Trois ans après l’avoir laissée en plan, Mancini, 61 ans, a repris cette semaine les commandes de la Nazionale, un retour aux affaires à la fois improbable et logique.
Improbable car l’ancien buteur de la Sampdoria avait perdu, aux yeux de beaucoup de dirigeants, observateurs et tifosi, tout crédit en répondant en pleine campagne de qualifications pour l’Euro-2024 aux sirènes et au contrat faramineux de l’Arabie saoudite.
Logique car sous sa conduite entre 2018 et 2023, l’Italie a gagné l’Euro-2021 et enchaîné une série sans précédent de 37 matches consécutifs sans défaite.
Depuis le départ de Mancini, la Nazionale, dirigée par Luciano Spalletti (2023-25) puis Gennaro Gattuso (2025-26), a perdu le contact avec les cadors du football mondial.
Elle a été éliminée dès les 8e de finale de l’Euro-2024 qu’elle abordait pourtant en tenante du titre. Et surtout, elle a laissé échapper en mars dernier sa qualification pour le Mondial-2026 en s’inclinant en barrages, comme quatre et huit ans auparavant, face à la Bosnie-Herzégovine.
15e au classement Fifa
Absente des trois dernières Coupes du monde (2018, 2022, 2026), l’Italie, quadruple championne du monde et double championne d’Europe, pointe à une très modeste 15e place au classement Fifa avant d’affronter la Belgique, la Turquie, deux fois, et la France en l’espace de 11 jours.
Depuis le camouflet bosnien, le calcio et son nouvel homme fort, Giovanni Malago, élu en juin à la tête de la Fédération italienne (FIGC) après la démission de Gabriele Gravina, croient avoir identifié les raisons de ce déclassement. La formation doit être repensée, la Serie A fait la part trop belle aux joueurs étrangers (71,8% du temps de jeu lors des cinq premières journées de la nouvelle saison selon le site spécialisé Transfermarkt) et rechigne à donner leurs chances aux jeunes Italiens.
Mancini, plan C d’un FIGC qui a essuyé le refus de Guardiola, à peine parti de Manchester City, puis qui a voulu nommer Pirlo avant qu’il ne renonce à cause de son controversé partenariat avec un site russe de paris sportifs, a bien entendu le message.
Dans sa première liste de 34 joueurs, il a appelé neuf nouveaux Azzurri, dont des profils issus de l’immigration que la Nazionale, à la différence de l’Espagne, de la France ou de l’Angleterre, utilisait peu jusqu’à présent, comme Issa Doumbia, Michael Kayode ou Eddy Kouadio.
«Qualité et potentiel»
«Ce n’est pas pour marquer les esprits ou marquer un nouveau départ, a assuré Mancini en conférence de presse en début de semaine. Je suis convaincu qu’on doit parier sur les jeunes, il faut vite comprendre sur qui on peut compter.»
«Dans les quatre ans à venir, j’en suis sûr, on va retrouver notre place, je vois de la qualité et du potentiel», a ajouté Mancini, qui compte à son palmarès d’entraîneur trois titres de champion d’Italie, avec l’Inter, et un sacre en Premier League avec Manchester City.
S’il reste sur deux expériences écourtées prématurément, à la tête de la sélection saoudienne puis du club qatari d’Al-Sadd, et si son retour n’a guère suscité d’enthousiasme, Mancini pourrait finalement être l’homme qui va ressusciter la Nazionale.
«Je ne suis pas son plus grand fan, mais Mancini est quelqu’un qui a toujours donné sa chance aux jeunes», rappelle à l’AFP Fabio Licari, qui couvre la Nazionale depuis 2002 pour la Gazzetta dello Sport. «L’Italie n’a pas la qualité technique de l’Espagne et la présence physique de la France, mais il saura trouver le style de jeu qu’il faut pour les joueurs à sa disposition.»
