses ressources mentales pour échapper à une défaire certaine face à Al Hilal. Au retour, il leur faudra montrer plus de caractère et de présence offensive. En ont-ils seulement les moyens?



